Ce n’est pas un hasard si onze des douze terroristes de Catalogne étaient des Marocains (le dernier, Mohamed Houli Chemlal, était de Melilla, territoire marocain mais possession espagnole). Que se passe-t-il dans le Royaume chérifien où un larvé gangrène le pays ?

En premier lieu, il faut savoir que « le Maroc est, avec la Tunisie, un des principaux foyers africains de recrutement pour Daech en Syrie et en Irak ». Les combattants djihadistes marocains, qui prolifèrent sur un terreau de frustrations sociales et économiques, sont « principalement originaires du nord du pays, notamment des foyers paupérisés de Tétouan, Tanger et de Fnideq, mais aussi des banlieues de Fès, de Salé ou de Casablanca », explique Courrier international. Et le sociologue Farhad Khosrokhavar, dans un article du Monde au titre éloquent, « Le Maroc exporte ses djihadistes », a bien cerné la spécificité des radicalisés marocains :

Pour les attaques structurées – celles du 13 novembre 2015 à Paris, du 22 mars 2016 à Bruxelles, du 17 août en Espagne –, les Marocains d’origine sont les plus nombreux.
Dans la vaste zone qui inclut la France, l’Espagne et la Belgique, la diaspora marocaine montre des signes de radicalisation, notamment celle d’origine amazigh, réprimée par le pouvoir marocain et pénétrée de son sentiment d’infériorité et d’indignité de citoyens de seconde zone en Europe.
Autant le modèle allemand de djihadisme est marqué par des individus plus ou moins déboussolés et récemment installés appartenant à la première génération, autant les modèles français, belge et espagnol portent l’empreinte d’une citoyenneté non accomplie et d’un sentiment de refus d’intégration après une longue période de séjour, impliquant en majorité la deuxième génération.

Mais ces jours-ci, un autre aspect de la radicalisation fait la une de la presse : le harcèlement sexuel violent subi par des femmes marocaines. Plusieurs vidéos ont circulé. La dernière en date, d’une rare violence, montre, comme le rapporte Le Figaro, le viol collectif d’une jeune femme : « Dimanche, sur Internet, une vidéo montre un groupe de jeunes agresser sexuellement une jeune femme dans un bus […]. [Les images] dévoilent des adolescents, torse nu, en train de bousculer violemment une jeune femme en pleurs dans un autocar, touchant les parties intimes de son corps, tout en s’esclaffant [les médias marocains, eux, moins politiquement corrects, écrivent : en l’insultant, NDLA]. La victime, à moitié dénudée, pousse des cris de détresse, alors que le bus continue de rouler, sans qu’aucun passager n’intervienne… » « La police […] a précisé que la victime, âgée de 24 ans, était atteinte d’un handicap mental, et relevé qu’elle n’avait, avant la diffusion de la vidéo, reçu aucune plainte, ni de la part de la jeune femme agressée ni de la part du chauffeur. »

Il n’a pas fallu longtemps à la police pour arrêter les six agresseurs, âgés de 15 à 17 ans. Le Figaro souligne que « les images n’en finissent pas d’indigner médias marocains et internautes » et « scandalise[nt] la société civile », allant jusqu’à affirmer que « le Maroc est sous le choc » de cette diffusion.

Pourtant, tous les Marocains ne sont pas révoltés devant ces images. Si des internautes ont bien appelé à un sit-in le 23 août à Casablanca pour exprimer leur indignation, d’autres, en revanche, s’en sont pris à la victime, prenant la défense des agresseurs. Ainsi, le site marocain Le360 a recueilli « les témoignages des voisins des présumés agresseurs » dans le quartier Sidi Bernoussi de Casablanca : « C’est édifiant… », prévient le journaliste.

Ils prennent la défense des assaillants et leur trouvent des excuses comme la tenue de la femme, le fait qu’ils s’adonnent à des drogues et qu’ils ne soient « que des gamins ». Aucune parole en faveur de la victime.

Aucune compassion malgré la gravité des faits accentuée par sa déficience mentale. Ainsi, on peut lire sur les réseaux sociaux : « Au contraire, je pense que c la fille qui devrais être présenter en vu ce qu’elle porte comme vêtement de provocatrice et la question qui se pose que fait-elle avec un groupe de garçons derrière un bus. »

Depuis 2011 et l’arrivée au pouvoir des islamistes (PJD/Parti de la et du développement), la situation des femmes chérifiennes s’est dégradée. Il suffira de rappeler qu’en juin 2015, deux jeunes filles d’Inezgane, près d’Agadir, avaient été poursuivies pour leurs jupes trop courtes par certains commerçants. Ou que l’actrice Loubna Abidar avait été obligée de s’enfuir du Maroc pour la France après avoir été violemment battue dans la rue.

L’implication de jeunes Marocains dans les attentats sur le sol européen et ces harcèlements violents de femmes occidentalisées sont deux signes inquiétants d’une radicalisation indéniable de certains pans de la société et de l’immigration marocaines.

23 août 2017

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