Pétrole : une possible nouvelle flambée des prix dès cet été

La Chine pourrait bientôt acheter massivement du pétrole pour compenser le blocage d’Ormuz, faisant monter les cours.
Photo de Zbynek Burivalsur Unsplash
Photo de Zbynek Burivalsur Unsplash

Le prix du pétrole pourrait-il repartir fortement à la hausse, cet été, à cause de la Chine ? La question agite les milieux de l’énergie, et si elle se confirme, cette hypothèse inquiéterait alors rapidement les milieux politiques. Elle est en tout cas suffisamment sérieuse pour mériter que s’y intéressent à la fois le quotidien économique Les Échos et la revue spécialisée Transitions & Énergies.

Des prix contenus… pour l’instant

À l’origine de cette inquiétante prédiction, une étude du très sérieux et réputé cabinet français Kpler, sorte d’observatoire mondial des activités liées aux matières premières. En relevant et analysant les mouvements en temps réel des bateaux de transport à partir de leur localisation par GPS, Kpler prend ainsi le « pouls » des approvisionnements mondiaux en énergie, des données indispensables aux prises de décisions des professionnels et des États.

Or, que nous apprend Muyu Xu, analyste de l’activité pétrole brut chez Kpler ? Que si le prix du brut s’est plus ou moins stabilisé autour des cent dollars le baril (soit une augmentation d’environ 35 % par rapport à son niveau d’avant la crise d’Ormuz, qui était de 72,52 dollars au 27 février dernier), cela est essentiellement dû au fait que « les raffineurs chinois ont réduit les achats de brut sur les marchés ».

Et cette réduction serait plutôt importante, puisque les importations chinoises se seraient limitées à 6,78 millions de barils par jour en mai, contre 8,5 millions en avril, un niveau déjà bien inférieur à la moyenne de 10,66 millions de barils par jour relevée sur l’année 2025.
Cette baisse des importations aurait-elle été permise par une baisse de la consommation intérieure de produits pétroliers ? Par une baisse des ventes de pétrole par la Chine à d’autres pays ? Sans doute un peu des deux, mais surtout, semble-t-il, au fait que la Chine aurait puisé, depuis début mars, dans ses très importantes réserves de pétrole, estimées à 1,2 ou 1,3 milliard de barils.

Un blocage d’Ormuz qui se prolonge

Pour le spécialiste de l’énergie Philippe Charlez, consulté par BV, « les chiffres de Kpler sont tout à fait crédibles » et, selon lui, « la baisse des importations chinoises de brut expliquerait en effet la relative stabilisation du prix du baril aujourd’hui, qui, après une flambée importante et rapide fin février, dans les premiers jours du conflit avec l’Iran, reste, depuis, contenu dans une fourchette allant de 95 à 105 euros environ ».

En effet, rappelle-t-il, « le pétrole acheté par la Chine vient en grande partie des pays du Golfe et transite donc par Ormuz, contrairement à celui destiné aux pays occidentaux, qui vient surtout des États-Unis, d’Amérique du Sud, voire d’Afrique équatoriale ». Le trafic pétrolier au détroit d’Ormuz, « habituellement de 20 millions de barils par jour, est tombé aujourd’hui à 3 millions de barils par jour. Cette baisse a été en partie compensée par l’optimisation (7 millions de barils par jour) du trajet traversant par oléoduc l'Arabie saoudite jusqu’à la mer Rouge. 10 millions de barils sortent donc actuellement, chaque jour, du golfe Persique, soit 50 % de son flux normal. »

Achats chinois et flambée des cours

Mais la crise d’Ormuz se prolonge, et selon Muyu Xu, la Chine ne devrait pas continuer à puiser dans ses réserves pour compenser le blocage de ses approvisionnements. En juillet ou août, elle estime très probable que les Chinois se remettent à acheter du pétrole de façon plus massive sur les marchés mondiaux, provoquant une nouvelle flambée des cours, lesquels pourraient atteindre les 120 dollars le baril !

Cette nouvelle hausse de 25 % ne serait évidemment pas un bon signal pour les économies utilisatrices de produits pétroliers. Non seulement elle éteindrait l’espoir d’un retour rapide au niveau de prix de l’or noir d’avant la crise iranienne, mais elle plomberait fortement et durablement l’activité. Une perspective dont se passerait bien la France, dont le niveau d'endettement réclame plus que jamais de la croissance.

En l’attente d'une confirmation des intentions chinoises, il serait temps de méditer cette question que posait, récemment, Philippe Charlez dans les colonnes de BV : « La France saura-t-elle transformer cette crise en électrochoc avant qu'elle ne soit mise sous tutelle par le FMI et la Banque mondiale ? »

Vos commentaires

16 commentaires

  1. Pendant ce temps là, les USA organisent une collecte géante d’huiles usagées chez les particuliers afin de faire du « SAF » un carburant de synthèse et ainsi faire baisser le cours du pétrole.
    Et nous… Bah non, on ne fait rien, on parle…

  2. Il serait temps de méditer, non seulement, la question posée par Philippe Charlez dans B.V. : « La France saura-t-elle transformer cette crise en électrochoc avant qu’elle ne soit mise sous tutelle par le FMI et la Banque mondiale ? », mais encore, le contre-budget de Madame Knafo dont les mesures baisseraient les prélèvements obligatoires de 20 milliards € et la dépense publique de 80 milliards € . Alors que la France de Monsieur Lecornu s’enfonce comme le Titanic avec des prélèvements obligatoires de 40 milliards € et la dépense publique de 29 milliards €.

    • Les 31% de gauchistes et les 20% d’indécis qui risquent fortement de faire encore barrage vont continuer à nous maintenir et nous enfoncer dans le bourbier dans lequel on est depuis longtemps et ce sont ces mêmes 20% qu’on va encore entendre pleurnicher. Je les vomis.

  3. Il y a deux jours c’ était la canicule, aujourd’hui il pleut, demain le pétrole risque de flamber, et la canicule revient, que va t’ il arriver ensuite pour pourrir les vacances de ceux qui en ont besoin, il faut bien noyer le poisson d’une France en pleine décrépitude gérée par des incompétents notoires surtout préoccupés par les prochaines élections et plus que tout leur avenir personnel si précieux sous les ors de la république.

  4. Je na sais pas pourquoi on se pose la question. Bien évidemment. C’est une aubaine que les pétroliers ne vont pas laisser passer de gagner beaucoup d’argent. Et au passage le gouvernement également. Alors, on va nous trouver de très bonnes explications économiques pour expliquer le maintien de ces prix élevés.

  5. On sait par des études géologiques que la France a du pétrole pour fournir sa propre consommation pour au moins 80 ans. Ce pétrole se trouve en Ile de France et en Guyane. Pour l’exploiter il faut utiliser la technique d’extraction utilisée par les Etats Unis depuis plus de 30 ans, à savoir le pétrole de schiste. Mais cette info est savament dissimulée par le socialisme et par l’escrologisme. De plus il est simplement interdit de chercher au nom du principe de précaution devenu constitutionnel par la faute de ce bip bip de Chirac.
    Ras le bol de cette cRasse politocarde incompétente et démagogique qui ruine la France depuis le 10 mai 81 !

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