Excommunication des « lefebvristes » : et si la messe n’était pas dite ?
On se souvient que le 1er juillet dernier, Mgr Alfonso de Galarreta, assisté de Mgr Bernard Fellay, consacrait quatre évêques pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), fondée par Mgr Marcel Lefebvre, et ce, sans mandat pontifical comme l’exige le Code du droit canon. L’affaire ne traîna pas : dès le lendemain, le très controversé cardinal argentin et bergoglien Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, organe de la Curie héritier en droite ligne de la Sacrée Congrégation de l’Inquisition romaine et universelle - autrement dit, l’Inquisition -, prenait un décret d'excommunication pour les nouveaux évêques et ceux qui les ont consacrés.
« Acte de nature schismatique » ou schisme ?
Un décret qui affirme que « les consécrations épiscopales sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife » sont « un acte de nature schismatique », avec pour conséquence immédiate l’excommunication des évêques consécrateurs et des évêques consacrés. On notera – car chaque mot compte, du moins, en principe – l’expression « acte de nature schismatique » et non « acte schismatique ». On notera, aussi, que la presse française, et notamment catholique, mais aussi une partie de l’épiscopat se sont engouffrés dans la brèche, sautant allègrement le pas en évoquant un « schisme ». Comme si, au fond, on n’attendait que ça. Par exemple, l’évêque de Périgueux, Mgr Mousset, dans un long communiqué publié le 9 juillet, n’y va pas par quatre chemins qui ne mènent pas forcément à Rome : « Par l’acte grave qui a été posé, ces six évêques et tous les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X fondée par Mgr Lefebvre se sont donc exclus de la communion de l’Église catholique, romaine et apostolique. De là vient qu’ils ont été sanctionnés par une peine d’excommunication latae sententiae (« tombant d’elle-même »). C’est aussi le cas des fidèles qui adhèrent formellement à ce schisme. » Tout le monde dans la même charrette et zou ! au bûcher.
Mais ces affirmations restent à être démontrés juridiquement. Car – cela a peut-être échappé à beaucoup : médias, clercs, laïques, catholiques ou pas – l’Église catholique n’est pas une secte mais une société de droit, sans doute la plus ancienne du monde, avec ses règles, son droit, ses tribunaux auxquels, d'ailleurs, notre fameux État de droit n’a rien à envier (le « principe de subsidiarité », depuis longtemps abandonné par l'Union européenne, est inspiré de ce principe thomiste). L’excommunication, sanction extrêmement grave, qui nous ramène, dans l’imaginaire collectif, à des images d’Épinal, n’est pas une décision théologique proclamée du haut d'une chaire (meuble d'église guère utilisé depuis une soixantaine d'années...) par un moine halluciné, mais un acte juridique. Donc, sujet à recours.
Le recours de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
Et c’est ce qu’il vient de se produire. Ce 11 juillet, rebondissement, dans cette affaire des sacres, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X a déposé un « recours préliminaire » auprès du dicastère pour la Doctrine de la foi, et ce, en s’appuyant sur un certain nombre de canons (règles ayant valeur de loi) du Code de droit canonique. « Recours préliminaire » que l’on peut comparer, dans notre droit administratif français, à un « recours gracieux ». On s’adresse à l’autorité qui a pris la décision en lui demandant de revoir sa décision avant d’aller plus loin, c’est-à-dire à ester en justice. Dans un communiqué, la FSSPX explique que « cette démarche, qui constitue le préalable requis avant l’introduction éventuelle d’un recours hiérarchique, a pour effet de suspendre l'exécution du décret, conformément au canon 1353 du Code de droit canonique ». On ne va pas se lancer dans une querelle de clercs et de robins, mais effectivement, que dit ce canon 1353 ? « L’appel ou le recours contre des sentences judiciaires ou des décrets qui infligent ou déclarent une peine ont un effet suspensif. » Ce qui peut être interprété par la suspension des excommunications.
Toujours dans ce communiqué, la Fraternité explique qu'elle « entend exercer le droit que l’Église reconnaît à toute personne qui s’estime lésée par un acte administratif de demander sa rectification, dans un esprit de respect envers l’autorité ecclésiastique et de fidèle attachement à la justice, à la vérité et au bien de l’Église ». Ainsi, en déposant ce recours, on peut admettre que la FSSPX reconnaît l’autorité de l’Église. Ce qui, évidemment, vient quelque peu contrarier tous ceux qui n’ont plus que le mot « schisme » dans la bouche.
Le pape bientôt en première ligne ?
On peut imaginer que ce recours préliminaire ne prospérera pas, qu’il sera rejeté par le dicastère (il est rare qu’une administration se dédise !). L’affaire ira alors plus haut, plus loin, toujours dans le respect du Code de droit canon, c’est-à-dire jusqu’au pape, qui a autorité sur les dicastères. Un pape Léon XIV qui, pour l’instant, ne s’est exprimé sur ce sujet que par deux fois. Le 16 juin, au débotté, devant la presse à Castelgandolfo. Il avait alors déclaré : « Ils refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du concile Vatican II. Et s’ils font ce choix, je le regrette. Mais nous devons avancer. » « Nous devons avancer » : curieuse phrase… La seconde fois, à travers une lettre (d'aucuns diront bien tardive) adressée à la FSSPX, la veille des sacres, dans laquelle il suppliait son supérieur « du fond du cœur » de revenir sur sa décision. Mais ces prises de position n’avaient pas un caractère « juridique ». Si ce « recours préliminaire » venait à être rejeté, le pape américain se retrouverait alors en première ligne.
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55 commentaires
On a eu des papes maçon ou autres rosécrucuiens,l alors que l’inquisition la ramène si fortement laisse quelque pu interrogateur??? qu’ont-ils encore a cacher que leurs boites a archives secrètes ne veut pas nous annoncer…..Ils feraient quand même mieux de prendre position en faveur des minorités chrétiennes exécutées sans autre forme de procès par des islamistes radicaux !
Mr Michel nous dit qu’il ne faut confondre un acte schismatique et un acte de nature schismatique. C’est d’une extrême subtilité. Du grand art. Et les partisans de la fraternité saint pie dix qui font appel à « l’état de droit », c’est pas mal non plus dans la catégorie art comique.
Merci Monsieur de cet article court et instructif.
Merci aussi à tous ceux dont les commentaires éclairent la situation actuelle ubuesque d’une église à bout de souffle, qui accueille tous les hommes guitare à la main et « amour » et » pardon » à la bouche mais qui doit « avancer » quand ses enfants lui demandent de les écouter et de faire leur bien …quelle énigme …..en abandonnant ses enfants fidèles. Nous vivons un temps d’abomination. C’est comme si un père, alors que ses enfants veulent aller vers un bien objectif, leur disait, en les rejetant et refusant de les écouter : il faut avancer, je vous abandonne donc.
Quel père est donc celui-ci ?
Le monde catholique priait d’une seule voix : en latin. On a viré le latin, résultat : l’Eglise est devenue une Tour de Babel incompréhensible.
Le français est moins compréhensible en France que le latin?
Excommunication? Qui a bien pu inscrire ce rituel dans l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Car, j’ai beau relire les évangiles, je ne vois point de mention d’excommunication dans les enseignements de Jésus, bien au contraire ? Est-ce encore une invention de ceux qui usurpèrent, et il y en a, la fonction de St-Pierre à des fins purement de pouvoir ? de Contrôle ? de Soumission ? Oh la, la, ce qu’on est loin des évangiles, et ce qu’on ne leur fait pas dire !!. A moins que vous n’éclairiez notre (ma) lanterne sur la question….pour moi, l’excommunication est une invention humaine et terriblement humaine !
C’est une évidence. Et c’est une évidence qu’on se met en dehors de l’église catholique si on nomme des évêques contre le choix du Pape.
On peut se poser des questions sur la théologie du cardinal si elle est à l’exemple de ses écrits et de sa morale.
Vatican II est un concile apostolique et non dogmatique et la FSSPX ne remet en cause que certaines dérives, quelques unes apparues après 1963 mais aucun dogme ; donc le schisme n’esxiste pas. Pendant plus de 50 ans dans l’Eglise Popaul on a chanté n’importe quoi (« je crois en Dieu qui chanante et qui fait chanter la Vie » en guise de Credo) les textes du Pater changés pour revenir 50 ans après à presque l’original, le Consubstantiel du Credo qui revient après l’hérétique « de même nature », et l’Orate Fratres qui revient avec le côté inculte de nos évêques qui ont cru devoir ajouter « soeurs » ; finalement revenir à un rituel quasi immuable depuis des siècles bousculé par des réformes qui ont tenu un demi-siècle et fait des dégâts !
Par contre il y a une Eglise schismatique, celle d’Allemagne dont on peut se demander si certains de ses prêtres ou évêques croient encore en Dieu !
Signé ; Un catholique conciliaire.
Je ne vois guère l’intérêt de mendier une quelconque reconnaissance d’une église qui n’a de cesse de se déconsidérer elle-même.
Que d’histoires idiotes pour savoir comment prier…
Pour savoir comment contrôler les esprits.
À Chingly son message du 15 juillet à 7 h 58.
« ce n’est pas évident pour tout un chacun,,,, »
Surtout s’il ne prend pas la peine de s’informer comme doit le faire tout bon citoyen.
Faire appel au droit canon de 1983 qu’officiellement la FSSPX ne reconnait pas, ça ne manque pas de sel !
Qu’il est loin de le temps de Mgr Lefebvre. Lui ne s’était pas abaissé à demander une révision de la décision.
Il avait dit réagit en disant que c’était une grande grâce que d’être excommunié par des hérétiques.
Oui, on dirait qu’il y a du progrès même à la fraternité saint pie dix. Il ne faut jamais désespérer.
Vatican II ou la mise à mort de l’église catholique
Avec la suppression des rituels, ce qu’aucune religion n’a osé , Rome a scié les piliers qui la supportait…Ce ne fut pas réalisé par hasard…Le diable est malin .
Oui , vous pensez que je délire parce que le diable n’existe pas…
En êtes vous si sûrs ?
A moins que la victoire de l’archange St Michel sur le diable…
A ce sujet , pourquoi le diable n’est -il pas tué mais enchaîné pour mille ans ?
La modernité, la modernité, mon bon monsieur…Tout ce que l’Eglise vous a enseigné n’était que pipeau…Ouvrons nos portes à toutes les tendances…résultat, il n’y a plus personne aux offices…
C’est dans l’ordre du temps , l es « sachants « nous sont tellement supérieurs qu’ils n’écoutent pas le bon sens populaire…
La messe chantée en latin , c’est autre chose que de mièvres airs à la guitare…
Le français est une langue détestable.
Le latin, c’est bien. Avec lui on peut chanter n’importe quoi, ça passe crème.