Editoriaux - Justice - Société - 3 novembre 2019

Le dégonfleur de pneus, un pseudo-justicier bien gonflé

Libération lui a consacré un CheckNews gêné : un « serial » dégonfleur sévit dans la capitale. Il s’attaque à des véhicules, garés dans les rues de Paris, et vide l’air de leurs pneus tout en laissant derrière lui un tract collé contre la vitre de la voiture. Il explique dans ce document qu’il ne s’agit ni d’une attaque personnelle ni d’un acte de vandalisme gratuit (ben voyons !). Le propriétaire de la voiture, en manœuvrant un véhicule polluant et lourd dans des « rues minuscules » (sic) de Paris, aurait commis un acte aberrant et fait preuve d’irresponsabilité à l’heure de l’urgence climatique. Il aurait « [mis] en danger la vie d’autrui » (écrit en lettres majuscules pour souligner la gravité de la faute). Comme les pouvoirs publics ne font rien, le dégonfleur est donc obligé d’intervenir au nom du bon sens commun. En principe, il ne s’attaque qu’aux SUV et épargne les automobiles plus modestes, mais un monospace de moins de deux ans qui arborait la vignette « Crit’Air » a malgré tout été attaqué par le « dégonfleur ».

Cette mode d’imposer ses propres choix de société et ses obsessions en faisant fi des lois, du gouvernement et du Parlement, est une caractéristique de ce début de XXIe siècle. Des végans cassent les vitrines de bouchers, des associations LGBT interdisent à une philosophe, épouse d’un ancien Premier ministre socialiste, de s’exprimer car elle a émis (crime impardonnable) des réserves vis-à-vis de la GPA, des militants d’ATTAC s’en prennent à des agences bancaires, des pro-migrants font entrer clandestinement en France des réfugiés et les aident à se maintenir dans l’Hexagone après que la Justice leur a enjoint de quitter le territoire, des écologistes décrochent le portrait du Président Macron dans les mairies.

Ces actions problématiques deviennent parfois, selon la doxa à la mode, des actes civiques que ni la police ni la justice n’ont le droit moral de sanctionner. Si les auteurs de ces contraventions ou délits passent devant un tribunal, l’indignation est générale parmi les bien-pensants. Comment peut-on s’en prendre à des militants qui ne faisaient que leur devoir et n’écoutaient que leur conscience ? Pourtant, ces derniers n’encourent le plus souvent que des peines symboliques, quand ils ne sont pas relaxés par des juges qui tordent allègrement le bras à nos lois. Bien entendu, cette indulgence ne concerne pas les « affreux » et les « membres du camp du mal ». Quand des identitaires ont voulu faire appliquer la loi sur les frontières et interdire aux migrants d’entrer illégalement depuis l’Italie sur notre territoire en passant par les cols alpins, ils ont été poursuivis par la Justice.

Ce serial dégonfleur, s’il est pris, ne risque sans doute rien, ou presque : un rappel à la loi ? Une amende avec sursis ? Sera-t-il seulement condamné à rembourser ses victimes ? Car faire regonfler ses quatre pneus est coûteux, s’il faut faire appel à un garagiste. Je ne supporte plus cette manie totalitaire qui permet à des soi-disant progressistes d’imposer leurs délires.

À lire aussi

La France est en faillite théorique depuis le 12 novembre

Emmanuel Macron, fait comme tous les cancres : il remet en cause la notation. …