À la grande révolution culturelle prolétarienne est en train de succéder une révolution culturelle progressiste. Le prolétaire a cédé sa place tant convoitée d’opprimé aux minorités dites spoliées : sexuelles défendues par la mouvance LGBT, les racisés, par les indigénistes, les victimes du patriarcat blanc, par les féministes. La lutte qui soude et fédère la majorité de ces nuisances idéologiques est celle d’abattre un ennemi commun : l’homme blanc.

L’homme blanc doit donc être remplacé. À cet égard, la de la culture autorisée impose un endoctrinement à sens unique. Une appropriation culturelle qui va systématiquement en faveur de ces minorités. Par exemple, l’arabe qui remplace le latin pour les origines de la langue de Molière. Au cinéma, le risque est faible de voir Dany Boon en Nelson Mandela, Gérard Jugnot en Martin Luther King ou Josiane Balasko en Rosa Parks. Par contre, l’origine africaine de Marguerite d’Anjou, d’Achille ou de Jules César ne fait plus aucun doute, à l’instar d’ pour le collègue Knock ; vivement Sy en Sissi impératrice. Dans le jargon des valeurs républicaines, ce « blackwashing » se prononce « ernottisation » obsessive de l’espace audiovisuel et publicitaire, qui vient notamment contrecarrer la nauséabonde « zemmourisation » des esprits.

À Hollywood, une nouvelle obsession woke a vu le jour : l’addiction à l’héroïne. De nombreux films à gros budgets remplacent la figure du héros et/ou super-héros masculin par des actrices à la plastique bien moulée. En général, il s’agit d’un concentré de clichés féministes et progressistes où, souvent, le Blanc tient le rôle du mauvais et/ou de l’abruti de service. Ces navets, à la devise libérée, délivrée, sont d’ailleurs très souvent des bides commerciaux ; la mayonnaise avec le public ne prend pas. Libérées, délivrées, d’accord, mais surtout fauchées.

Certaines voix commencent à se lever contre cette nouvelle addiction. Celle de l’actrice britannique Emma Thompson, par exemple, qui critique cette tendance dominante : « Il ne suffit pas de simplement donner une arme à une femme et de la faire agir comme un homme, d’en faire une dure à cuire […] les films devraient plutôt utiliser la féminité d’une femme comme source de son héroïsme. » « Si elles sont féminines comme elles l’étaient auparavant, les femmes ne sont plus les bienvenues. Elles ne sont plus autorisées à pleurer, parce qu’apparemment, nous devons juste être comme les hommes. » « Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas les ressources de faire du Superman, poursuit-elle, ce n’est pas là que réside notre héroïsme. Alors, comment pouvons-nous être héroïques ? » Et de conclure – âmes féministes s’abstenir : « Pourquoi n’y a-t-il pas de films sur l’accouchement, bon sang ! Est-ce que quelqu’un le sait ? Non. Tout notre héroïsme est caché, car ce que nous avons fait, c’est que nous venons de donner aux femmes les mêmes rôles que les hommes, et ce n’est pas le but. Comment pouvons-nous devenir nos propres vies et rendre ces histoires héroïques ? »

À une époque où l’avortement est encensé comme un droit inaliénable, un acte de bravoure, où une femme peut être un père, où le progressisme a remplacé la complémentarité homme-femme par une compétition des genres, suggérer que le don de la vie pourrait être considéré comme un acte d’héroïsme peut sembler une hérésie, une aliénation idéologique, pire, un dérapage, une polémique ou une grave menace à l’encontre de droits acquis de longue lutte.

Francis Parker Yockey, auteur d’Imperium, déclarait que « le a libéré les femmes d’une dignité intrinsèque à leur sexe pour les transformer en sous-hommes ». Et pour paraphraser Simone de Beauvoir, on naît femme, et puis, on devient un homme ?

2 janvier 2021

À lire aussi

Le monde après Trump

La digue Trump, déjà fissurée durant quatre ans par les inlassables coups de boutoir de la…