La jeune est venue se rappeler au bon souvenir des musulmans susceptibles. Plus pimpante que jamais, anneau dans le nez, croix orthodoxe pendue à l’oreille, la rebelle des délivre son message : « Surveillez votre pote Allah, s’il vous plaît, parce que mes doigts dans son trou du c…, je les ai toujours pas sortis. » Provocation, recherche du buzz ou simple consultation de proctologie ?

Sans attendre les éventuelles conclusions médicales, les intéressés redoublent de menaces et, plutôt que lui couper les doigts, assurent lui réserver le sort de Samuel Paty. Le nom du professeur décapité entre dans le Larousse du redresseur de torts musulman avec la formule « Je vais te faire une Samuel Paty ». En attendant le verbe « patyser ». Ô ! sublime naïveté des pouvoirs publics décidant de faire observer une minute de silence dans les écoles. Ne sont-ils pas ravissants ?

Depuis ses déclarations hostiles à l’ de janvier qui avaient déclenché une avalanche de messages promettant divers sévices meurtriers, Mila vit sous protection et s’est vue contrainte de quitter son lycée pour intégrer, en tout anonymat, un internat sécurisé. La laïcité dans sa version camp retranché.

Sans surprise, la seconde salve de la franc-tireuse lui vaut un nouvel assaut de messages tous plus prometteurs les uns que les autres, de lynchages, tranchages et autres découpages selon les pointillés.

Selon son avocat Jean Malka, la lycéenne placée sous cloche aurait fait l’objet de 50.000 menaces de mort. (Ô minutes de silence…) « Elle ne répond à rien », précise l’avocat. « Au bout de huit mois elle répond, ben elle dit je vous emmerde avec ses mots à elle, quel adolescent ne le ferait pas ? »

Trop occupée à chasser la haine sur Internet, ne s’est pas encore prononcée sur la manière d’identifier et poursuivre les auteurs de ces 50.000 menaces de mort. Seule monte au créneau pour nous apprendre qu’il s’agit d’une « persécution contre une mineure ». Dans un deuxième temps, celle-ci pourrait annoncer que l’égorgement entraîne la mort et avoir découvert la couleur du cheval blanc d’Henri IV. Les sont sur place.

En guise de deuxième couche au surréalisme ambiant, le parquet de Vienne a annoncé avoir confié l’enquête « en cosaisine à la division de lutte contre les crimes de haine de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides, les crimes de guerre et les crimes de haine, ainsi qu’à la section de recherche de la gendarmerie nationale de Grenoble ».

En entendant parler de « crimes de haine », le Comité de lutte contre les pléonasmes s’est immédiatement chargé de l’affaire.

17 novembre 2020

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