La Seine-Saint-Denis lance une campagne « Ici, on parle français et… »

La Tour de Babel (détail), Pieter Bruegel l'Ancien. © Wikipedia
La Tour de Babel (détail), Pieter Bruegel l'Ancien. © Wikipedia

Les Jeux olympiques de Paris 2024 arrivent à grands pas. L’événement devrait être l’occasion de faire rayonner la France et la culture française. Mais en Seine-Saint-Denis, il en sera autrement. Le Campus francophone et l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), bien aidés par le conseil départemental, ont décidé de profiter de la manifestation sportive pour mettre à l’honneur le... multiculturalisme.

Résultat : une campagne intitulée « Ici, on parle français et... », construite « sur un modèle simple d’étiquetage, à l’image des dispositifs déjà présents dans les commerces comme l’affichage pour le paiement par cartes bancaires ». Les « … » sont remplacés par les langues parlées dans les commerces. Selon le département, près de cent quatre-vingts langues seraient pratiquées sur son territoire. De quoi en perdre son latin. D’autant que, dans la multitude des idiomes utilisés, peu ont des racines latines. Pour beaucoup, ce sont des dialectes, des patois ou des langues régionales davantage que des langues nationales. Parmi les différents exemples donnés par les organisateurs de la campagne, le peul, langue d’Afrique de l’Ouest, le kabyle et le tamazight, le soninké, parlé principalement au Mali ou, plus classique, le créole…

Une promotion de l’immigration à peine dissimulée

L’objectif de cette démarche serait, entre autres, de permettre un meilleur accueil des touristes. C’est, en tout cas, la justification que lui ont trouvée les organisateurs. Dans les faits, il s’agit plutôt de faire la promotion de l’immigration à travers la linguistique. Ce qui prend tout son sens, en Seine-Saint-Denis, « un important bassin migratoire », comme l’explique à BV Marie Caroline Saglio, la directrice du diplôme universitaire « Hospitalité médiations migrations » à l'INALCO, à l’origine du projet.

Selon elle, « toutes les populations de migration sont des populations qui ont une richesse linguistique très importante, exceptionnelle et très peu connue ». Elle nous précise : « C’est un patrimoine exceptionnel. » Elle va même plus loin, en précisant que « la question de la transmission est essentielle ». Pas question d'assimilation.

Le Grand Remplacement linguistique ?

Pour l’universitaire, le patrimoine de la France, ce sont les langues étrangères. Pourtant, si l’on en croit le Larousse, le patrimoine est un « bien qu'on tient par héritage de ses ascendants ». Caroline Saglio explique, également, que si rien n’est fait pour représenter ces langues issues de communautés qui viennent parfois tout juste d’arriver, « il y a un patrimoine qui disparaît ». Ainsi, le patrimoine ne serait plus un héritage mais un conglomérat de cultures récentes, peu importe s'il dilue l’identité de la France et sa culture.

Si l’on suit cette logique, les langues françaises pourraient ne plus être le français et les langues régionales (le corse, l’occitan, le catalan, le breton et autres) seront, demain, considérées comme le wolof, une langue nigéro-congolaise, le lingala, venue du Congo, le bengali, parler du Bengale, ou le persan... Une menace pour les langues régionales dont l’emploi est de plus en plus rare et pour une langue nationale qui s'appauvrit. D’aucuns y verront la définition du Grand Remplacement linguistique.

Vos commentaires

30 commentaires

  1. A une époque pas si lointaine on interdisait aux écoliers breton de s’exprimer dans leur langue maternelle, sous peine de sévices. Pourquoi nos envahisseurs ne se voient-ils-pas imposer d’apprendre le français s’ils veulent s’installer en France ? Les bretons se sont soumis à la volonté de leurs colonisateurs. Les français vont bientôt devenir un peuple colonisé, mais avec toutes ces langues diverses etvariées, surtoutorientales, nous auront du mal à nous en sortir.

    • Mon père , né en 1904 , est allé à l’école de 9 à 12 ans où Il a appris le français . Il était gaucher et le maître lui tapait sur les doigts ! Souvent , il a porté le « symbole » , un vieux sabot troué autour du cou car il avait beaucoup de difficulté à écrire et à parler . En français il bégayait terriblement . Quelle ne fut pas ma surprise de l’entendre discuter en breton avec le directeur du collège : il ne bégayait pas du tout ! Et je me souviens un soir qu’il m’avait apporté du linge ( j’étais pensionnaire ) , je lui parlais en breton , il m’avait répondu en français . Il ne s’était pas rendu compte du fait ! Malheureusement , à la maison , comme ma mère était gallèse , nous parlions gallo … Et aujourd’hui , à 86 ans , j’ai beaucoup oublié … Hélas !

  2. Je crois que la aussi, on cherche à inverser les responsabilités de cet état de faits. Il est normal, que si on laisse des personnes venant de d’autres horizons et cultures, s’installer sur notre sol sans y mettre un minimum « d’ordre », ils font comme nous le ferions aussi dans une situation similaire, utiliser leur langue maternelle pour communiquer. La première des responsabilités, est bien la nôtre.

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Revivez le Grand oral des candidats de droite

Les plus lus du jour

L'intervention média

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois