[LE GÉNIE FRANÇAIS] La première transfusion sanguine, réalisée sous Louis XIV
La France est considérée depuis longtemps comme l’un des grands médecins du monde. Et les chefs d’État étrangers ne se privent pas d’en profiter. Pourtant, quand on regarde aujourd’hui nos hôpitaux, leurs services d’urgence souvent débordés et les difficultés de notre système de santé, il est parfois difficile d’imaginer qu’il y a encore peu, notre pays était à la pointe du progrès médical. La médecine française a longtemps brillé par son audace, son imagination et sa capacité à transformer des idées simples en avancée majeures.
La France, grand médecin du monde
Il suffit de parcourir l’Histoire pour mesurer l’ampleur de cet héritage. On ne compte plus les inventions et les découvertes françaises qui ont changé la santé et la vie de millions de personnes, à l’instar du stéthoscope, inventé par René Laennec, qui est devenu un symbole universel ; tous les médecins l’utilisent aujourd’hui pour écouter le cœur, les poumons et les bruits du corps. L’aspirine doit beaucoup aux travaux de Charles Frédéric Gerhardt. Les tout premiers vaccins ont été inventés et développés notamment par Louis Pasteur, mais aussi par Albert Calmette et Camille Guérin. Combien de millions de vies sauves en un siècle ! Plus près de nous, le cœur artificiel autonome, imaginé par Alain Carpentier en 2013, montre que cet esprit d’innovation existe encore.
La liste de nos grands scientifiques français est longue et impressionnante, dont une douzaine de prix Nobel, depuis le pionnier de la médecine tropicale, Alphonse Laveran, qui a découvert le parasite du paludisme en 1880, jusqu’à Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, pour le VIH du SIDA en 2008. Citons, aussi, Claude Bernard, père de la médecine expérimentale, Paul Broca, pour les neurosciences ; Monod, Jacob, Lamarck, etc.
Recevoir du sang : une idée farfelue, au XVIIe siècle
Mais à côté de ces idées parfois révolutionnaires, il en est une, plus ancienne encore, qui mérite une attention particulière : la transfusion sanguine. Aujourd’hui, elle nous paraît presque banale. Donner du sang pour sauver une vie est devenu un geste médical courant. Pourtant, au XVIIe siècle, cette pratique était tout simplement inimaginable, inconcevable, presque folle.
Nous sommes en 1667, sous le règne de Louis XIV. Le docteur Jean-Baptiste Denis, issu d’une famille de la petite bourgeoisie, est nommé professeur de philosophie et de mathématiques à Paris. Il obtient vers 1668 son brevet de conseiller et médecin ordinaire du roi.
À cette époque, on connaît encore très mal le fonctionnement du corps humain. Le sang est vu comme un liquide mystérieux, lié à la vie, mais aussi au tempérament et aux émotions. C’est dans ce contexte que le médecin Jean-Baptiste Denis va tenter une expérience audacieuse.
Une vie sauvée par du sang d’agneau
À Montpellier, il réalise ce qui est considéré comme l’une des premières transfusions sanguines chez l’homme. Mais attention : il ne s’agit pas de sang humain. Denis recourt au sang… d’agneau. Pourquoi un animal ? Peut-être pense-t-il alors que le caractère doux et calme de cet animal pourrait apaiser les malades.
À ce sujet — [LE GÉNIE FRANÇAIS] Le stéthoscope de René Laennec
Son patient est un adolescent de 15 ans, affaibli par une fièvre persistante depuis plusieurs mois. Les traitements de l’époque n’ont aucun effet. Denis décide alors de tenter l’impensable : injecter du sang d’agneau dans le corps du jeune garçon.
Contre toute attente, le patient survit. Mieux encore : il va mieux. Cette réussite fait sensation et contribue à la renommée de son médecin à la cour. On raconte même que certains imaginent déjà utiliser le sang d’animaux pour modifier le caractère des personnes, comme rendre un homme plus courageux. L’idée peut faire sourire, aujourd’hui, mais elle montre à quel point la science avançait alors à tâtons, en s’appuyant sur l’intuition, l’observation, les expériences et parfois les croyances.
D’autres transfusions tournent au drame
Jean-Baptiste Denis fut sans doute félicité par le roi. En effet, réussir une transfusion au XVIIe siècle relève presque du miracle. Ses expériences suscitent forcément un grand intérêt. Elles font parler dans les milieux savants et attisent la curiosité. Mais très vite, elles vont se retourner contre leur précurseur. Une transfusion tourne mal et l’Histoire, pendant un temps, ne retiendra injustement que celle-là.
C’est celle d’un homme nommé Antoine Mauroy : après plusieurs transfusions et quelques jours de repos, le patient se sent mieux, avant de retomber malade, un mois plus tard, et de refaire appel au docteur Denis pour subir de nouvelles transfusions. Mais il fait à nouveau un malaise et décède la nuit suivante. La famille accuse le médecin et engage un procès. Jean-Baptiste Denis est finalement acquitté — on découvre que l’épouse du patient est impliquée dans sa mort par empoisonnement à l’arsenic. Trop tard : le mal est fait et on ne se souvient que de l’échec de cette transfusion. L’opinion publique se méfie et les autorités deviennent prudentes. Peu de temps après, les transfusions sanguines sont interdites en France, puis à l’étranger. Le progrès de cette science est stoppé pendant deux cents ans.
Jean-Baptiste Denis tombe dans l’oubli
Dans ce contexte, il devient difficile d’honorer Denis comme un pionnier. Au lieu de cela, il tombe peu à peu dans l’oubli. Son idée, pourtant brillante, était simplement trop en avance sur son temps. Il faudra attendre le XIXe et surtout le XXe siècle pour que la transfusion sanguine ne devienne une pratique sûre, grâce à la découverte des groupes sanguins et des règles de compatibilité.
Aujourd’hui, on peut voir en Denis un véritable précurseur et un homme audacieux qui a ouvert une voie essentielle en prenant de grands risques.
C’est souvent par le courage de certains que progresse la science : les premiers essuient les plâtres et ne sont pas toujours ceux que l’on applaudit. Pauvre Jean-Baptiste Denis, qui ne s’imaginait sans doute pas qu’on l’honorerait au XXIe siècle !
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29 commentaires
Il avait sûrement lu les travaux de W. Harvey médecin Anglais qui a confirmé et précisé le système de circulation sanguine mais toutes ces recherches malheureusement remettaient en causes des pratiques médicales notamment la saignée mais dérangeait l’Eglise qui voyait d’un mauvais œil ces découvertes scientifiques qui disaient le contraire de la création divine, c’est surtout cela qui a retardé l’avancement dans la médecine et jusqu’au 19eme siècle vous risquiez les pires abominations si vous prétendiez le contraire de la doctrine chrétienne.
« La médecine française a longtemps brillé par son audace, son imagination et sa capacité à transformer des idées simples en avancée majeures. » Qualités perdues par sa soumission à une gestion purement administrative.
Soigner les Chefs d’Etat étrangers. Un Roi des Belges, Baudouin en fait, avait quitté les radars depuis quelques jours lorsqu’un certain jour j’entends à la radio que le Roi avait subi une chirurgie cardiaque à Paris. On questionne évidemment un médecin belge, vraiment pas du tout content pour l’escapade à Paris, car disait-il il y a assez de cliniques et de médecins en Belgique pour faire ce qu’il est allé se faire en France. Mais il est vrai qu’il y a plein de tebboune qui viennent en France pour les petits soins pointus. La Suisse est très prisée aussi…
Et moi qui pensais, après avoir entendu Mélenchon, que c’étaient les mahométans qui avaient inventé tout ça et nous l’avaient légué au fil de leur longue histoire d’amour, de paix et de découvertes scientifiques !
Mais non, ce serait sur les rives du Congo d’après Macron !
Malheureusement il n’a pas tout à fait tort et je puis vous assurer que je ne suis pas un pro-Mélanchon mais si vous lisez des textes sur les croisades vous verrez qu’à l’issue des batailles les médecins Arabes savaient apporter des soins que nous ne pouvions produire (voir des lectures de Malek Chebel) et pour revenir à l’article sur la transfusion sanguine les Égyptiens s’y intéressaient de près ainsi au XVIII siècle Ibn Al-Nafis lui avait émit l’hypothèse d’une petite circulation (circulation pulmonaire) au niveau du cœur, en revanche la religion musulmane comme la religion chrétienne n’étaient pas des ferventes de ces découvertes.
La France a sombré à partir du moment ou elle devenue la proie d’une idéologie utopiste et mercantile . Celle-ci a vidé le pays de ses forces vives , d’où naissaient tout ce qui contribuait à son rayonnement mondial , que ce soit dans le domaine de la santé , de l’industrie , de la puissance militaire . Ses représentants brandissaient des roses , il n’ont laissé que des ruines !
Beaucoup de progrès ont été réalisés dans l’illégalité comme la découverte du HLA (antigène leucocyte humains) par le professeur Jean Dausset qui permet aujourd’hui la greffe d’organes en sécurité.
Bel article.
Tiens ! Soleil 33 apprécie de temps en temps l’auteur, après l’avoir mis plus bas que terre à propos de Dumas et Sarkozy ?
Le facteur rhésus a distribué son courrier scientifique depuis, ami Antoine! Les transfusions sont pratiquées depuis cette avancée décisive au XXème siècle.
Mais il faut continuer à dire que le Français est le plus intelligent du monde. A force de le répéter, le franchouillard qui vient de voter macroniste ou péhesse à 7 reprises depuis 2017, est persuadé d’être le « meilleur ».
Médecin du monde?? Lors de l »épidémie de COVID 19, la macronie et l’europe se sont empressées de confier la recherche de vaccins aux US. Les firmes européennes et françaises, dont SANOFI-Pasteur ont été éliminées pour Pfizer.
La France Banquière « médico-sociale » du monde serait plus juste. Tout le monde, en particulier les clandestins et les étrangers se font soigner par notre « sécurité Sociale, étendue à la planète, et par notre Santé « publique », le mot vaut aussi pour cette fille abandonnée de notre système social. L’Aide Médicale d’État pour la planète dans son ensemble, excepté pour le Citoyen qui cotise, ou a cotisé 42 ans!
Ça ne pourra pas durer encore très longtemps: déjà 3600 milliards de dette macroniste en 9 année!
Bernard37, vous dites : « le franchouillard qui vient de voter macroniste ou péhesse (PS ?) à 7 reprises depuis 2017, est persuadé d’être le « meilleur ». » Or Macron dit, lui, qu’il n’y a pas de culture française. Il faudrait savoir. N’y a t il pas une contradiction ?
M Lannes, Culture Française est un qualificatif général pour définir ce qui a fait et fait la France, n’en déplaise au chef de clan de l’ex E-M. Lorsque l’on parle « culture », ce sont les arts qui viennent en premier, alors que la Science en fait partie évidemment.
Mr de Quelen évoque le « génie français », concernant la médecine, une science appliquée.
Il a raison sur le génie de tous ces savants qui ont donné leurs noms à nos hôpitaux…un peu moins lorsque l’on associe ce génie indiscutable, avec le saccage et le pillage de notre Nation par les politicards depuis le Gl De Gaulle.
J’ignorais cette histoire. Merci de cet article
Aujourd’hui le stéthoscope est essentiel . Il permet au médecin de se boucher un moment les oreilles au milieu de la consultation pour se concentrer.
Ensuite il rédige une ordonnance avec échographie cardiaque et imagerie pulmonaire si les symptômes semblent cardio-pulmonaire, ou un autre examen complémentaire.
L’auscultation dure environ 10 secondes, bien moins longtemps qu’à l’époque de Laennec, mais pratiquement autant que son enseignement à la faculté de médecine, grand remplacement oblige par l’échographie cardiaque ( sûrement inventée par un francais), la radiographie ( merci à Marie Curie l’immigrée polonaise détestée en son temps par l’extrême droite française, ou du moins une partie de la droite peut être la plus masculiniste)…
Moi-même médecin anesthésiste je peux vous assurer que moins de trente secondes suffisent pour ausculter le cœur, les poumons, les gros vaisseaux d’un patient. Et effectivement certaines anomalies auscultations suggèrent l’existence de pathologies cardiaques. Celles-ci sont explorées dans un premier temps par une échographie. Elle révèle les structures du cœur muscle, valves… et leur fonctionnement. En outre je pense que le Stéthoscope sera prochainement relégué au rang de pièce de musée et opportunément remplacé par l’échographie .
L’auscultation des vaisseaux me paraît fort peu utile, sauf encore une fois si on veut donner au patient l’impression qu’on l’examine savamment. La plus part des carotides très malades sont en fait normales à l’auscultation, et il existe au contraire des souffles qui inquiètent inutilement.
30 secondes parassent assez bien pour bien écouter les poumons, en déplaçant bien sûr le stéthoscope sur bonne dizaine de zones pulmonaires différentes, sinon on n’a examiner qu’une partie des poumon, a fortiori sur les patients de grande taille.
Mais écouter les différents foyer du cœur, les différentes zones des 2 poumons et en plus les vaisseaux du cou et des membres en 30 secondes, cela me paraît être examen bien superficiel.
De toute façon comle vous le dites le stéthoscope est aujourd’hui dépassé. Mais si les échographistes finissent par bacler leur examen comme l’auscultation est bâclée, le malade devra bientôt faire confiance à l’IA et à son intuition.
Marie Curie n’a pas découvert les rayons X (Roentgen) mais la radio-activité. Ce qui ne l’a pas empéchée de conduire sa propre guimbarde radiologique dans les tranchées du premier conflit mondial.
On lisait tout récemment ( il y a 3 ou 4 jours ?) sur Boulevard Voltaire que le tout premier vaccin était anglais ( à base du germe de la vaccine). Aujourd’hui on lit que « les tout premiers vaccins » ont été inventés par des français.
C’est dingue la vitesse du progrès et de la circulation de l’information.
Oui, ejalladeau, c’est juste, même si les vaccins ont été développés et pratiqués surtout en France ; et en Chine, Inde, Brésil, etc.
Le père Denis est tombé dans l’oubli. La mère Denis, qui traitait les tâches de sang, suit la même chute. C’est la vie.
Pauvre Emmanuel Macron, qui imagine sans doute que de même on l’honorera demain car lui aussi est un précurseur audacieux qui ouvre la voie en prenant des grands risques.
Je suis un « sale gosse » et je fais de l’humour de « service publique »: dommage que ce médecin soit né et ait exercé au XVII° siècle. En se basant sur l’homonymie, il aurait pu nous éviter les 35 heures…
C’est oublier que pour un certain Macron, il n’y a certainement pas plus de science française que de culture…nous devons tout au Maghreb….
Effectivement il n’ y a pas de science française. La Science est universelle, ses lois sont les mêmes en France et ailleurs.
culture
Et le mystère pour les athées est que le monde est intelligible alors que pour les croyants le monde étant logos au commencement, il se découvre au moyen du logos.
Si, il y a bien une culture française ! Et même une littérature française qui a subi l’influence de la civilisation romaine, puis chrétienne, de la chevalerie, de sa grande histoire et de ses grands auteurs, ( sans qui nous n’aurions pas tous ces savants ). C’est indéniable : Camus, Hugo, Flaubert, Dumas, Chateaubriand, La Fontaine, Molière, Montaigne, Rabelais, Pascal… Et tant d’autres… Sand, Jules Verne, Saint-Ex… Ils sont admirés dans le monde entier. La culture et la science passent d’abord par la richesse de notre langue… Bien reconnue partout, sauf par certains Français qui pratiquent la haine de soi.
Emmanuel1234, vous semblez opposer des scientifiques athées à des « croyants » se défiant de la science. Cette opposition est très caricaturale. De grands scientifiques sont aussi x croyants », Teilhard par exemple. Et des scientifiques peuvent se montrer dogmatique.
Il y a de toute façon un mystère pour tout le monde ( en faisant abstraction des imbéciles qui eux ont souvent tout compris)
Regardez seulement le Concorde. C’est grâce à des Saint-Exupéry, des Jules Verne, des Dumas… S’il a existé. Ces génies ont prouvé que « Impossible n’est pas français »….