Accueil Santé Coronavirus Marie-Hélène de Lacoste-Lareymondie : « Nos gouvernants ont fait du mensonge un sport national ! »

Marie-Hélène de Lacoste-Lareymondie : « Nos gouvernants ont fait du mensonge un sport national ! »

Marie-Hélène de Lacoste-Lareymondie est élue au conseil régional dans le Grand Est, une région fortement touchée par l’épidémie de coronavirus. Elle a bien voulu répondre aux questions de Boulevard Voltaire.

strong>Les mesures de confinement et de fermeture des frontières ont été annoncées, lundi soir, par le président de la République… A-t-on trop tardé à les mettre en place ? A-t-on sous-estimé cette crise sanitaire ?

Les mesures de confinement, pas nommé « confinement », les mesures de fermeture des frontières, presque pas nommée « fermeture » – attention, il ne s’agirait pas de montrer un quelconque repli sur soi – n’ont évidemment que trop tardé ! Et le scandale des propos de Mme Buzyn, ex-ministre de la Santé et future ex-candidate de Paris, ne fait qu’ajouter de l’incompréhension au chaos général. On a le sentiment que plus on est informé, moins on y comprend quoi que ce soit ; on s’approche à grande enjambée du scandale d’État. Ces gens-là, nos gouvernants, ont fait du mensonge un sport national. L’ampleur de la crise sanitaire a été, sciemment ou non, minimisée. Et lorsque les Français en auront réellement pris conscience – et ils commencent -, la crise des gilets jaunes ne sera que les pâles prémices de ce qu’il adviendra. Cette crise sanitaire va probablement sonner le glas de ce gouvernement, de ces professionnels d’une communication de crise sans limites, où il serait permis de dire tout et son contraire, pourvu que cela en fût le moment.

Quelle est la situation, dans votre région ?

Sur un plan local, la situation est alarmante, mais les Alsaciens sont disciplinés, et désormais résignés (les aléas de l’Histoire ne leur ont guère laissé le choix) ; il sera donc plus facile de faire respecter un confinement qui n’en est pas un. Les Allemands ont fermé leurs frontières bien avant nous, et ce, sans aucun scrupule. Nous aurions dû en faire autant.

Beaucoup regrettent un manque de dureté de la part d’, en plus du manque d’anticipation… Qu’avez-vous pensé de son discours ? Qu’aurait-il dû dire ou ajouter ?

Si j’étais Président… non, un Président ne devrait jamais dire ça Un Président ne devrait jamais dire qu’on est en guerre sans l’avoir lui-même vécue un tant soit peu !
Un Président ne devrait jamais dire, sans en prononcer le mot, que l’on est confiné, alors même qu’il se rendait lui-même au théâtre il y a à peine trois semaines, parce que, vous comprenez, un virus ne va pas nous empêcher de nous amuser ! Un Président ne devrait pas mettre ainsi en péril toute l’économie d’un pays alors même qu’il a ouvert ses bras à la déferlante de la mondialisation, générant une dépendance totale vis-à-vis de la Chine, parce que, pour le profit, hein, tout est bon.
Un Président ne devrait jamais avoir le culot d’affirmer que oui, nous sommes allés trop loin dans ce modèle économique, que oui, il faut relocaliser, que oui, il faut donc revenir à un modèle plus local, plus patriote, quoi ! Parce qu’enfin, il va encore mentir, et aura vite oublié ces belles paroles dans quelques mois. Les leçons ne servent jamais aux menteurs professionnels.

Et s’il faut faire un peu de philosophie, parce que moi, précisément, je ne suis pas Président, eh bien, je dirai que ce confinement doit être providentiel : recentrons-nous sur l’essentiel, enracinons-nous, et si cette retraite, un peu forcée, soyons honnêtes, ne devait apporter que cela, l’enracinement, alors Dieu est grand !

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