Baisse de la natalité : le Haut Conseil à l’égalité dézingue la maternité
Le « réarmement démographique ». Le 16 janvier 2024, Emmanuel Macron donne une grande conférence de presse à l’Élysée durant laquelle il annonce vouloir contrer la baisse de la natalité en France. Depuis, la natalité n’a cessé de baisser. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, en 2025, la France a même enregistré un solde naturel négatif.
Face à ce constat alarmant, les pouvoirs publics devraient, semble-t-il, songer à des solutions ou imaginer des politiques incitatives afin que les femmes de France aient la possibilité et l’envie de faire plus d’enfants. C’est tout le contraire. Pour preuve, un rapport intitulé « Du plancher collant au plafond de mère », publié le 9 septembre dernier par le Haut Conseil à l’égalité (HCE), une instance placée auprès du Premier ministre, qui décrit principalement la maternité sous l'angle des pénalités, des contraintes et des violences et semble avoir pour unique but d’anéantir tout désir d’enfant chez les Françaises.
À commencer par l’introduction, où est dénoncée « une organisation sociale dans laquelle les femmes continuent d’assumer une part disproportionnée du travail parental, domestique et émotionnel ». Le rapport prévient, ensuite, ces dames qui auraient eu l’idée saugrenue d’enfanter : à vous « les pertes de revenus, les carrières ralenties, les temps partiels subis, les retraites diminuées, les patrimoines moins constitués et les dépendances économiques ». Cette situation appelée « pénalité maternelle » est détaillée et expliquée tout au long du document.
La maternité, quelle plaie !
Ses raisons sont évidemment les stéréotypes de genre, les discriminations liées à la grossesse et à la maternité, les sacrifices et la culpabilisation des mères, le couple « perpétuation du modèle patriarcal », la charge mentale… À ce sujet, par exemple, il est écrit : « Les femmes assument davantage les tâches routinières, quotidiennes, peu différables et peu visibles : repas, linge, ménage, soins, devoirs, rendez-vous, démarches administratives et organisation générale. Les hommes participent davantage à des tâches plus ponctuelles, programmables ou valorisables, comme le bricolage, certaines activités extérieures ou certains loisirs avec les enfants. » Papa construit des cabanes dans les arbres tandis que maman étend le linge. Le rapport est un tantinet caricatural.
Ce n’est pas le pire. De bout en bout, les femmes sont présentées comme des victimes de la société dont la situation s’aggrave avec la maternité. À peu près rien de positif n’est mis en avant pour parler de la condition des mères et de la vie de famille. Toute cette publication repose sur un regard individualiste de la personne. L’accent est mis sur ce que les mères ne peuvent plus faire ou sur les difficultés qu’elles rencontrent, jamais sur ce que la maternité leur apporte ou sur l’importance de cette mission.
Elles sont aussi en permanence opposées aux hommes, même dans l’union. Sur la question de l’imposition commune, le HCE indique : « La conjugalisation augmente en moyenne de 6 points le taux marginal d’imposition du conjoint aux ressources les plus faibles, dont les trois quarts sont des femmes, tout en diminuant de 13 points celui du conjoint aux ressources les plus élevées. » Le partage des dettes comme des richesses, notamment dans la construction d’un patrimoine commun et non individuel, dépasse totalement l’organisme qui, par ailleurs, n’envisage pas une seule seconde qu’une femme puisse s’épanouir et trouver son compte dans le fait de ne pas travailler ou même de travailler moins pour offrir de son temps aux siens.
Vous avez encore envie de vous marier et d’avoir des enfants ? Attendez la suite. « La grossesse et l’arrivée d’un enfant sont des périodes où les violences peuvent s’intensifier ou devenir plus fréquentes », met en garde le rapport. Et, attention, une fois l’accouchement passé, ce n’est pas terminé : « Le post-partum peut également être utilisé comme un moment de domination. » Vient ensuite le temps de la séparation où « les violences ne cessent pas ». Les auteurs alertent : « Lorsque l’auteur perd le contrôle quotidien de la victime, il peut chercher à le maintenir par l’argent, le logement, les enfants, les procédures ou les institutions. » Enfin, la monoparentalité, qui selon la logique du HCE devrait être une libération, « concentre les effets de la pénalité maternelle. Elle associe souvent un seul revenu, une charge parentale principale, des pensions parfois irrégulières, des horaires contraints, une moindre disponibilité professionnelle, un accès plus difficile au logement, une pauvreté du temps et une charge administrative accrue. » Dans « mère célibataire », le mot mère est encore de trop. Le dernier chapitre est quant à lui consacré à la maternité en ruralité et, sans grande surprise, c’est pire ! C’est même à se demander pourquoi il y a encore des enfants à la campagne.
La famille, quelle tuile !
Résumons : la maternité et la vie de famille sont deux choses horribles qui dévalorisent les femmes et les mettent profondément en difficulté. Soyons sérieux. Non, avoir des enfants n’est pas toujours une sinécure (pour les femmes comme pour les hommes). Il y a évidemment des problèmes à gérer, un surcroît de linge dans la machine, le petit dernier qui n’aime pas les carottes et repeint les murs avec, un rendez-vous chez le médecin qui tombe mal, les devoirs, les disputes dans la fratrie et autres, mais si la parentalité était aussi atroce que ce que décrit l’instance consultative, la fin de l’humanité n’aurait-elle pas eu lieu depuis belle lurette ?
Indéniablement, le Haut Conseil à l’égalité œuvre en ce sens en avançant de nombreux arguments en faveur de la destruction de la famille sous couvert de vouloir libérer les femmes du joug de l’oppresseur ici nommé la maternité. En témoignent les dernières pages du document consacrées aux recommandations qui ont pour principaux objectifs de « déconstruire les normes », « sécuriser l’autonomie économique » et « faire de la parentalité une responsabilité collective ». Pour le réarmement démographique, il faudra donc repasser.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































43 commentaires
Quand j’étais enfant (c’était la guerre) les mamans accouchaient à la maison; une sage-femme venait surveiller et guider les différentes phases de l’opération. La maternité n’était pas une obligation étant donné le peu qu’il y avait !
Même après, ma mère et mes deux oncles sont nés à la maison avec une sage femme et mon grand père qui a aidé à mettre au monde ses trois enfants
Heureusement pas de complications
La gauche excelle dans la création de comités Théodule où la pensée, travestie et dénaturée, se noie dans des délires irrationnels. Produire de la bêtise reste le domaine de prédilection de la gauche.
Le « haut conseil à l’égalité » fait partie des 300 et quelques comités théodule qui coutent des fortunes et ne servent à rien sinon à placer les « potes ». A supprimer dès que possible.
Faire état de leurs élucubrations, c’est leur attribuer une importance qu’ils ont pas.
Je connais des papas qui font des cabanes avec leurs enfants et qui font AUSSI le linge, la cuisine, les courses, conduire les enfants à l’école, et toutes les réparations dans la maison!!! beaucoup de papas actuels sont admirables !
Bizarre comme article =
Moi, je préfère étendre le linge et faire la cuisine, plutôt que de descendre les poubelles sur le trottoir….
La maternité est pourtant le summum de la maternité. Et une paternité responsable met en valeur cette même maternité. J’en veux pour preuve que les mères de familles nombreuses sont souvent très heureuses.
Encore un de ces 567 comités Théodule aussi inutile qu’onéreux, à supprimer dès 2027
Ma mère était femme au foyer. Dans mon enfance j’ai été témoin des affronts dont elle a été victime, uniquement parce qu’elle ne travaillait pas, comme si tenir une maison n’était pas, aussi, une charge, un travail. Ces réflexions dévalorisantes provenaient essentiellement de « dames », parfois nos invitées qui, elles, avaient une profession, voire une vocation : « elles gagnaient leur vie, elles tenaient à leur dignité ». Ce discours disait implicitement à ma mère, qu’en restant à la maison elle se faisait entretenir, qu’elle n’était donc pas une femme « digne »… Cette posture a fait école au point de devenir stigmatisante pour tout ce qui concerne la femme qui souhaite se consacrer à son rôle de mère, en faisant abstraction du monde du travail. Les femmes devraient avoir le choix, sans qu’il soit porter de jugement de valeur sur celui-ci.
Encore un « haut conseil » à éliminer et donc des économies en vue. Ce conseil ne sert à rien qu’à détruire la famille et l’égalité de plus en plus aléatoire dans notre pauvre France.
Il faut se souvenir de ces propos curieux des écologistes durant un de leur grand rout, qui prennent pour modèle les sociétés africaines oú (prétendument) les enfants n’appartiennent pas aux familles qui les ont mis au monde mais à toute la communauté villageoise… un nouveau collectif fort sympathique auquel nous rêvons tous…et qui explique sans doute la situation de nombreuses familles monoparentales resultant de la desertion du foyer par les géniteurs en vadrouille…
Je partage totalement ce que dit « je cause » j’ai été élevée avec une mère qui ne travaillait pas, je plains les enfants dont la mère qui la plupart est totalement dépassée par la montagne de travail qu’il y a déjà à faire à la maison. Et si en plus elle doit passer huit heures dans un bureau ou ailleurs. Comment voulez-vous que l’ambiance à la maison ne soit pas survoltée ? Moi aussi je pense que la place de la femme doit être à la maison, sauf bien sûr la célibataire qui elle est bien obligée de travailler pour subvenir à ses besoins. Alors oui 1000 fois oui, il faut que l’homme soit suffisamment bien payé, afin de permettre à sa compagne de rester à la maison et de bien élever ses enfants et ne pas les faire vivre dans une ambiance où il faut chaque matin, se lever aux aurores pour préparer les enfants et les porter chez la nourrice. Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir un mari qui m’a permis de rester à la maison et j’ai toujours mesuré la chance que j’ai eue. J’ai pu ainsi élever mon fils dans la sérénité et l’élever avec des principes qu’il a toujours gardés.
J’ai également vu le commentaire de ni Lady ni Gaga et je suis tout à fait d’accord avec son avis. Faire des enfants pour les mettre dans le monde tel qu’il est est une grande responsabilité. Je comprends tout à fait les femmes qui ne veulent pas prendre cette responsabilité, c’est une question de conscience.
Pourquoi ce truc ne va pas prêcher à Mayotte où l’on fait des gosses à la pelle et où l’on tolère même la polygamie ?
Peur de se faire lyncher ?
On a bonne mine de dénoncer « les pertes de revenus, les carrières ralenties… » pour les mères au travail, dans une société où les femmes, mères de famille ou non, ont un salaire en moyenne 22% inférieur aux hommes!
Oui la maternité doit être récompensée par la société et rendre au femme leur dû
Rien d’etonnant
Le constat du HCE est factuel. Le HCE joue son rôle. Aux politiques et à la société d’y remédier.
Je n’ai pas l’impression que ce qui est souhaité chez BV, vous préférez voir vos femmes à la maison, se taire, ne pas se plaindre, ne pas sortir.
C’est ça l’avenir promis aux femmes par le RN ?
Je partage votre avis. BV a une fâcheuse tendance à avoir une conception de la famille que ne renierait pas MGR Lefevre.
Et je suis d’accord car il s’arrêtent trop a la tradition, car meme dans le texte polémique de saint Paul il est ecrit : Maris, aimez votre femme comme Christ a aimé l’Eglise. Il s’est donné lui-même pour elle…
C’est très fort, on se donne sa femme jusqu’au sacrifice de sa vie si c’était nécessaire.
Après je ne pense pas que ce soit la philo du RN, avec une femme comme présidente du parti et des députés femme en bonne proportion par exemple.
Non c’est autre chose.
D’ailleurs je suis plus inquiet par rapport aux cultures patriarcales et l’excuse de la religion du foulard sur la tete du Maghreb, Mashrek et subsaharienne- dont nombres de femmes se plaignent – que le RN…
N’oubliez pas que le droit de vote des femmes c’est De Gaulle et pas le front populaire en 1936…