Selon Alma Dufour, il vaut mieux être ouvrier en Chine qu’en France !

« C'est des choses que vous entendrez jamais à la télé », prend soin de préciser la députée LFI.
Capture d'écran
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Nouvelle pépite signée Alma Dufour. La députée LFI a posté une vidéo d’elle, sur les réseaux sociaux, dans laquelle elle s’adresse à ses abonnés pour leur expliquer le privilège d’être ouvrier en Chine. Selon elle, la Chine serait un exemple en matière de progrès social ! Âge du départ à la retraite, temps de travail : le modèle idéal serait chinois. « C'est des choses que vous entendrez jamais à la télé, explique la députée, parce que la Chine est souvent, trop souvent, l'épouvantail facile. »

 

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Mais ce qu’elle n’explique pas, c’est qu’en Chine, aussi, l’âge du départ à la retraite a été reculé, tout comme chez nous. Depuis l’an dernier, les salariés chinois doivent cotiser plus longtemps pour obtenir une pension. Là-bas, aussi, le pays fait face au vieillissement de sa population, à une natalité en berne et à un système de retraite qui devient, par conséquent, bancal : « L'âge légal de la retraite précédemment fixé est devenu inadapté à la situation nationale actuelle et aux perspectives de développement économique et social », selon Yuan Xin, vice-président de China Population Association, interrogé par le Global Times.

Des changements nécessaires

Depuis le 1er janvier 2025, les hommes peuvent donc bénéficier de leur pension de retraite complète à partir de 63 ans, au lieu des 60 précédemment en vigueur. Les femmes, quant à elles, peuvent partir à 58 ans si elles travaillent dans le tertiaire, et à 55 ans si elles sont ouvrières, contre 55 et 50, précédemment. Une différence de traitement selon le sexe qui devrait pourtant déplaire à une membre de LFI, un parti qui aime remettre en question des catégories traditionnelles comme « homme » et « femme ».

Comme en France, le système chinois fonctionne sur des cotisations à points. Les travailleurs chinois qui ont engrangé assez d’années de travail avant l’âge légal peuvent demander une retraite anticipée à leur employeur, et ce, jusqu’à trois ans avant le délai légal. Cependant, les cotisations minimales vont augmenter dans les années à venir. Les salariés devront avoir travaillé 20 ans et non plus 15 pour obtenir le minimum retraite. À partir de 2030, les cotisations obligatoires augmenteront de six mois en plus chaque année.

En outre, il faut préciser qu’à l’époque où la loi sur la retraite avait été votée en Chine, dans les années 1950, l’espérance de vie n’était que d’environ 40 ans, dans le pays. Aujourd’hui, elle se trouve à 78 ans en moyenne, contre 85 ans en moyenne pour les femmes, en France, et 79 ans pour les hommes.

Un rythme de travail effréné, en Chine

Autre « détail » non mentionné par Alma Dufour : le rythme éreintant des travailleurs chinois. Et pour cause : les salariés chinois travailleraient en moyenne 49 heures par semaine en 2024, contre 39 heures en moyenne en France, selon l’INSEE. Cela signifie qu’un salarié chinois travaille, en moyenne, environ 10 heures de plus par semaine qu’un salarié français à temps complet, soit l’équivalent d’une journée de travail supplémentaire chaque semaine.

L’an dernier, des entreprises chinoises avaient commencé à limiter le travail en soirée en cessant d’organiser des réunions après 18h20. En effet, le pays a longtemps fait régner la culture du « 996 », une référence à la journée de travail de 9 heures à 21 heures, six jours par semaine. Autant dire des semaines de 72 heures. Bien qu’en 2021 la plus haute juridiction chinoise ait jugé cela illégal, de nombreux travailleurs ont toujours des horaires importants. Comme l’explique Les Échos, une nouvelle expression s’est répandue, dans l’empire du Milieu : 007, pour exprimer le fait d’être joignable et disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Pas sûr qu’Alma Dufour ait bien connaissance de tout cela lorsqu’elle affirme avec aplomb que « la Chine est trop souvent l’épouvantail facile ».

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Alice Martin
Stagiaire à BV

Vos commentaires

56 commentaires

  1. Ce sont les mêmes gens qui lors de l’entrée des khmers rouges à Pnomh-penh titraient dans Libération: »jours de liesse à Phnom-penh »..

Commentaires fermés.

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