Sénatoriales : dans la Sarthe, Virginie de Gaulle fait campagne avec Marie-Caroline Le Pen
Le nom de Gaulle n’est pas passé inaperçu. Pour les élections sénatoriales dans la Sarthe, Marie-Caroline Le Pen a choisi de placer à ses côtés Virginie de Gaulle, maire de Courcelles-la-Forêt et arrière-petite-nièce du Général, ainsi que Romain Lemoigne, le jeune maire RN de La Flèche. Une affiche forcément symbolique, mais qui raconte aussi une histoire plus profonde : celle d’un RN qui, après avoir longtemps peiné à s’implanter dans l’Ouest, commence à convertir son travail de terrain en victoires locales.
De Gaulle et Le Pen, une histoire qui n’est pas nouvelle
Le rapprochement entre les deux noms n’est d’ailleurs pas inédit. En 1999, Charles de Gaulle, petit-fils du Général, avait figuré sur la liste du Front national conduite par Jean-Marie Le Pen aux élections européennes. Vingt-sept ans plus tard, c’est une arrière-petite-nièce du Général qui rejoint la sœur de Marine Le Pen pour une élection sénatoriale.
Une descendante du général de Gaulle figure sur la liste du RN aux sénatoriales dans la Sarthe https://t.co/sSMMBtaQ3j
— LCP (@LCP) August 26, 2026
Mais Marie-Caroline Le Pen veut voir dans cette candidature autre chose qu’un symbole. Virginie de Gaulle est avant tout une élue locale. Maire d’une petite commune rurale, elle s’était présentée sous le nom de son mari, de La Fresnaye, à la tête d’une liste sans étiquette. Pour son entrée en politique nationale, elle reprend son nom de naissance. Le choix de Romain Lemoigne raconte, lui aussi, cette volonté d’ancrage. À 25 ans, le jeune maire incarne aux yeux de Marie-Caroline Le Pen « le symbole du renouveau politique en Sarthe ». Et son parcours récent donne du poids à la formule.
La Flèche, puis les maires
En mars dernier, Romain Lemoigne est devenu maire de La Flèche, deuxième ville de la Sarthe et sous-préfecture. Un résultat qui avait tout d’un pari : la ville était dirigée par la gauche depuis plusieurs décennies. Le candidat RN l’a pourtant emporté avec 46,75 % des voix. Mais le véritable tournant est intervenu quelques semaines plus tard. Le nouveau maire a été élu président de la communauté de communes du Pays fléchois par 22 voix contre 19. Il était pourtant le seul maire RN de l’intercommunalité. Des élus qui ne sont pas issus du Rassemblement national ont donc choisi de lui accorder leur confiance. Pour Marie-Caroline Le Pen, interrogée par BV, c’est précisément là que se situe le changement : « On passe d’une victoire municipale à une victoire au niveau des votes des maires. »
Le phénomène est d’autant plus intéressant que cette élection ne repose pas uniquement sur l’étiquette politique de Romain Lemoigne. Son projet de donner davantage de place aux communes rurales, en évitant que La Flèche ne soit hégémonique au sein de l’intercommunalité, aurait convaincu plusieurs maires. Pour Marie-Caroline Le Pen, « il y a un basculement au niveau des maires ». Autrement dit, le RN ne gagne plus seulement des électeurs. Il commence à gagner la confiance d’élus locaux qui ne sont pas nécessairement de son camp.
Des années de terrain pour changer de dimension
Cette évolution n’est pas arrivée par hasard. Depuis les législatives de 2024, Marie-Caroline Le Pen et les cadres sarthois ont multiplié les déplacements, les marchés, les comices agricoles, les rencontres avec les élus et les formations militantes. La victoire de La Flèche est venue récompenser ce patient travail d’implantation. « On fait énormément de terrain, ça paye », reconnaît-elle auprès de BV. Elle prend toutefois soin de ne pas personnaliser cette réussite : « C’est le travail de tous les militants, de tous les cadres ».
La méthode vise désormais à faire de la Sarthe un point d’appui pour l’ensemble de l’Ouest. La conquête de La Flèche constitue, selon elle, un changement de dimension pour un mouvement qui reste moins performant dans cette partie de la France. Elle évoque même « un coup de vitamine C » donné au RN dans l’Ouest.
Le choix de composer une liste mêlant élus ruraux et représentants des villes participe de cette stratégie. Avec un agriculteur-éleveur, Virginie de Gaulle, mais aussi Victoria Vigneral, tête de liste RN au Mans, Marie-Caroline Le Pen affirme vouloir défendre la ruralité sans opposer celle-ci aux centres urbains : « Je pense qu’il ne faut pas opposer la campagne à la ville. »
Les sénatoriales comme nouveau test
Le scrutin du 27 septembre constitue donc une nouvelle étape. En 2020, le RN n’avait obtenu que 22 voix dans la Sarthe, soit 1,44 %. Depuis, le mouvement a gagné une mairie, obtenu des élus communautaires et surtout démontré qu’un maire RN pouvait être choisi par des maires qui ne le sont pas. Le scrutin sénatorial, avec ses grands électeurs et son vote à bulletin secret, reste toutefois difficile à prévoir. Marie-Caroline Le Pen se garde de tout pronostic. Elle préfère retourner sur le terrain : « Je vais voir le maximum de grands électeurs, je fais tous les comices ».
Le nom de Gaulle a donc offert à cette liste une lumière médiatique immédiate. Mais son véritable enjeu est ailleurs. Après La Flèche et l’intercommunalité, le RN veut vérifier si le patient travail d’implantation locale peut désormais franchir une nouvelle étape : passer du terrain au Sénat.
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Un commentaire
Aux élections européennes de 2024 la liste Bardella était arrivée en tête dans 90% des communes, donc dans beaucoup de communes rurales et de petites villes de nos campagnes. Au cours du printemps 2026, il y a forcément des maires qui ont été élus mais qui sont électeurs RN! Dans la Sarthe il y a eu lors de l’élection intercommunale des maires de communes autour de La flèche qui ont pu voter pour un maire RN pour le poste de président d’intercommunalité…