, en (re)conquête d’un électorat perdu dans les marées politiques et les reflux des renoncements, parcourt villes et vallons de entre deux escapades lointaines. Proche de Lucette ou Germaine – à défaut de Sébastien Benoît, le délégué aux chantiers STX -, je ne l’ai cependant pas entendu s’exprimer avec les provinciaux dans leur langue ou patois local ? Pourtant en ardent défenseur des langues régionales, il avait fait promesse de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (CELRM) signée par la France en 1999. Fort d’une expérience linguistique acquise en Corrèze où l’occitan limousin est encore sur les lèvres dans nombre de rassemblements, foires et comices agricoles, il pourrait illustrer son engagement par l’exemple avec des coups de com’ symboliques plus percutants qu’un café réchauffé de la mairie de Vandœuvre-lès-Nancy. Mais c’est probablement parce qu’on a oublié, lors de la préparation de cette visite « inopinée », de l’initier au parler lorrain-roman qu’il a loupé le coche ?

Si la France n’a jamais ratifié la Charte, c’est qu’une forte opposition s’est faite et maintenue, d’abord par la voix solennelle du Conseil d’État, resté inflexible face à la menace d’une dislocation de la cohésion nationale et récemment par un vote négatif du le 27 octobre. Nonobstant le vote positif de l’Assemblée nationale obtenu en janvier 2014, la ratification demande en effet une majorité des trois cinquièmes des votes exprimés par les deux chambres réunies en Congrès. Espoir anéanti, en tout cas pour le quinquennat en cours.

Jacques Chirac, emporté dans un élan régionaliste et après, sans doute, quelques conviviales bolées de cidre, avait prononcé un vibrant plaidoyer en faveur des identités régionales lors d’une visite en Bretagne en mai 1996. La suite fut donc la signature de la Charte, sous son premier mandat. Un rapport rédigé en 1999 avait identifié pas moins de 75 langues régionales ! Depuis, l’adjectif « minoritaire » a mis un poids très lourd dans cette belle balance utopiste. Les populations étrangères attirées par notre “french way of life” et avantages connexes apportent leurs traditions à inclure désormais dans ce beau puzzle linguistique. Quand on lit attentivement les engagements contenus dans la Charte, on entrevoit l’effet d’implosion sociale et de gonflement exponentiel du que son application pourrait entraîner dans notre pays. Je cite : 

Les États ayant signé et ratifié la charte s’engagent à :

– reconnaître les langues régionales ou minoritaires en tant qu’expression de la richesse culturelle ;
– respecter l’aire géographique de chaque langue régionale ou minoritaire ;
– entreprendre une action résolue de promotion de ces langues ;
– faciliter et encourager l’usage oral et écrit dans la vie publique et dans la vie privée ;
– mettre à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement à tous les stades appropriés ;
– promouvoir des échanges transfrontaliers ;
interdire toute forme de distinction, discrimination, exclusion, restriction ou préférence injustifiées portant sur la pratique d’une langue régionale ou minoritaire et ayant pour but de décourager ou de mettre en danger le maintien ou le développement de celle-ci.

En clair, si je puis dire, un « citoyen » d’origine subsaharienne, se déplaçant à la CAF de Plougastel, devrait, après avoir suivi son chemin grâce à une signalétique bilingue – français/breton – être reçu par la préposée devant comprendre le korandjé ou le bambara ou bien le peul, ou encore le masaï, sinon le songhaï, sans être assurée d’être comprise et, de ce fait, susceptible d’être accusée de discrimination !

Que dire, pour rester franchouillard, mais dans la nouvelle grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, du Creusois de Guéret qui, revenant d’un match à Biarritz, demande en occitan au guichetier de la SNCF (sigle encore inconnu en basque ?) un billet retour, via La Rochelle ?

Et pour Ubu, la langue d’origine c’est l’esperanto ?  

4 novembre 2015

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