Audio - Editoriaux - International - 18 avril 2019

José Maria Ballester : « Pour la première fois depuis 40 ans, l’enjeu de ces élections est considérable ! »

José Maria Ballester analyse la situation politique en Espagne, à dix jours des élections législatives, cruciales pour la stabilité de l’Espagne, avec la question catalane, la question migratoire et la montée du parti populiste Vox, en pleine expansion.

Les élections législatives en Espagne approchent. Quels sont les véritables enjeux de ces élections ?

Ces élections sont cruciales. La stabilité de l’Espagne est en jeu. On joue très très gros, non seulement en matière économique, européenne ou d’éducation, mais surtout du point de vue constitutionnel. Il s’agit de savoir si nous allons pouvoir garder notre système constitutionnel. Il nous a permis, malgré tous ses défauts, de profiter de quarante ans de prospérité.
Ces élections sont les plus graves depuis les premières élections démocratiques de 1977.

Après avoir émergé dans des élections locales en Espagne, le parti Vox peut-il peser au niveau national ?

Il peut peser de deux façons. Soit la droite libérale de Ciudadanos, la droite classique du Parti populaire et la droite conservatrice de Vox obtiennent les sièges suffisants pour gouverner. Soit ce n’est pas le cas et, alors, tout le monde dira à Vox « Vous avez réussi à éparpiller les voix de la droite et vous allez permettre à monsieur Sánchez de rester quelques années de plus ». C’est le dilemme…

Le problème catalan sera-t-il un des débats importants de ces élections législatives ?

Ce sera le sujet central. Il y aura deux débats télévisés dans les jours à venir. Monsieur Sánchez participera à l’un d’eux. Il sera la cible du reste de ses contradicteurs. Ils ne le lâcheront pas d’une semelle sur le sujet catalan. Une très forte mobilisation aura lieu en Catalogne, autant du côté indépendantiste que du côté constitutionnaliste. On verra ce qu’il en est le 28 avril. Si vous me permettez l’expression familière, cela s’annonce très chaud !

Qu’est-ce qui pourrait entraîner un changement de gouvernement au niveau européen ?

Aucun parti espagnol ne soutient la sortie de l’Union européenne, y compris Podemos du côté gauche et Vox du côté droit. Chacun, à sa manière, est favorable à ce que l’Espagne reste dans l’Union européenne. Au vu de sa crise politique institutionnelle interne, je ne pense pas que l’Espagne soit en mesure de prendre des initiatives en matière européenne comme du temps de José María Aznar. L’Espagne va être très discrète. Je pense qu’elle ne s’opposera pas à la volonté majoritaire de l’Union européenne. Avec un gouvernement de droite, elle risque d’être plus ferme sur les sujets d’immigration. N’oubliez pas que l’une des premières mesures de Pedro Sánchez, arrivé au pouvoir il y a dix mois, a été de laisser accoster un bateau plein de réfugiés dans un port espagnol.

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