Culture - Editoriaux - Histoire - Sciences - Société - 22 mai 2015

Palmyre se meurt, Palmyre est morte

Palmyre se meurt, Palmyre est morte, suis-je tenté d’écrire, dérobant humblement à l’Aigle de Meaux sa fameuse phrase. Mais Palmyre est la ruine qui cache le désastre.

Un désastre que les gouvernements occidentaux méprisent présentement, oublieux de leurs origines. L’Antiquité nous a cependant enfantés, comme le christianisme, l’autre victime des hordes sauvages.

Ces soldats du néant partis ravager Palmyre – financés par nos « amis » d’Orient et aidés par notre lâcheté à ne pas les combattre -, on se propose même de les réinsérer dans notre société – comme on enfonce la farce dans le séant de la dinde -, l’hydre justicière Eva Joly en tête !

Que ferons-nous si, par aventure, l’un de ces repêchés, nostalgique de son pèlerinage djihadiste, choisit de « contempler » à sa manière particulière l’inestimable statuaire que recèle la cathédrale d’Amiens ?

Resterons-nous ce cimetière de consciences où les marches de Cannes occupent nos yeux vides et le mot « civilisation » n’est plus qu’un imperceptible écho ?

Pendant que les socialistes refont notre histoire, barbouillant d’inepties les pages du roman national qui perturbent leur doctrine, abdiquerons-nous la volonté qui nous faisait autrefois admirer et craindre ? Poursuivrons-nous l’apprentissage de la détestation de nous-mêmes ? Si oui, alors nos heures occidentales sont comptées et, bientôt, le voile de l’obscurantisme nous recouvrira. Qu’il est loin le temps où l’on se savait dans une continuité historique, puisant dans l’eau d’hier pour irriguer les champs de demain !

Oui, nous avons l’excuse d’être conditionnés, menacés d’anathème si nous nommons le péril, mais notre silence présent n’en prépare pas moins notre martyre. Nous devrions donc hurler “Je suis Palmyre !”, symbole même de cette vraie pluralité culturelle dont nous sommes nés ; et certainement pas de l’autre, qu’on nous vend faussement comme telle et qui n’est que le fruit empoisonné de la mondialisation. Ce poison qui entreprend d’anéantir ce que nous fûmes, là-bas et ici. Quoi de plus symbolique, en effet, que renverser une statue de Saint Louis – roi chevalier, roi croisé, roi très chrétien -, dans la collégiale de Poissy ?

Ignorant Palmyre, et dans un déni du réel schizophrénique, l’Europe accueille des milliers de migrants, portant en eux les germes destructeurs de notre identité culturelle, qu’on veut à toute force nous faire expier. L’expiation, nous la voyons en effet : Bâmiyân, Nimroud et sans doute Palmyre. Elle s’appelle aussi « Disparition ».

L’esprit de ces pierres rasées résonnera toutefois plus longtemps que la tragi-comédie du 11 janvier et, trop tard peut-être, nous mesurerons l’étendue de nos erreurs.

“Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies” (George Orwell, 1984).

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