Une des conséquences de la situation catastrophique de l’économie vénézuélienne est que, semble-t-il, le ne peut plus assurer aussi généreusement qu’il le faisait, du temps de Chávez, les livraisons de pétrole à Cuba.

De Moscou, l’on apprend que Raúl Castro a écrit à Vladimir Poutine pour demander un approvisionnement régulier en pétrole et ses dérivés à Cuba, à cause des problèmes actuels du Venezuela. Ainsi, les difficultés de ce pays affecteraient l’approvisionnement de l’île. L’on sait que le Venezuela a importé, en janvier de cette année, 550.000 barils de pétrole des États-Unis. Les gisements actuels s’épuisent et, faute d’argent, le gouvernement de Maduro n’a pas investi dans de nouveaux sites. Les sociétés pétrolières internationales n’ont guère envie d’aller investir au Venezuela, et cela se comprend.

D’autre part, en juillet dernier, les autorités cubaines ont annoncé des mesures d’économie d’énergie. À La Havane, il a alors fallu chercher de nouvelles sources d’approvisionnement sur les marchés internationaux et les Cubains ont choisi Moscou pour obtenir des prix et des conditions de financement favorables. On ignore encore le volume de pétrole demandé, mais le gouvernement cubain a déclaré qu’il garantirait le strict respect de ses obligations s’il parvient à signer un contrat avec la Russie.

Le ministre de l’Économie russe a déjà alerté sur le risque important que représente la capacité de paiement de Cuba et a proposé d’impliquer les compagnies pétrolières russes qui ont des projets d’investissements à Cuba, comme l’entreprise publique Rosneft.

Les livraisons de pétrole russe à Cuba sont encore rares ; au premier semestre 2016, la Russie a exporté à peine 1.400 tonnes de brut pour un montant d’environ 220.000 euros. Le Venezuela livrait environ 100.000 barils par jour, mais il est très difficile de vérifier l’exactitude des chiffres, tant au Venezuela qu’à Cuba. L’île produit 4 millions de tonnes de pétrole et de gaz, destinés principalement à la production électrique, et ne fournit ainsi que la moitié de la consommation du pays.

Zoé Valdés, dans le livre La Fiction Fidel (Gallimard, 2009), évoque les coupures d’électricité : « Les Cubains ne disposent que de quatre à six heures d’électricité par jour » et, précise-t-elle, « la situation s’est un peu améliorée grâce au pétrole vénézuélien » (en 2008 !).

Rappelons que Fidel Castro avait toujours convoité le pétrole vénézuélien et réussi à faire signer, à Chávez, en 2002, un « supposé » contrat d’échange pétrole contre médecins (et gardes du corps, espions et entraîneurs sportifs cubains) pour, initialement, 80.000 barils par jour, puis les livraisons de pétrole vénézuélien étaient passées à 100.000 barils par jour, et jusqu’à 120.000 barils par jour.

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