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Face au coronavirus, quelle autre stratégie ?

Alors qu’il y a quelques jours, la France renforçait ses mesures de confinement, d’autres pays, comme les Pays-Bas, décidaient de ne pas imposer de mesures de restriction, à part l’interdiction des rassemblements, considérant que la population serait bientôt largement contaminée et donc immunisée. C’est aussi ce qu’avait fait le Royaume-Uni jusqu’à ce que le Premier ministre ne revienne sur cette position et annonce un confinement national pour au moins trois semaines. En Suède, contrairement à l’ensemble des pays européens, il n’y a pas de confinement strict, seuls les rassemblements de plus de 500 personnes sont interdits. Dans certains autres pays, le confinement est moins strict et s’applique parfois uniquement aux personnes âgées, comme en Irlande, ou au Portugal, où la population est simplement invitée à ne pas se déplacer.

Dans le monde, d’autres pays n’envisagent pas de mesures de confinement très restrictives, comme le Brésil, la Corée du Sud, le Pakistan ou de nombreux pays africains. Ils font ce choix pour des raisons économiques, comme au Brésil, ou pour des raisons plus pragmatiques, comme au Pakistan et dans de nombreux pays où la population vit en dessous du seuil de pauvreté dans des bidonvilles sans eau courante, et sans la possibilité de faire quelques réserves alimentaires, il leur est donc très difficile de faire appliquer des mesures de confinement drastiques.

Tous ces pays espèrent cependant arriver à vaincre l’épidémie par ce que l’on a coutume d’appeler une « immunité de groupe » ou « immunité collective » ou encore « immunité grégaire » qui consiste à tenter d’enrayer la propagation d’une maladie contagieuse en laissant un certain pourcentage de la population se contaminer pour devenir immunisée. On estime que si les deux tiers de la population sont immunisés l’épidémie devrait s’arrêter. C’est ce qu’on observe avec la vaccination dans l’éradication de certaines maladies. Les personnes vaccinées ne sont plus contaminantes et l’épidémie finit donc par s’arrêter, même si 100 % de la population n’est pas vaccinée. Mais pour le coronavirus actuel, nous ne possédons pas encore de vaccin, certains dirigeants font donc le choix de laisser s’infecter un certain nombre de personnes afin d’obtenir un pourcentage de population immunisée suffisant pour arrêter la progression de la maladie.

C’est une stratégie risquée, qui ne fait pas l’unanimité, et le gouvernement britannique a donc décidé de faire marche arrière en début de semaine pour adopter des mesures de confinement plus strictes.

On peut se demander quelle est la meilleure solution, et très vraisemblablement, il n’y en a pas.
Les dirigeants des pays qui prennent des mesures différentes de celles qui sont prises en France ne sont ni plus stupides ni plus imprévoyants que nos dirigeants. Ils agissent différemment en fonction de critères locaux, économiques, politiques ou sociaux, et il serait bien présomptueux de vouloir leur reprocher d’avoir une attitude différente de la nôtre alors que nous n’avons même pas été capables de proposer des tests en quantité suffisante à la population pour avoir une politique efficace d’isolement des malades. Pas plus que nous n’avons été en mesure de protéger les soignants par des masques adaptés, qui ne sont à ce jour, 26 mars, toujours pas distribués, et qu’on en est encore à discuter du sexe des anges pour savoir si on doit utiliser ou non des produits connus depuis des années de tous les médecins pour traiter les sujets atteints par le coronavirus, alors que le seul risque encouru par ce traitement est simplement qu’il soit inefficace.

Mais nous n’en sommes pas à un paradoxe près et il serait temps que nos responsables sanitaires et la porte-parole du gouvernement arrêtent de prendre les patients et les médecins (particulièrement ceux qui sont sur le terrain) pour des imbéciles et, plutôt qu’encourager les niaiseries visant à encenser les soignants, on leur donne les moyens de faire correctement leur travail.

C’est tout ce qu’ils demandent.

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