La rentrée scolaire approche, celle du gouvernement et des partis politiques également. Depuis les années 80 du siècle dernier, il est de tradition d’exhiber son bronzage dans ces raouts médiatiques. Alors, après un été hélas tout feu tout flamme, les universités d’été vont s’enchaîner. C’est qui ouvre la saison avec ses « Amfis », suivie du Parti socialiste qui a délaissé La Rochelle pour Blois et organise, lui, un « Campus de rentrée ». Plus bucolique, se contente de « Journées d’été » quand le PCF s’installe à Strasbourg. Le RN va quitter Fréjus pour le Cap d’Agde où se tiendront, mi-septembre, des « Journées intraparlementaires ».

Ce sont, cette fois, les LR qui créent la surprise. Privés de président, ils n’iront pas, cette année, à La Baule. C’est Franck Louvrier qui l’a annoncé en juillet : « Pas la peine d’engager une réflexion sur le fond tant qu’on n’a pas une nouvelle direction. » C’est peut-être pourquoi Rachida Dati va jouer les guest stars à Valence, dans les Amfis des Insoumis. Elle y retrouvera Clémentine Autain, avec qui elle s’était violemment empoignée au soir du premier tour des législatives.

Une Clémentine Autain qui, dans un long plaidoyer publié dimanche sur son blog, réclame un changement en profondeur de La France insoumise, organisation dont elle déplore « la forme gazeuse » et la gestion nébuleuse autour du Líder Máximo, Jean-Luc Mélenchon.

Pour « militer, convaincre, agréger », il fallait de nouvelles pratiques, dit Clémentine Autain, et « la forme gazeuse de la fut sans doute une tentative de répondre à cette nécessité de faire du neuf ». Toutefois, il serait urgent d’en sortir, car si « le gazeux a l’avantage de permettre d’agir vite, d’opérer facilement des tournants », il apparaît que « les lieux de la prise de décision restent flous, l’espace du débat stratégique n’est pas identifié, la partition entre le local et le national mériterait d’être redéfinie ». À vrai dire, pour le commun des mortels, ça ne semble pas si flou, le lieu de la prise de décision étant assurément le cerveau de Mélenchon. Ce que l’élue de Seine-Saint-Denis confirme d’ailleurs à sa façon : « Le gazeux désoriente et rend plus faciles les procès en légitimité des décisions prises – même si la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, "clé de voûte" de la FI, a jusqu’ici joué en grande partie un rôle de légitimation. »

À lire la suite, on comprend qu’elle aurait voulu écrire « délégitimation » mais qu’elle n’a pas osé : « Il nous faut dégager l’équilibre qui permet de garder de la réactivité, une capacité à prendre des initiatives rapidement, tout en assurant une meilleure collégialité aux décisions et une place plus grande à l’échelon local », écrit-elle. « Un petit groupe unifié et déterminé au sommet de la FI ne suffira pas. Il nous faut disposer de centaines de cadres sur tout le territoire. Voir plus grand, plus large, suppose de faire vivre le pluralisme. »

LFI est heureuse de ses 75 députés, mais Clémentine Autain n’est pas si rassurée : elle craint que ne plane sur les assemblées l’ange de la dissolution. Surtout l’effraie « la course de vitesse engagée avec la Macronie et l’extrême droite », et si le gazeux de la NUPES – car c’est surtout là que le bât blesse – pourrait demeurer un atout en période de campagne, « encore faut-il que le reste du temps il y ait eu de l’espace pour l’échange d’idées ».

« La NUPES est une construction politique que nous voulons durable », écrit-elle. Qu’elle même le veuille est sans doute vrai, mais les autres ? Pas si sûr… Et Mélenchon peut-être moins encore...

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23 août 2022

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6 commentaires

  1. Beh si y a dissolution oui elle craint pour sa planque à 5000 euros minimum sans obligation d’y aller…

  2. n’allez surtout pas répéter à Mélanchon qu’il y a de l’eau dans le gaz chez LFI , cela le mettrait très en colère …

  3. Clémentine Autain, à défaut d’avoir le gaz (russe) à tous les étages, est la « forme PSchitt » de LFI !

  4. À mon avis pas de risque de dissolution, ils sont bien trop contents, tous , Nupes, autant que le RN, d’avoir tous ces députés et ces nouveaux groupes parlementaires pour se tirer une balle dans le pied et réclamer une dissolution…
    Le gâteau est trop bon. Macron a encore de beaux jours devant lui…

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