C’est bien connu, ceux qui prétendent que la règne en maître(sse) sur les médias de service public ne sont que des méchants. C’est donc par un hasard cosmique que l’émission de Culture « La suite dans les idées » de samedi après-midi recevait le philosophe et politiste Philippe Corcuff, auteur de La Grande Confusion.

Sans aller jusqu’à faire appel à la musique des Dents de la mer, l’animateur introduit toutefois le propos par le constat apocalyptique d’un espace public « embrumé, sans repères », plongé dans un « doute irrationnel » instillé par « enfumage », par de véritables « entrepreneurs en confusion hyper-conservateurs », qui « dès le début des années 80 [un coucou à ] s’imaginent en zélés disrupteurs de Gramsci ».

« L’extrême gagne la bataille des idées », c’est le sous-titre du livre, et inutile de dire qu’aux yeux de l’auteur, ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais on comprendra rapidement que, pour lui, sont d’extrême droite tous ceux qui ne sont pas de son avis…

Et ce qui l’agace, ce ne sont pas les droitiers ontologiques, consubstantiels, pervers psychopathes modèle Zemmour ou Le Pen, de toute façon irrécupérables. Non, ce sont ceux qui, comme lui, débutèrent à gauche – aux côtés de Jean-Pierre Chevènement à l’instar de Paul-Marie Coûteaux ou de , par exemple – et qui osent s’agacer aujourd’hui du , « fétichisent » la nation ou « disqualifient l’ et tout ce qui est mondial ».

Mais où est donc passé l’irréductible (et si confortable) clivage droite/gauche qui structurait les idées morales et politiques depuis quasiment la fin du XVIIIe siècle ? Comment a-t-il cédé la place à un « hypercriticisme confusionniste aux relents souvent complotistes » ?

Ce n’est pas dans l’amphigouri et les références à Foucault (pas Jean-Pierre, l’autre…) qui occuperont la majeure partie de l’émission que nous aurons la réponse à ces térébrantes questions. Mais ça pourrait se résumer par : « Si vous avez compris ce que je dis, c’est que je me suis mal exprimé… » Il est vrai que nous sommes sur France Culture.

Une seule chose est claire : malgré 650 pages de réflexion, l’idée selon laquelle des individus seraient tout simplement aptes à comprendre vers quelles catastrophes le socialisme mène systématiquement ne vient pas un instant à l’esprit du maître de conférences de science à l’Institut d’études politiques de Lyon.

Qui n’a jamais entendu « Celui qui n’est pas socialiste à 20 ans est un salaud, celui qui l’est encore à 40 est un imbécile »…

22 mars 2021

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