Après avoir annoncé abolir la flagellation, l’Arabie saoudite renonce, depuis dimanche, semble-t-il, à condamner ses mineurs à la peine capitale. Selon Le Monde, « ce décret devrait épargner au moins six hommes de la communauté musulmane chiite, minoritaire dans le royaume sunnite, qui avaient été condamnés à mort pour participation à des manifestations antigouvernementales alors qu’ils étaient âgés de moins de 18 ans ». Parmi eux, le jeune chiite Murtaja Qureiris, en détention depuis l’âge de 13 ans, coupable d’avoir participé à des manifestations de la minorité chiite alors qu’il n’avait que 10 ans.

Peut-être la perspective d’un avenir économique sombre, crise pétrolière oblige, a-t-elle convaincu le prince Mohammed ben Salmane d’améliorer son image auprès des pays occidentaux ? Son règne avait, en effet, débuté sous de mauvais auspices avec l’encombrant assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul en 2018 et la séance de flagellation du blogeur Raif Badawi relayée abondamment par les médias occidentaux. Le pays est régulièrement dénoncé par les organismes de défense des droits de l’homme pour la sévérité de son système répressif. Pour la seule année 2019, Amnesty Internationale relève que « les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes soit le nombre le plus élevé jamais enregistré en une seule année dans le pays ». Des condamnations qui, pour la plupart, s’appliquent à des contestataires du régime.

Un pays dans lequel il est plus que recommandé de pratiquer la religion musulmane. Si l’homicide, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue, la sorcellerie, l’adultère, la sodomie, l’homosexualité, le sabotage, le terrorisme, la trahison, l’incendie volontaire et l’apostasie sont passibles de la peine capitale, l’exécution peut prendre plusieurs formes. Dans le meilleur des cas, la décapitation par le sabre ou la lapidation en cas d’adultère. Mais le supplice de la crucifixion est en vigueur et appliqué. Comme en août 2018, à La Mecque, théâtre d’une mise à mort par crucifixion d’un condamné pour meurtre, vol et tentative de viol. Charmant pays…

Ces pratiques barbares semblent, à nos yeux d’Occidentaux, un comble de l’horreur. Nous croyons, à tort, que nos seuls droits de l’homme nous ont permis d’éradiquer ces pratiques qui nous paraissent ancestrales. En oubliant un peu vite le poids de notre héritage chrétien qui a imprégné nos règles de droit et enseigné les valeurs de dignité de l’homme, de pardon et d’amendement. En Arabie saoudite, les règles du Code pénal sont dictées par la charia, qui exclut cette notion de rédemption.

Récemment, les responsables gouvernementaux d’Arabie saoudite ont rappelé que l’homosexualité, l’athéisme et l’apostasie demeurent des crimes. Le sort réservé aux homosexuels n’est pas très enviable : peines de prison et flagellation sont les peines les plus communément prononcées. Le sort des chrétiens est bien souvent passé sous silence. En août 2008, une jeune fille saoudienne convertie au christianisme fut exécutée, la langue coupée. Peu de chrétiens, sur cette terre d’islam, car ils risquent la mort. Monseigneur Ballin, qui avait vécu 45 ans dans le monde arabo-musulman, déplorait « n’avoir jamais baptisé aucun musulman ».

Ceux qui persistent sur le sol saoudien sont, pour l’essentiel, des travailleurs immigrés (entre 1,5 et 2,3 millions, selon l’ONG In Defense of Christians). Dépourvus de tous lieux de culte (les églises, temples et synagogues sont proscrits), ils s’exposent, lors de leurs réunions privées, à des descentes régulières de la part des autorités saoudiennes. Arrestations, tortures et expulsions hors du pays sont fréquentes. Un pays dans lequel lire la Bible dans l’espace public est formellement interdit. Les autorités ont, récemment, rappelé leur intolérance en la matière.

Une situation à méditer en cette période où nous prenons mille précautions pour que la célébration du ramadan, en France, puisse se faire dans les meilleures conditions…

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