Annulation d’un festival de musique électro à Roubaix : David Guiraud (LFI) contre la culture
Les indignations contre les mairies RN qui s’attaqueraient à la « culture », on connaît. Un compte X consacré à la surveillance de ces mairies s’en fait régulièrement l’écho. Mais quid des mairies LFI qui prennent des décisions semblables en mettant fin à un financement, à un partenariat ? Là, les réseaux sociaux et les médias se montrent beaucoup plus discrets. Quand ils en parlent, ils sont tout coincés. Démonstration avec deux exemples.
Un festival déconnecté des habitants
Le festival de musique électronique NAME, qui se tenait chaque année à Roubaix (Nord), n’aura pas d’édition 2026. Le maire LFI de la ville, le contestable David Guiraud, a expliqué la raison du moratoire qu’il a décrété. Ce festival, « les habitants n'y participent pas, ils ne s'y sentent pas les bienvenus », il « se fait sans eux ». Quel aveu d’un décalage entre une programmation culturelle et le souhait de ce que veulent les administrés ! Si un maire RN posait ce constat, il se ferait traiter de populiste.
David Guiraud ne s’arrête pas là : « Pire : les nuisances sont devenues à ce point invivables que beaucoup d'entre eux [les habitants] quittent leur quartier, voire la ville, le temps du festival. » Là, on est dans la gestion « bon père de famille ». Baissez le son de la sono ! Doucement, les basses ! Pas de bruit dans l’escalier après 22 heures… Un maire RN brandirait cet argument, qu’est-ce qu’on n’entendrait pas sur les goûts musicaux des boomers d’extrême droite ?
N’exagérons pas cette histoire de bruits, bien réelle mais qui cache un autre problème. « Les habitants de Roubaix comptent, leurs vies et leurs avis comptent » (vous avez la ref : Black Lives Matter). Or, continue David Guiraud, le quartier concerné est un quartier « populaire ». En clair : pour un certain type de population, la musique électro est un OVNI culturel et David Guiraud ne la lui imposera pas. Conséquence : c’est le RN qui en vient à défendre le festival NAME, par la voix de Céline Sayah, conseillère municipale d'opposition à Roubaix. Selon elle, David Guiraud « cède au clientélisme culturel ». Au sujet de ce quartier du Pile, « quartier gangrené par la pauvreté et l’insécurité », elle doute que la musique électro « soit la première nuisance que les habitants subissent ».
À Creil, y a pas photo
Dans l’Oise, c’est Omar Yaqoob, maire de Creil LFI, qui fait parler de lui. Depuis 2012, la Communauté d’agglomération Creil Sud Oise versait 120.000 euros à chaque édition de la biennale Usimages, où des photographes travaillent sur l’industrie, le syndicalisme, les migrations… des trucs « de gauche », quoi. Président de l’agglo, Omar Yaqoob annonce que c’est fini. Il s’abrite derrière les autres maires : « Ils disent qu’elle [la biennale] ne drainait pas tant de monde que ça et ne valorisait pas tant que ça le territoire. » Comme à Roubaix, les populations ne se sentaient pas concernées. L’avis est sévère et devrait déplaire aux cultureux en cause.
La question du fossé entre cet événement et la population se pose d’autant plus que les ouvriers votent désormais RN, tandis que la population de Creil est fortement immigrée : selon les sources officielles, 62,4 % de la population de la ville vit en quartier prioritaire. Clientélisme, là encore, de la part d’Omar Yaqoob ?
Cultureux et Nouvelle France
On peut le subodorer, même s’il met en avant l’argument budgétaire. Argument que Libération trouve légitime, tout comme le président de la biennale ! Il n’en va pas de même quand il s’agit des mairies RN, que Libé accusait de « saboter » la culture. Y a plus de sous ? Pas exactement. À Libé, le maire de Creil explique « vouloir orienter sa politique culturelle plutôt en direction des "jeunes des quartiers populaires" et militer pour que la Faïencerie, le théâtre de Creil, obtienne le label Scène nationale ». Soulagement chez les théâtreux… jusqu'au prochain budget.
Un lieu commun politique affirme que « le RN a un problème avec la culture ». Et La France insoumise ? Mais les associations culturelles de France et de Navarre ne se lèveront pas pour défendre NAME et Usimages. Elles garderont les pétitions dans leurs tiroirs. Il faut lire l’article de Libération consacré à la question, tout en contournements, en réticences, pour mesurer le malaise et discerner entre les lignes une douloureuse prise de conscience : les cultureux « de souche » ne pèseront pas lourd dans la Nouvelle France.
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50 commentaires
Je comprends le maire de Roubais: la musique est haram. Electro ou pas. Alors il suit ses mandants…
En réponse il faut couper toutes les vivres des structures de lfi qui fonctionnent avec mes impôts, il faut toucher au pognon c’est simple.
S’il préfère, on peut remplacer ce festival par une fête du Canon Français !!! ou des concerts de musiques médiévales de l’époque des Templiers !! ce serait pas mal !!!!!
cela devait se passer dans un quartier en majorité d’extrémistes musulmans où la musique est impure .le Liban , l’Iran et bientôt la France UK ! A qui le tour dans l’UE?