“En France, le message du souverain pontife est tronqué”

Qui est à l’initiative de ce voyage à Rome des élus de PACA ?

C’est une initiative de Monseigneur Pontier et des évêques de sa province : Fréjus, Toulon, Avignon, Nice, Gap, etc. Elle avait pour but de permettre à des élus de PACA de découvrir les institutions vaticanes.
Ce n’était pas un pèlerinage, mais un voyage organisé. Sont venus ceux qui souhaitaient faire cette rencontre. Il faut préciser que le trajet et le séjour étaient à la charge de chaque participant.

Qui avez-vous rencontré et qu’avez-vous retiré de ce voyage ?

Le moment fort a évidemment été l’audience privée avec le Saint-Père. J’ai eu l’occasion avec mon épouse d’échanger avec le Saint-Père et de lui confier des intentions de prière. Chaque participant a pu avoir un bref échange avec le pape.
Nous avons également rencontré son secrétaire d’État, le cardinal Parolin, le Monsignore qui fait office de ministre des Affaires étrangères. Nous avons débattu des thèmes qui font l’actualité dans le monde, et plus particulièrement en Europe, et notamment la question des migrants et celles de bioéthique. Il était très intéressant de constater que l’Église reste fidèle à une approche permanente dans les fondements de l’analyse sur ces deux sujets.
Sur les migrants, il y a bien un message évangélique d’accueil du migrant, de la personne en difficulté, mais les prélats nous ont rappelé que cet accueil doit se faire avec prudence et discernement, et en fonction des capacités d’accueil du pays concerné. On n’est donc absolument pas dans cette approche angélique et donc tronquée du discours du Saint-Père sur la question des migrants repris par les mouvements de gauche et la presse mainstream en France.

Ce voyage d’élus de sensibilités différentes a-t-il donné lieu a des relations cordiales ?

Nous avions en effet une parfaite transversalité sur l’échiquier politique. Nous avions le maire d’Arles qui est communiste, si je ne me trompe pas, jusqu’à notre ami Philippe Vardon du Rassemblement national et représentant du courant identitaire.
Nous avions un panel représentatif de ce qu’est le paysage politique français. Je dirais qu’il a soufflé quasi miraculeusement un vent de concorde. Les participants sont tous venus dans une démarche d’écoute et non de démonstration. C’est plutôt une très bonne chose.

Que retiendrez-vous de ce voyage à titre personnel ?

Je retiendrai que le message du souverain pontife est tronqué. On ne retient en France que ce qui permet de façonner les opinions sur les questions de bioéthique et de migration, entre autres.
En tant que catholique engagé en politique, je note qu’en renonçant à ses racines chrétiennes, par des années de déchristianisation à marche forcée, cette volonté politique portée par le laïcisme – cette religion d’État, largement soutenue par la franc-maçonnerie -, la France s’est privée de son système immunitaire. Elle n’est ainsi plus capable de se protéger de ce qui pourrait être considéré comme des agressions extérieures. Une arrivée massive de migrants peut être ressentie – et je crois que c’est le cas – par beaucoup de Français comme une sorte d’agression.
Mais comme nous n’avons pas un vecteur identitaire culturel fort pour nous en prémunir, je crains que la France connaisse, dans les mois et les années à venir, des heures sombres.

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