Film L’Abandon : la gauche s’acharne. Le public, lui, n’abandonne pas !

La vérité contrevient aux beaux discours et ça ne passe pas. Sauf auprès du public.
Capture d'écran BA
Capture d'écran BA

Se classant en huitième place du box-office, L’Abandon, film qui retrace les onze derniers jours de Samuel Paty, a été vu par 200.548 spectateurs en une semaine. Les avis du public sont unanimes : c’est un film mesuré, sans parti pris, qui s’est attaché à coller aux faits, et seulement cela. Mais voilà bien, justement, ce qui dérange, dans les rangs de la gauche, qu’elle soit hystérisée façon LFI ou plus insidieusement méprisante façon Télérama : la vérité contrevient aux beaux discours et ça ne passe pas. Sauf auprès du public.

Un cinéma « administratif et désincarné »

On a vu et revu en boucle l’interview du youtubeur Raphaël Garcia, alias @Paflemeilleur, « créateur de contenu », s’esclaffant aux propos du streamer Grimkujow qui dénonçait « un film pour l’extrême droite, pour le Rassemblement national », avant d’appeler à voter pour Mélenchon. Une façon de lancer le bal des tartuffes. La presse de la gauche intello n’a pas fait mieux, juste mieux enrobé.

Il faut lire la critique de David Fonseca sur Le Rayon Vert. Spécialiste de philosophie politique, théorie et philosophie du droit, maître de conférences en droit public aux universités de Paris Saclay et d'Évry, il y organisait, en décembre 2024, un colloque sur un thème qui le passionne : « Droit et cinéma. Les zones de non-droit. » Critique engagé, il voit dans L’Abandon « moins un film de cinéma qu’un objet idéologique parfaitement aligné avec le climat politique français actuel ». Explication : « Derrière sa prétendue neutralité républicaine, le film participe à la fabrication émotionnelle d’un récit national anxieux où l’islam devient la figure centrale de l’ennemi intérieur. » C’est, affirme-t-il, un cinéma « administratif et désincarné », d’« indigence formelle », non pas « courageux » mais « profondément conformiste ». Enfin, pire que tout, « la production du film par Stéphane Simon, proche de la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2022, n’a alors rien d’un détail secondaire. Sortir un tel objet à quelques mois d’une présidentielle ne relève pas simplement du hasard du calendrier : c’est participer à la consolidation émotionnelle d’un imaginaire politique. »

Jaurès doit se retourner dans sa tombe

Monsieur Fonseca est un intellectuel. Il sait manier les mots et influencer les esprits. On le comprend en écoutant la « discussion » publiée sur le site de L’Humanité. Le thème : « L’Abandon, un film "utile" pour la gauche ? »

En quoi le film de Vincent Garenq peut-il bien servir la gauche, on se le demande : est-ce à cause de « Pascal Praud qui a fait douze éditos depuis que ce film est sorti ? », demande l’ingénue. Non, répond son interlocuteur, « personne ne regarde CNews. Moi, je te parle surtout du fait que c’est islamophobe. » « Eh bien, je peux comprendre à partir du moment où on fait un film sur Samuel Paty, au vu de l’instrumentalisation politique qu’en a fait l’extrême droite. Évidemment, ça va ouvrir la porte à des délires, du genre « musulmans = islamistes », avance la demoiselle. Hou-la-la, « c’est trop une phrase d’islamo-gauchiste, ça », lui dit l’autre. Il est malin. Réponse fine : « Comme d’habitude, à chaque fois qu’on ajoute un petit peu de nuance et de complexité (sic) à l’analyse, on nous traite d’islamo-gauchistes ou de traîtres à la liberté d’expression. » Toutefois, comme il est difficile de nier les faits qui font la trame du film, L’Huma reprend l’argumentaire de Fonseca : « Le timing et le contexte dans lequel ça sort, l’instrumentalisation politique dégueulasse qu’en a fait l’extrême droite, les financements… Par exemple, il y a un des producteurs, Stéphane Simon, qui a littéralement travaillé avec Marine Le Pen. » Et le perchman a croisé sa concierge...

Les commentaires de la séquence sont hilarants, à tel point que certains se demandent si c’est du premier ou du second degré… « On dirait un sketch des Films à l’arrache », écrit l’un, quand un autre se désespère : « La pensée molle, relayée par L’Huma, mon Huma ! ça donne envie de chialer. » « Jaurès doit se retourner dans sa tombe », commente le suivant.

Le mépris de Télérama

Pour Télérama, bien obligé de constater que le film s’en tient aux faits, le travail produit est juste, sans excès, remarquablement interprété mais, hélas, avec une accroche « de mauvais goût ». Certes, concède le critique, il n’y a rien à lui reprocher, mais dans le magazine qui donne la météo de la bien-pensance, on pince le nez.

Là encore, ce n’est pas l’avis des abonnés. « Samuel Douhaire n’a pas dû voir le film avec un vrai public, je ne vois pas la faute de goût, où alors celle du critique », dit l’un d’eux, ajoutant que « c’est un film remarquable à tout point de vue, et qu’il faudrait montrer dans toutes les classes de collèges et lycées à partir de la quatrième ». Un autre s’inquiète : « J'ai appris que le livre dont est tiré le film (le film adapte un livre) a été écrit par quelqu'un qui semble proche (voir vraiment très proche) de l'extrême droite (la personne a participé à la campagne présidentielle de Marine le Pen quand même, et autres affinités...). Ça peut laisser perplexe sur le point de vue du film... tout ça me fait dire hélas pour ce pauvre Samuel Patty... » Mais la tendance générale est ici résumée : « La critique de Télérama est insidieusement de très mauvais goût en essayant de discréditer ce film avec une allusion lourdingue à une ironie tragique. Ce film impeccable factuellement, si juste et courageux. Il faut le voir. »

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Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

24 commentaires

  1. Oui, j’ai vu le film hier soir, je confirme : film juste et courageux. Mais je retiens le propos d’un agent de la lutte contre l’islamisme dans le film se disant dépassé par le phénomène. C’est le vrai problème que soulève ce film.

  2.  » Consolidation émotionnelle d’un imaginaire  » dit ce philosophe ! il a tout dit ! de ces gens de gauche, il faut bien les situer, – mais ils se situent tous seuls – , IMAGINAIRE !? c’ est vrai que S Paty , sa mort, son manque de sécurité, le tchétchène venu de nulle part , fait partie de l’imaginaire !! c’est pour cela que ces gens ne peuvent se concilier avec le reste de la société ! il n’y a pas d’idéologie dans ce film, pas de politique a y apporter, pas de longues phrases pour faire un semblant d’intellectualisme, il y a LES FAITS ! on meurt dans ce pays, mais une partie de la société pense que c’est de l’ordre de l’imaginaire ! c’est triste, terrible !

  3. La Gauche pavlovienne reprend le même argumentaire contre le film l’Abandon , que lors de la sortie en salles en octobre 2025 du film Sacré cœur . Avec le même résultat , les salles sont pleines !

  4. Les gauchistes face à une réalité qu’ils se refusent encore à regarder bien en face ! Il est difficile d’accepter la dure vérité et il est plus facile de fasciser ceux qui veulent leur faire quitter le doux cocon de l’entre-soi façon Bisounours ! Ils sont lamentables de lâcheté !

  5. Ce qui énerve la gauchos ,c’est qu’ils savent que le film va faire déplacer du monde. Donc ils enragent

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