Accueil Santé Coronavirus De la crise sanitaire à la crise économique : dureté des mots et mollesse politique d’un gouvernement idéologique

De la crise sanitaire à la crise économique : dureté des mots et mollesse politique d’un gouvernement idéologique

Le gouvernement a annoncé un « choc » économique, fiscal et social de mesures en soutien à l’économie aux fins d’obvier licenciements massifs et faillites d’entreprises. Mercredi soir, troisième intervention présidentielle en direct d’Alsace. Matignon vise à produire un « vif effet », selon la définition du Larousse, tandis que l’Élysée déploie une opération militaire dénommée Résilience, Macron troquant les habits élimés de Jupiter contre ceux, d’évidence trop amples, de Mars.

Après une semaine de confinement généralisé, l’on reste circonspect tant sur le contenu des mesures édictées que sur leur efficacité. Nous avions plaidé, dans un précédent article, pour l’application de la loi modifiée de 1955 sur l’état d’urgence, à défaut, de mettre en œuvre les pouvoirs exceptionnels que le chef de l’État tient de l’article 16 de la Constitution de 1958. Depuis lors est intervenue la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19. Dont acte. Mais sera-ce suffisant ?

À la vérité, et sous l’éclairage des deux premiers discours présidentiels – et principalement celui du 16 mars – annonçant aux Français un confinement national, général et quasi absolu, sans précédent dans notre histoire, rien n’est moins sûr. Narcissique, le président de la République, tout heureux de jouer au petit soldat, ne cesse de cultiver le registre martial, usant d’une formule anaphorique qui sonne inhabituellement à nos oreilles : « Nous sommes en guerre ! » En outre, depuis la semaine dernière, le super gouverneur de l’euro-province France martèle de ne pas se laisser aller au « repli nationaliste », sans même balbutier le mot de « frontière », tabou d’entre les tabous, sauf à évoquer timidement celui de « souveraineté », immédiatement déminé par l’accolement de l’adjectif « européenne ».

Les frontières nationales, jusqu’à peu ouvertes aux quatre vents de la mondialisation, n’ont guère empêché la contamination de notre territoire.Pourtant, sans le dire, redécouvre-t-on ses éternels bienfaits (écluses ou fenêtres) jusqu’à les démultiplier, tout un chacun devant se protéger derrière celles de son domicile. Adossé au mur des réalités, le pouvoir redécouvre que sans constituer, évidemment, la panacée, la frontière demeure fondamentalement au nombre des « gestes barrières » primordiaux du politique.

Sommes-nous, pour autant, en état de guerre ? La guerre, à proprement parler, suppose une rencontre claire de volontés, fussent-elles, par définition, antagoniques : celle de soumettre l’adversaire et celle de repousser ses assauts. À raison, Clausewitz en parlait comme « d’un duel amplifié ». L’on ne sache pas que le nano-Covid-19 ait explicitement manifesté une telle volonté – sauf, peut-être, au sens schopenhauerien du terme, mais cela est un autre débat –, les hommes restant, en suprême instance, son principal vecteur. M. Macron se joue de mots et, par voie de conséquence, se paye notre tête !

N’eût-il pas été plus pertinent, bien que cela eût demandé, ab initio, un vrai courage augustéen, de tester massivement la population, de confiner sporadiquement et localement, au besoin, dans des salles des fêtes – et à leur domicile, pour les cas asymptomatiques ou les moins graves –, de réquisitionner médecins de ville et professionnels libéraux de santé – en vue de soulager notre système de santé moribond –, d’organiser l’approvisionnement alimentaire et l’installation de vrais hôpitaux de campagne dans les communes, sous la supervision des maires et des préfets ? Cela aurait permis de ralentir modérément le rythme de notre – déjà si fragile – économie nationale, laquelle paiera, dans quelques mois, les ruineux effets de son confinement orchestré sous l’empire de la peur et sous les auspices de l’improvisation. Gouverner, c’est prévoir…

Ayant sous-estimé l’extrême prolifération virale venue de Chine, nous méconnaissons, à présent, son remède pour venir à bout de l’épidémie : le nationalisme de son gouvernement comme son salutaire et corrélatif repli sanitaire. À méditer.

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