La majorité aussi sonore que bavarde des politiques et des médiatiques découvre avec stupéfaction que l’islamisme radical existe et qu’on peut le rencontrer.

Cela ne fait jamais que trente ans que cette idéologie totalitaire — qui, comme d’autres l’ayant précédée, utilisent la religion à des fins strictement politiques — se répand et déborde les rivages du Moyen-Orient pour pénétrer l’Europe, l’Asie, et autres territoires. Et cela au grand dam des idiots utiles de la culpabilité occidentale, qui dénonçaient à longueur de colonnes le « mythe de l’islamisation » qu’ils considèrent comme une obsession collective d’un Occident évidemment d’extrême droite, Orgon qui se prosterne devant les Tartuffe intégristes comme ils se prosternaient, hier, devant Hitler, Mussolini, Staline, Mao ou Pol Pot.

Cela fait trente ans, en effet, que n’importe quel quidam de bonne volonté aurait pu ouvrir les yeux et les oreilles et regarder certaines chaînes de télévision du Moyen-Orient : il aurait perçu, dans sa pureté chimique, ce qu’est le fondamentalisme semeur de haine. Ces discours hallucinants de et de mort, véhiculés quotidiennement par satellite sur toute la planète, relayés depuis quinze ans par les réseaux jihadistes sur Internet, constituent le refoulé de toutes les discussions sur ce problème.

En France comme ailleurs, on se perd en discussions de café du commerce sur les caricatures de l’un et les blasphèmes de l’autre, la bouche pleine de mots-valises comme stigmatisation, islamophobie, judéophobie, christianophobie, alors qu’il suffit d’ouvrir son poste ou de surfer sur le Web pour prendre conscience que les Mohamed Merah et les Jérémy Sidney sont les purs produits de cette formidable propagande déversée par des centaines de sources de accessibles à tous.

Il est tentant, quand on se sent marginalisé, en mal d’identité, en recherche de racines et en manque total d’esprit critique de devenir le réceptacle idéal de ces mots semeurs de mort.

Il y en a, en effet, pour tous les goûts : sur les juifs « descendants des singes et des porcs », la chrétienté « un cadavre qui pue », les homosexuels « il faut les torturer avant de les jeter du huitième étage » , l’éducation des femmes « si elle n’obéit pas, il faut la battre, mais gentiment », la nécessité du martyr qui ira au paradis où l’attendent les 72 vierges et l’urgence de combattre par tous les moyens la impure, la laïcité impie, les musulmans laïcs et donc apostats, les musulmans modérés et donc traîtres, les incroyants et autres empêcheurs de prier en rond.

Ce constat est d’autant plus accablant qu’à l’époque glorieuse du nationalisme arabe, la religion était loin de jouer le rôle central où ses partisans et adversaires la placent aujourd’hui.

Il n’est que d’écouter et de regarder ce fragment de discours de Gamal Abdel Nasser, idole légendaire du peuple arabe, évoquant la question du voile en plein meeting :

Aujourd’hui, Nasser serait sans aucun doute condamné pour islamophobie et devrait se cacher pour échapper au châtiment.

Ce qui se passe en fait, c’est que quelques centaines de milliers de salafistes font tout pour prendre en otage un milliard et demi de musulmans dont la très large majorité, heureusement, résiste.

Nasser, ô Raïs, reviens, ils sont devenus fous…

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10 octobre 2012

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