Macron félicite le Vietnam communiste de le suivre dans son contrôle des réseaux sociaux !

Mais au fait, Macron et le Vietnam, ça ne vous rappelle rien ?
Capture d'écran présidence de la République
Capture d'écran présidence de la République

C'est encore Pierre Sautarel qui a sonné le tocsin. Décidément, celui que Mathieu Bock-Côté a présenté comme une figure de la « dissidence d'en bas », il y a quelques jours, n'en finit pas d'alerter, souvent avec une longueur d'avance, sur les dangers qui pèsent sur la France et les Français (immigration massive, racisme anti-Blanc, etc.) aujourd'hui officiellement reconnus, mais aussi sur les atteintes à la liberté d'expression qui, seule, permet d'évoquer ces sujets naguère tabous. Et c'est sur ce sujet plus délicat, plus complexe, que porte son dernier combat. En l'occurrence : la loi votée, il y a trois jours, par l'Assemblée sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans qui devra s'appliquer en pleine campagne présidentielle et dont il a immédiatement saisi les arrière-pensées politiques.

De son côté, Gabrielle Cluzel, profondément soucieuse de la protection des enfants, montrait aussi, sur CNews, qu'elle n'était pas dupe des bonnes intentions affichées des macronistes et rappelait, exemple à l'appui, le rôle central des parents et des familles.

Mais voilà qu'en ce samedi de vacances profondes, entre deux canicules et deux incendies, Emmanuel Macron lui-même (à moins qu'il ne s'agisse d'un stagiaire passé entre les mailles du filet Lecornu - Élysée oblige !) vient remettre une grosse pièce dans la machine à se faire battre et à éveiller les soupçons sur les intentions liberticides du pouvoir. Le compte officiel du président de la République vient en effet - en anglais, évidemment - de féliciter le Vietnam, pays communiste qui régente déjà durement Internet et la liberté d'expression, de vouloir suivre l'exemple lumineux du vote français d'il y a trois jours : « Merci de suivre le mouvement ! » Un mouvement décidément de plus en plus suspect. Surtout si l'on précise, comme l'ont fait les premières contextualisations du tweet présidentiel, que le projet du Vietnam est plus libéral que le nôtre ! En effet, d'après Reuters, le Vietnam permettrait aux moins de 16 ans d'utiliser les réseaux sociaux dès lors que leurs parents, responsabilisés, les y autoriseraient... Ben oui, les parents, Macron aurait dû y penser comme ses amis vietnamiens.

 

Et les parents, Aurore Bergé ?

En France, Aurore Bergé y a pensé et elle l'a assené à Olivier Truchot : c'est à l'État d'entrer dans les maisons pour protéger les enfants ! Une mission « régalienne » de cet État macroniste qui l'a si mal assumée, de la mairie de Paris à l'ASE. Tout cela jette plus qu'un doute sur cet emballement protecteur des macronistes, à la veille d'une campagne électorale qui leur sera difficile.

 

Le Vietnam, tellement protecteur... et totalitaire !

Pierre Sautarel, s'insurgeant contre ce tweet qu'il qualifie de « gravissime », rappelle que le Vietnam compte des dizaines de prisonniers politiques pour délits d'opinion. D'après le site Siècle digital, le Vietnam est bien un totalitarisme numérique : « L’organisation pro-démocratique à but non lucratif, Freedom House, a attribué un score de liberté de l’Internet de 22 sur 100 au Vietnam. En comparaison, la Russie a obtenu le score de 30 sur 100 et l’Arabie saoudite le score de 24 sur 100. »

Faut-il être complètement aveuglé par sa réussite à avoir fait aboutir cette loi pour ne pas voir l'incongruité de ce message ? En tout cas, s'il fallait une nouvelle preuve de la nécessité de garantir un libre accès et une libre expression aux réseaux sociaux pour le bon fonctionnement démocratique de nos pays, on la trouverait dans le fait que, ce vendredi soir, aucun média n'avait repris ce tweet élyséen tellement problématique. Mais au fait, Macron et le Vietnam, ça ne vous rappelle rien ?

 

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

73 commentaires

  1. Cet individu sombre de jour en jour dans l’abjection abyssale.
    Quant aux députés, honte à ceux qui ont voté pour et à ceux qui se sont abstenus, que ce soit par bêtise, par naïveté, par manque de discernement, par complicité, par manque d’anticipation sur les intentions véritables de ce monstre, par lâcheté, par calcul, ou tout cela en même temps.
    Par conséquent, dans ces conditions, ils ne sont plus dignes de représenter le Peuple.

  2. Pour former les cadres de l’État à la lutte contre les discriminations anti-LGBT+, Aurore Bergé va sans doute s’appuyer sur un marché interministériel dont le groupement attributaire est piloté par Groupe Egaé, la société présidée par… Caroline De Haas, information que l’article se garde bien de mentionner.

    Le marché global est plafonné à 7,075 millions d’euros sur 4 ans et couvre plusieurs formations.

    Pour rappel, une enquête « chasse au masculinisme en entreprise » à laquelle Egaé avait participé avait conduit au licenciement d’un journaliste de Télérama ; la justice a ensuite jugé ce licenciement sans cause réelle et sérieuse, décision confirmée en appel avec une condamnation du média à 95 000€ de dommages et frais. »

  3. il doit être nostalgique de ses cours de politique alors qu’il fréquentait Science-Po(t) qui célébrait alors les exploits libéraux des républiques socialistes communistes d’Asie….alors pour lui, le Viet-Nam, c’est la panacée de la liberté d’expression, un modèle…Un petit pas un peu plus à l’ouest, et nous serons au Cambodge… celui de Pol Pot, bien sur,…car question actualisation du savoir, avec Macron on repassera !….Ces nostalgiques restés bloqués sur leur adolescence ne sont que des progressistes réversibles !

  4. Père naïf de six enfants…un tant soit peu « conservateur » et prudent, ces derniers sont aujourd’hui majeurs et indépendants. Mais comme Mme CLUZEL, ils auront tous attendu d’atteindre le lycée pour accéder aux réseaux sociaux et donc bénéficier d’un téléphone portable notamment…MACRON croit inventer quelque chose peut-être ? Non ! Il se prend tout simplement pour celui le plus à même d’éduquer nos enfants. Il en est toujours ainsi : les plus prompts à donner de bons conseils pour une bonne éducation de nos enfants, ont toujours été ceux qui n’en avait pas, pire ne souhaitaient SURTOUT pas en avoir. Pas vrai Brigitte ?

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