Jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex et son « aboyeur » Olivier Véran nous ont présenté l’allègement à venir des mesures sanitaires… qui va se traduire, le 24 janvier, par l’entrée en vigueur d’une nouvelle mesure coercitive : le passe vaccinal. Un passe vaccinal annoncé avant même que le Conseil constitutionnel n'ait rendu sa décision. C'est ce qu'on doit appeler le sens de l'anticipation...

Primo, donc, entrée en vigueur du passe vaccinal le 24 janvier, soit l’obligation pour toute personne de plus de 16 ans souhaitant fréquenter un minimum ses concitoyens de brandir ses trois injections.

Deuxio, à partir du 2 février :
– on pourra retourner à la salle de sport à condition de pédaler assis et le masque sur le nez ; de même dans les lieux de culture. Visite de musée sans jauge mais en chaise à porteurs et loup sur le visage ;
– le télétravail ne sera plus obligatoire mais « recommandé » chaudement ;
– le port du masque ne sera plus exigé à l’extérieur, où chacun sait qu’il ne sert strictement à rien.

Tertio, à partir du 16 février :
– on pourra de nouveau se sustenter dans les stades et manger son sandwich devant le Marseille-Lille sans risquer la grosse amende ;
– les concerts debout pourront reprendre et l’on pourra boire son café au zinc ;
– Les discothèques pourront rouvrir ;
– Enfin, on allègera peut-être les protocoles funambulesques imposés aux petits enfants, lesquels, peut-être, pourront courir sans masque entre la rivière d’amour et le potager bio dans les cours d’école dégenrées.

Cerise sur le clafoutis : dans sa grande mansuétude, le gouvernement offrira le sésame aux antivax venant à résipiscence. S’ils se font piquer avant le 15 février, le passe vaccinal leur sera attribué sous réserve de faire la deuxième dose dans un délai de 28 jours et de présenter un test négatif de moins de 24 heures.

Reste donc, avant l’arrivée de ces jours idylliques, à connaître la réponse du Conseil constitutionnel, inconnue à l'heure où nous écrivons ces lignes. Il est bon de rappeler à ces gardiens de la Constitution et de nos libertés ce qu’ils disaient, voilà six mois, pour justifier l’entrée en vigueur du passe sanitaire.

C’est Rodolphe Baquet, l’initiateur de la pétition anti-passe vaccinal qui a recueilli 1,3 million de signatures, qui l’énonce dans un courrier adressé à Laurent Fabius, président de cette institution. « Le 5 août 2021 vous faisiez la liste des motifs vous conduisant à déclarer le pass sanitaire conforme à la Constitution. Nous vous appelons à le constater vous-même : ces motifs sont caducs.
Voici ce que vous écriviez dans votre avis : “En adoptant les dispositions contestées, le législateur a entendu permettre aux pouvoirs publics de prendre des mesures visant à limiter la propagation de l'épidémie de Covid-19.”
“Les dispositions contestées […] n'instaurent, en tout état de cause, ni obligation de soin ni obligation de vaccination.”
“En cinquième lieu [...] la présentation des documents est réalisée sous une forme ne permettant pas de connaître “la nature du document détenu” et ne s'accompagne d'une présentation de documents d'identité que lorsque ceux-ci sont exigés par des agents des forces de l'ordre.” »

Le passe vaccinal balaie tout cela :

– l’ancien passe sanitaire n’a pas limité les contaminations, au contraire, semble-t-il ;
– le nouveau passe vaccinal rendra la vaccination obligatoire dans les faits, le gouvernement ayant supprimé la validité des tests de dépistage pour obtenir un passe ;
– les contrôles d’identité pourront désormais être effectués par des restaurateurs, des cafetiers ou encore des ouvreurs de salles de spectacle ;
– enfin, le Conseil constitutionnel rappelait que son autorisation du 5 août 2021 était justifiée par son caractère temporaire. La loi instaurant le passe vaccinal ne comprend, elle, aucune date prévue de fin d’application.

21 janvier 2022

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