Accueil Santé Coronavirus Pénurie de masques : un scandale d’État ?

Pénurie de masques : un scandale d’État ?

Ce gouvernement est dépassé. Ordres et contre-ordres surgissent trois fois par jour ; mais une seule règle énoncée tous les soirs à 19 h 30 par le professeur Salomon : les masques sont inutiles. Et soyez gentils de remettre au personnel soignant ceux que vous auriez en stock…

Or, si vous écoutez radios et chaînes télé, au quatrième jour de confinement, la protestation est unanime. Les masques sont indispensables pour ne pas transmettre un virus qui vous a atteint sans que vraiment vous le sachiez, pour vous protéger et protéger ceux que vous pourriez rencontrer, comme les livreurs, les caissières, le personnel soignant. N’est-ce-pas le b.a.-ba d’une précaution qui, à l’heure où 65 millions de Français sont confinés à leur domicile, me paraît le minimum.

J’ai comme l’impression que le scandale d’État, après celui ouvert par l’incroyable entretien qu’Agnès Buzyn a accordé au Monde, est bien celui des masques lorsque la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, déclare à ceux qui veulent bien encore l’écouter : « Les Français ne pourront pas acheter de masque dans les pharmacies, car ce n’est pas nécessaire si l’on n’est pas malade », rapporte Le Parisien.

Nous voilà sans doute confrontés à la politique du « en même temps » chère à notre Président qui semble être la règle. On devine que notre jeune financier est dépassé par les événements, même s’il semble prendre conseil auprès d’un panel de scientifiques.

Dépassé, aussi, par l’incroyable légèreté avec laquelle il aurait pris les avertissements de son ministre de la Santé et de son ambassade en Chine. J’ai entendu, ce matin, sur LCI, qu’il y a avait eu 600 millions de masques FFP2 en 2011. Où sont-ils passés ? Personnel soignant et policiers ont besoin de six millions de masques par jour. Le professeur Salomon est tout fier de nous annoncer qu’on en produira huit millions par semaine et que, de toute façon, ils ne seront pas réservés au commun des mortels, c’est-à-dire à vous, à nous, pauvres mortels qui n’avons même pas l’occasion de nous faire tester ! La France, selon le site de France Info, peut réaliser jusqu’à… 1.500 tests par jour. Je vous livre, telle quelle, la phrase hors-sol de ce site : « À présent, dès qu’une personne montrera des symptômes de pneumonie, elle sera testée. D’autant que la France a la capacité de réaliser pas moins de 1.500 tests par jour. »

Comme vient de me dire un infirmier : « Il faudra un jour que ces erreurs monumentales se paient. » L’heure ne devrait pas à être la polémique politicienne, certes, mais tout de même, si « gouverner, c’est prévoir ; et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte », avait écrit, en 1852, Émile de Girardin, on peut en conclure qu’une grande tristesse va se payer en un nombre inconnu de vies humaines…

Je voudrais, aussi, mentionner l’incompréhension d’une mesure du quotidien : vous ne pouvez pas sortir avec votre femme ou vos enfants – avec qui, pourtant, vous vivez 24 heures sur 24 chez vous – prendre un peu l’air alors que l’on sait que le virus ne circule pas dans l’air. Et si vous sortez, évitez le moindre contact avec autrui, mais cet autrui ne peut pas être celui, celle ou ceux avec lesquels vous vivez !

À lire aussi

La psychose ambiante amène les Français à approuver l’action d’Édouard Philippe

Oui, chers compatriotes, vous allez pouvoir prendre des vacances cet été. Ah, Monsieur Phi…