Migrants évacués de Paris : Melun devant le fait accompli…

Louis Vogel, le maire de Melun, membre d’Agir, la droite constructive, est furax : il a découvert que 102 , parmi les 1.611 personnes évacuées, jeudi matin, des campements de la porte de la Chapelle et de Saint-Denis, ont été accueillis dans un bâtiment de l’ancien hôpital de sa ville. Sans qu’on ne lui demande son avis ! Sur réquisition de la préfecture de police de Paris, ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge.

Voilà donc la mairie de Paris délivrée de deux camps insalubres. Que Mme Hidago ne s’inquiète pas : dans une conférence de presse improvisée, le préfet de police a assuré qu’ils ne reviendraient pas. Le Parisien rapporte ses propos : « Jusque-là, on avait des opérations de mise à l’abri de 200, 300 personnes, mais on ne vidait jamais les campements et ils revenaient. Avec cette opération, on a un objectif de zéro retour. » Qu’on se le dise !

Vous avez compris : on refile à d’autres le « dossier », la patate chaude, même si cette expression est dévalorisante pour des migrants clandestins dont le seul tort est de profiter du laxisme de l’État et de la perméabilité des frontières européennes. Ils sont donc répartis dans une quinzaine de bâtiments d’Île-de-France, en attendant que leur situation soit étudiée. Certains d’entre eux obtiendront le droit d’asile ou une carte de séjour provisoire. Et les autres ? On sait qu’il y a très peu de reconduites à la frontière.

On comprend la colère du maire de Melun. Cet ancien encarté aux Républicains doit peut-être regretter d’avoir rejoint un parti trop accommodant avec la politique macronienne. « Il est inadmissible que la municipalité n’ait été prévenue par aucun canal officiel et qu’elle se retrouve en première ligne pour gérer les errements de la politique de la ville de Paris en matière d’accueil de migrants », a-t-il déclaré, selon Le Parisien, estimant que « Melun a fait sa part, plus que sa part ». Mais le gouvernement n’a cure de ses plaintes. Il pense avoir réussi son opération de communication en débarrassant Paris d’une partie de ses migrants, fût-ce au détriment d’autres communes.

Il est évident qu’au-delà de leurs arrière-pensées électorales, à l’approche des municipales – n’oublions pas que Benjamin Griveaux est leur candidat à Paris –, puis des présidentielles, Macron, Édouard Philippe, Christophe Castaner et consorts se sont emparés du thème de l’immigration pour faire croire à l’opinion publique qu’ils agissent, alors qu’ils ne déploient que des faux-semblants. Le préfet d’Île-de-France a beau avoir annoncé que « ceux qui n’ont pas le droit au séjour » seront priés de quitter les lieux d’hébergement, on sait ce qu’il en est : 90 % de ces réfugiés clandestins disparaîtront dans la nature.

La mairie de Paris, hypocrite, se félicite de cette opération de « mise à l’abri » – ce n’est pas la première fois qu’Anne Hidalgo pense à ses électeurs avant de penser à ses voisins – mais réclame une politique d’accueil forte, avec la mise en place de centres humanitaires le long des routes migratoires. Pas question de préconiser des mesures pour limiter l’afflux des migrants. Quant au gouvernement, par l’intermédiaire du préfet de police, il affirme avec aplomb que les camps évacués ne se reformeront pas.

Ironie de l’histoire, Le Parisien note qu’à Melun, dès le début de l’après-midi, certains émigrés cherchaient déjà la gare de bus pour rejoindre Paris. Si l’on veut maîtriser les flux migratoires, c’est le gouvernement qu’il convient d’évacuer dans les plus brefs délais !

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