C’est une affaire bien délicate que de recenser un au discours inapproprié relatant les conséquences d’une tragédie réelle. Eu égard aux victimes des attentats terroristes et à la douleur vivace de leurs familles, le cas que nous allons évoquer nous met mal à l’aise. Disons-le d’emblée, Vous n’aurez pas ma haine ne nous a pas plu et nous ne saurions le conseiller à nos lecteurs. Cependant, il est révélateur d’une époque, d’une mentalité, d’un état d’esprit mortifère qui anime les métropoles, les médias (et le cinéma en particulier). Aussi, ce ne peut être passé sous silence.

Réalisé par l’Allemand Kilian Riedhof, Vous n’aurez pas ma haine se veut l’adaptation du roman éponyme d’Antoine Leiris publié en 2016 chez Fayard. L’auteur y relatait les douze premiers jours qui suivirent l’attentat du Bataclan au cours duquel son épouse fut assassinée, le laissant seul avec son fils de 17 mois. Le titre, à l’origine, fut celui d’un texte court qu’il publia le 16 novembre 2015 sur Facebook pour clamer son chagrin et son mépris pour les terroristes : « […] Je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. »

Ce texte – auquel bien des familles de victimes trouveraient à redire – fut largement partagé sur les réseaux sociaux, attirant sur Antoine Leiris la lumière des projecteurs. Rapidement, nous montre le , les journalistes « progressistes », du Monde à France Info en passant par CNN et la BBC, se précipitèrent pour lui donner la parole et firent leur miel de ses déclarations, trop contents de pouvoir appuyer leur injonction habituelle au « padamalgam » d’un message chrétien prônant la paix et la résilience. Une récupération politique lamentable, pour ne pas dire honteuse, visant à lénifier l’opinion publique sur les dangers de l’islamisme en Occident. Cette presse de gauche, décidément, aura tout fait pour circonscrire le sujet aux seules émotions, avec bougies et peluches sur la place de la République, transformant le tragique en un vulgaire exercice de développement personnel.

Cette manipulation d’Antoine Leiris, à laquelle le personnage semble se prêter allègrement avec narcissisme, suscite le malaise chez sa belle-famille comme chez les spectateurs, choqués par un tel comportement. Car pendant que l’auteur fait le tour des plateaux télé, arborant avec complaisance le visage fat et digne d’un homme qui ne se laisse pas abattre, son fils ne comprend toujours pas que sa mère est décédée, tandis que la préparation de l’enterrement repose intégralement sur ses proches.

Le de Kilian Riedhof aurait pu aborder plus frontalement le nombrilisme du personnage au risque, il est vrai, de le rendre antipathique. In fine, le cinéaste et les producteurs se prêtent au même jeu malsain que les journalistes du Monde ou de France Info : ils focalisent sur la résilience de Leiris, à grand coups de plans démonstratifs, de dialogues larmoyants et de moments de joie calculés, nous privent de toute réflexion sur l’état de la société et nous dissuadent d’employer notre colère la plus saine, seul anticorps pourtant aux dangers qui nous guettent, sans lequel le débouché politique ne peut advenir.

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11 novembre 2022

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17 commentaires

  1.  » Quand un peuple ne défend plus ses libertés et ses droits, il devient mûr pour l’esclavage » J.J. Rousseau.

     » Les islamistes haïssent par dessus tout les faibles, les efféminés,les hypocrites qui viennent les comprendre, les défendre, leur porter le sac. » Boualem Sansal

  2. Toutes ces personnes, sont d’une lâcheté inouïe ,et la cachent avec des boniments laissant croire, que ce sont de bons apôtres !!mais en réalité, c’est tout le contraire ,ils ont tellement peur du coup de couteau, ou de l’agression, qu’ils se noient dans leurs peurs, c’est a celui ou celle qui en dira le plus pour être bien VU et ENTENDU.

  3. Ce monsieur a le droit de ne pas haïre mais il aurait été bien avisé de ne pas asseoir sa notoriété sur un sentiment pas forcément partagé par toutes ces familles endeuillées par une bande d’assassins assez lâches pour frapper des civils non armés. Monsieur Leiris a sans doute assez de talent de rédacteur pour distraire ses lecteurs avec un autre sujet que celui qui affectera son fils jusqu’à la fin de ses jours.

    1. Si on lit attentivement, on lit: vous n’aurez pas ma haine parce je serais alors comme vous, et je ne le veux pas. Moi je n’y vois pas de faiblesse ou de complaisance à l’égard des criminels.

  4. Cacher sa lâcheté derrière d’apparents bons sentiments..En réalité, ces bons apôtres ont « le trouillomètre à zéro », le padvaguisme règne en maître, et notre nation se meurt.

  5. Les revoilà en plein psychodrame, en pleine contemplation narcissique, versant des larmes, allumant des bougies, posant des peluches, portant des petits drapeaux, participant à démarches blanches, « écrivant » des livres, témoignant devant des « journalistes  » complaisants, posant des bouquets de fleurs, posant des plaques commémoratives, lâchant des ballons, signant des pétitions, se filmant, donnant de l’argent à des ONG (encore plus nombreuses que les saints de jadis), refaisant le monde etc. Etc.Etc.

    PS: Au cas où j’aurais oublié quelque chose n’hésitez pas à me le signaler.

  6. Ah qu’il est loin le temps où, en France, l’on entonnait : « vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine », il est vrai aujourd’hui rebaptisées « Grand Est »…c’était…un peu chauvin…quoique…voyons, voyons…pire encore : « Ami entends tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne »…là…carrément complotiste !…quant à : « sortez, de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite », ce n’est plus là alors phrase à considérer comme relevant d’une nostalgie exacerbée et anachronique, mais de l’extrémisme des plus irrationnels !…et pourtant !

  7. Tout pour transformer les occidentaux en moutons bêlants attendant que le loup les tue et les mange ! Quand on ne respecte pas la loi millénaire du talion, on est amené à disparaitre !

  8. Si quelques courageux Français (et autres nationalités) n’avaient pas eu la saine colère, voire la haine du nazisme, que serait devenue la France ?
    l' »aplatventrisme », le militantisme « carpettoïde » mènent à la soumission des nations devant les hordes conquérantes qui comptent nous asservir.
    Je n’irai pas voir ce film, ni ne le regarderai quand il sera diffusé à la TV.
    En consultant la fiche de l’acteur interprétant le rôle principal, on comprend qu’il colle totalement à l’état d’esprit de l’auteur du livre.
    Il est de bon ton à gauche de critiquer les pétainistes ; c’est curieux comme on peut faire le parallèle entre les gauchistes et les collabos des « heures les plus sombres » qu’ils s’échinent à nous faire revivre.
    Je me permet, à l’occasion, de recommander le livre de Xavier Moreau « le livre noir de la gauche française ».

  9. Ces comportements sont dans l’air du temps. Sous couvert de ce slogan « l’autorité est à combattre », je fais simple, notre société est tombée dans le niannian dont le « padamalgam » est un des vecteurs. Pratiquement dans tous les médias, les précautions oratoires sont de mise. Ne surtout pas choquer. Ne surtout pas prêter à reproches légaux pour le plus infirme écart. L’expression, plus que jamais, doit s’inscrire dans « la bien-pensance ». Ce qui écarte toute invitation à dévoiler « le bouche à oreilles », des vérités qui dérangeraient le confort. La colère ne serait pas à considérer? C’est pourtant un outil du développement de l’énergie, de l’imagination, de l’innovation, du répondant, lorsqu’elle est exploitée à sa juste mesure. Elevons l’analyse. Dans les commentaires sur le conflit Ukraine/ Russie, nos médias introduisent toujours du sentiment (réflexions polluées par l’air du temps). C’est méconnaître l’esprit russe. Le sentiment n’a pas sa place dans une guerre qui est par définition un affrontement et non une campagne de bisous-nounours. Aux échecs, le sentiment reste à la porte. Le calcul et la stratégie prennent toute la place. La France plonge par défaut d’autorité, de décision, d’application, de poigne et d’extrapolation.

  10. Ce pas de haine est méprisable à mes yeux. Ils ont ma haine pour l’éternité Ma cousine était au bataclan. La non réaction n’est que veulerie et psychothérapie narcissique

  11. Haine ou pas haine ? On peut tuer sans haine quand le Livre vous ordonne « d’égorger Juifs et Chrétiens ». C’est l’essentiel du Jihad, du combat prescrit car obligatoire pour assurer la suprématie du message prophétique . Qui se souvient que les tirs du Bataclan ont été déclenchés au son de « Kiss the Dévil » ?

  12. Comme quoi, les occidentaux sont émasculés. Bientôt, nous n’auront plus que Sandrine pour nous défendre.

  13. Comme quoi le boulot de critique de cinéma n’est pas toujours glamour !
    Heureusement le titre de cette « oeuvre » renseigne en lui-même sur l’inutilité de s’y arrêter
    merci quand même pour la confirmation

  14. Une fois encore ces bonnes âmes islamo-gauchistes font un contre sens.Quand Antoine Leiris refuse la haine c’est pour la remplacer par plus fort encore : le mepris. Quand les gauchistes du cinéma ou du Monde écartent la haine c’est pour la remplacer par l’amour des assassins, simplement parcequ’ils ne sont pas blancs et donc innocents.

  15. A vous lire (et à vous croire) on devine le but du projet; afficher une image bien-pensante pour têter de la subvention. Même pas de note, tout y est.

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