Editoriaux - Télévision - 20 janvier 2020

Bête et méchant, « Le Petit Q » de Barthès

Il est américain, il n’est pas encore majeur, il est brillant mais « Le Petit Q » de préfère se moquer de sa particularité physique.

Il s’appelle Wolf Cukier. Du haut de ses 17 ans, au cours d’un stage à la NASA durant l’été 2019, il a découvert une exoplanète. Pas banal, même carrément époustouflant, quand bon nombre de jeunes au même âge sont plutôt obnubilés par l’idée de parfaire leur image sur les réseaux sociaux ou de faire grève pour sauver la planète ! « Je lui ai donné un bref aperçu de ce que nous faisions, et il a tout appris par lui-même », dit de lui, pas peu fier, son maître de stage. Lycéen dans l’État de New York, passionné d’astronomie, alors qu’il travaillait pour la première fois sur le programme Transiting Exoplanet Survey Satellite (TESS), trois jours après avoir commencé, il découvrait donc une nouvelle planète baptisée TOI338b.

Que compte-t-il faire, après son incroyable découverte ? Se la couler douce à faire le tour de la Terre, comme ses compatriotes au tragique destin, qui voulaient montrer au monde entier que tous les humains sont « gentils, généreux, merveilleux » ? Ou, comme Yann Barthès, devenir l’un des journalistes, animateurs et producteurs les mieux payés de la télévision ? Non. Il espère étudier l’astrophysique dans une université de renom, Princeton, Standford ou MIT.

Mais toute cette intelligence supérieure mise au service de domaines scientifiques si pointus, on dirait bien, ça le débecte, Barthès ! « Il a une vraie tête de stagiaire à la NASA. Et surtout, un magnifique monosourcil visible depuis la Lune », « Wolftopia, la planète des monosourcils ». « Et chapeau bas à NBC New York qui a osé le zoom sur la bête » (la voix off). Bête, c’est plutôt un Yann Barthès à deux sourcils qui, lui, ne risque pas de trouver une planète ! Insister sur la particularité physique du jeune garçon – laquelle attire à peine le regard – plutôt que sur ses brillantes compétences scientifiques, ça l’amuse follement.

Lourdingue, Barthès, qui de son petit index ne cesse de pointer du doigt le sourcil même pas étrange du jeune garçon. Bête et méchant, le « Petit Q » soi-disant progressiste et autoproclamé dans le camp des gentils, de Barthès. Carrément crétin, aussi, de se payer la tête d’un adolescent en tapant sur un détail physique quand, juste avant cette séquence, il donnait la parole à Selena Gomez, la productrice de 13 Reasons Why, une série sur le harcèlement scolaire. Alors, quoi ? Il s’en fout complètement, Barthès, du harcèlement, qui commence souvent par des moqueries dans ce genre-là et qui finissent parfois tragiquement ?

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