Le grand débat pour les enfants… ne peut-on pas leur f… la paix ?

Ne peut-on pas leur « f… la paix » ? Au-delà de toutes les critiques lues et entendues contre cette instrumentalisation de nos têtes blondes par un Président qui ne sait plus s’arrêter de débattre, sans doute par crainte du retour à la réalité des décisions à prendre, je veux m’insurger contre cette initiative irresponsable.

Cessons de voler leur enfance à nos enfants !

Quel besoin avons-nous de partager nos soucis, nos interrogations et nos débats avec ceux à qui nous devrions apporter des certitudes, des repères et des balises ? Comme si nous ne voulions plus qu’ils vivent dans l’insouciance, ce précieux trésor des plus petits…

Il est vrai que nous passons nos vies à pourrir la leur avec nos soucis d’adultes. Nos séparations les obligent à s’immiscer dans le monde qui se déchire pour y faire valoir leurs droits… Notre éducation les oblige au retour de l’école, quand ils ne doivent pas rentrer seuls, à se prendre en charge dans le foyer familial déserté par les adultes pour cause de travail des deux parents. Notre lâcheté ou notre inconscience les exposent aux mêmes agressions médiatiques et culturelles que nous, sans la moindre des protections… Plus de « carré blanc » ni d’index ; nous leur fournissons même, avec leurs portables, l’accès libre à la pornographie sur Internet…

Notre enseignement les prive de la leçon pour les livrer à la recherche et les apprentissages en tous genres sans le secours des fondamentaux de l’orthographe, de la lecture, du calcul et de l’histoire. Nous les jetons toujours plus tôt dans le grand bain troublé de la vie adulte, sans préparation.

Et maintenant, la politique…

Il y avait déjà les expériences ridicules des assemblées d’enfants. Cela ne suffit pas ; il faut maintenant les faire participer au grand débat et recevoir la leçon du Président sur les bons et les mauvais gilets jaunes ! Et les parents béats devant leurs petits prodiges ne se rendent pas compte qu’ils les livrent aux loups !

Il n’est qu’à discuter nous-mêmes avec des enfants, les nôtres ou ceux de nos enfants, pour nous apercevoir que notre société en fait des adultes avant l’heure, trop tôt.
Que sont devenus leurs jeux et leurs rêves ? Dans quel univers leur imagination s’envole-t-elle ? Qu’avons-nous fait de leur innocence ?

En même temps, mais le paradoxe n’a rien d’étonnant, ils grandissent en adolescents immatures et impréparés aux difficultés de l’existence… Et les adultes ne sont-ils pas de plus en plus d’éternels adolescents incapables de prendre le moindre recul par rapport aux grandes questions de la vie ?

Il n’y a rien d’étonnant, dans ces conditions, à l’apparente maturité toute relative de nos enfants dans leurs réponses au président de la République. Mais je ne peux m’empêcher de m’attrister devant ce spectacle d’une société et d’un État qui ne savent plus laisser chacun à sa place et préserver, aux plus petits d’entre nous, le si précieux privilège d’être tenus à l’écart des vicissitudes du monde des grands.

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