“Je voterai Valls, comme je l’ai promis, à moins que je ne change d’avis” (Bernard Kouchner).

À une certaine époque, on parlait d’offre de Gascon quand un homme se vantait de faire quelque chose qu’il ne serait pas en mesure d’accomplir. Mais, au moins, le Gascon n’affirmait pas une chose et son contraire dans la même phrase : mentir, certes ! Mais pour le panache ou l’honneur d’une dame (au choix) !

Bernard Kouchner, lui, en a assez de mentir. Et de dire la vérité. Et de tenir ses promesses. Il votera Valls. Il l’a promis. Sauf s’il change d’avis ! Et tout ça en public : elle va loin, la promesse d’un ancien ministre de la République. L’honneur et le panache, la fierté des convictions ? Sottises, broutilles !

Bernard est un excellent exemple de la corruption des esprits au plus haut niveau de l’État et des élites ! Le principal symptôme étant le peu de respect donné à la parole : écouter un homme qui dit dans une seule phrase qu’il peut envisager de trahir sa parole si ça l’arrange, c’est une offre de socialiste, si je puis dire !

Ainsi, donc, Bernard affirme haut et fort que, pour l’instant, il penche plutôt vers Manuel, mais que l’outsider Emmanuel l’intéresse aussi. Valls ou Macron – car c’est bien d’eux qu’il s’agit -, un vote compliqué pour un cœur qui est de gauche mais pas trop, de mais pas trop, giscardien sur les bords, mitterrandien au ventricule gauche, chiraquien au ventricule droit (il y a toujours beaucoup – trop ? – de place dans le cœur d’un multiculturaliste). Il faut dire que ce choix l’engage : Manuel ressemble comme deux gouttes d’eau à Emmanuel Valls : alors, Manu ou Manu ? Équation somme toute compliquée pour le cerveau de notre brillant médecin. Choisir entre un libéral qui veut lâcher les chevaux des entreprises, tout en protégeant les Français et en garantissant leurs droits, et un libéral qui veut protéger les Français, tout en garantissant leurs droits, mais en libéralisant l’économie : l’occiput de Bernard fume !

Il paraît que a une manière de présenter les choses de manière talentueuse… Qu’importe l’ivresse tant que l’on a le flacon, alors ? À bien comprendre, il serait prêt à voter pour le corps plutôt que l’esprit, pour la présentation plutôt que la pensée, la publicité plutôt que le produit. En fait, Bernard est parfaitement de ce monde : superficiel !

Bernard a aussi quelques scrupules : “Cette façon – que je croyais très risquée – de s’imposer en quittant à qui il devait beaucoup, j’ai trouvé ça un peu rude.” « Un peu rude… », ah, eh bien, ça va ! J’avais que la trahison ne le démolisse : un traître soutenant un autre traître, l’histoire du monde est finalement toujours la même !

“Je lis les arguments des uns et des autres et les promesses faites, on dirait le discours du Bourget. Et ce n’est pas un compliment !” dit-il pour rappeler que, quand même, il est aussi du côté du peuple contre les élites !

Quant à moi, en écoutant les arguments de Kouchner, je crois entendre le discours du bourgeois ! Et ce n’est pas un compliment ! Enfin, notons tout de même, au crédit de Bernard, qu’il n’a pas dit si son troisième ventricule battait pour Emmanuel – pardon, François – Fillon, dont il fut le ministre durant deux ans…

29 décembre 2016

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