Il y a des rendez-vous à ne pas manquer. Des heures de vérité. Pour le , c’est ce mardi 21 janvier. Un jour de couperet. Ce jour-là, la chambre haute entamera la discussion, et le vote, de la loi dite bioéthique. Dès le lendemain, tout sera terminé, ficelé, renvoyé à l’Assemblée. Il ne faudra donc pas se rater. De la qualité du débat et du vote qui en sortira doivent dépendre beaucoup de choses. Pour la société française, d’abord, et son avenir. Mais cela semble de peu d’importance pour nos parlementaires assoupis, et pour l’institution sénatoriale elle-même. À défaut d’avoir le panache de l’orchestre du Titanic, on peut parfois retrouver un instinct de survie pour sauver sa propre peau. Sénateurs, réveillez-vous, car si la France prend l’eau, vos confortables fauteuils aussi !

Ainsi donc, vous voici à l’heure du choix. Vous pourrez, aujourd’hui et demain, oublier d’être là, ronfler dans l’Hémicycle à l’épaisse moquette et aux plafonds dorés, lever ou baisser une main molle et moite, ou peut-être continuer, dans la foulée de la commission spéciale qui aggrave la loi bioéthique, à jouer avec l’Assemblée – qui a le dernier mot – à qui sera le plus moderne, le plus jeune, le plus progressiste ! Vous pourrez, aujourd’hui et demain, faciliter la sélection eugénique et le tri embryonnaire, légaliser le trafic humain, rembourser et promouvoir la PMA, les enfants sans père, la société sans repère, et préparer bien vite les banques de sperme et les mères porteuses.

Ou vous pourrez vous dresser et jouer votre rôle. Vous souvenir que le Sénat est, dans la démocratie antique, une assemblée de sages, la chambre de réflexion de la République. Vous, politiques, qui désormais écoutez les enfants, subjugués ou affolés par la jeune Greta, vous écouterez peut-être les enfants de la rue massés manif après manif, qui se sont élancés, ce dimanche encore, depuis la place… de la Résistance. Et ces enfants à venir, enfants du chèque et des éprouvettes, enfants de personnes si ce n’est de caprices d’adultes qui refusent de grandir. Et ses parents infertiles, qui attendent au contraire que le recherche avance et qu’on rembourse la maladie plutôt que le confort. Entendez-vous dans nos campagnes ?

Si celui de la France ne vous importe plus, dites-vous que, demain, se joue votre destin. Et votre survie. Soit vous demeurerez ce « paradis fiscal pour sénateurs fantômes ». On parlera de vous pour vos régimes spéciaux, vos factures téléphoniques astronomiques et vos prêts à taux zéro. Pour vos troupes sans chef et vos chefs sans troupes. Comédie humaine qui devient quelque peu tragique. Et un peu chère, à la vérité, quand la France crie sa fin et crève de faim. On attendra alors qu’un jour, une loi que vous voterez peut-être vous mette à la , à l’hospice ou même aux oubliettes. À quoi bon maintenir en vie ce qui est à l’état de légume, n’est-ce pas ?

Ou vous serez dignes. Vous vous redresserez. Et, avec vous, votre conscience. Alors, on verra que le Sénat est utile. Qu’il est libre. Qu’il peut même être l’honneur de la République.

Une République qui protège ses enfants.

20 janvier 2020

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