Qu’il ait ou non appartenu au groupe Occident, entre 1964 et 1968, , le député-maire Les Républicains du XVIe arrondissement de Paris, a incontestablement fréquenté, quand il était étudiant à la faculté d’Assas, des militants de ce mouvement comme Patrick Devedjian, Gérard Longuet et Alain Madelin. Il fut notamment président de la Corpo d’Assas, pas spécialement classée à gauche, et partisan de l’Algérie française.

Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que son intervention sur LCP, mercredi soir, où il était invité à débattre de la fameuse “identité heureuse” d’Alain Juppé, ait provoqué la polémique ? Ce soutien de Nicolas Sarkozy aux primaires a déclaré que “nous avons un problème avec les Maghrébins, incontestable. Cette affaire de la guerre d’Algérie a été très mal perçue par la communauté musulmane maghrébine de la troisième génération, mais aussi par certains Français.” Il n’en fallait pas plus pour que cette sortie, relayée par des tweets, provoquât un tollé, contraignant Claude Goasguen à s’excuser dans un communiqué.

Quoi qu’on pense de ses positions politiques actuelles ou passées, force est de reconnaître que son analyse n’est pas erronée. La guerre d’Algérie, quand on l’évoque aujourd’hui, est souvent traitée de manière manichéenne : les bons et les méchants, les libérateurs et les colonisateurs. On ne relève guère que le terrorisme du FLN avait beaucoup de points communs avec le terrorisme actuel. Mais c’était pour la « bonne cause » et, dans ce cas, c’est bien connu, la fin justifie les moyens.

La dénonciation systématique de la colonisation, l’esprit de repentance inculqué aux Français, notamment aux plus jeunes, la propension de certains gouvernants à éluder leurs propres responsabilités ont contribué à falsifier la vérité historique sur cette période tragique. Résultat : cinquante-quatre après, des jeunes issus de l’immigration, à la troisième génération, éprouvent du ressentiment contre la France et sont prêts à soutenir ou rejoindre les .

Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire. L’absence de recul critique, les anachronismes, la censure, l’impartialité, la lâcheté, la complicité parfois, ont jeté l’opprobre sur les partisans de l’Algérie française ou d’une coopération privilégiée avec l’Algérie. En dénigrant sans cesse le rôle de la France, on la présente nue pour la flagellation. Pire ! On enferme les Français originaires d’anciennes colonies françaises dans le statut de victimes innocentes, on les convainc que leur avenir est sans issue. Voilà qui peut expliquer, au moins en partie, les difficultés rencontrées dans leur intégration.

Il faudra bien, un jour, rétablir la vérité. Qui ferait croire, à part des esprits obtus ou partisans, que des officiers, des généraux, souvent anciens résistants, ont désobéi parce qu’ils étaient soudain devenus des fascistes et des factieux ? Qui soutiendrait que Jacques Soustelle, un des proches du général de Gaulle pendant la Résistance, que Georges Bidault, successeur de Jean Moulin à la tête du Conseil national de la Résistance, se seraient transformés en dangereux extrémistes ? Qui se féliciterait que la France ait tourné le dos aux Algériens qui voulaient coopérer avec elle ? Qui justifierait que des milliers de harkis, sur ordre du gouvernement, aient été abandonnés, livrés ainsi au massacre, et s’honorerait du sort réservé en France à ceux qui en réchappèrent ?

Claude Goasguen n’a pas à s’excuser. Il n’a fait qu’exprimer – avec quelque maladresse – une vérité qu’on n’aime pas entendre. Son seul tort, c’est, en présentant ses excuses, d’avoir cédé à la pression de la pensée unique.

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