Il paraît qu’ aurait « tout donné à la macronie ». Enfin, c’est ce qu’elle aurait déclaré dans les jardins de l’Élysée, le 6 juillet dernier, après avoir appris avec stupeur qu’elle n’entrait pas au gouvernement. A-t-elle pleuré, comme l’a révélé Le Point ? Elle a nié les faits dans un tweet, en remerciant ceux qui portent un intérêt « particulièrement marqué » à son « activité lacrymale supposée (et fantasmée) ».

Et d’ajouter qu’elle avait mieux à faire en participant au débat sur la PMA à l’Assemblée nationale. Effectivement. Du reste, on retiendra de la députée des Yvelines ces phrases historiques qui méritent d’être lues à plusieurs reprises pour être bien comprises : « Nous ne souhaitons pas que la femme qui n’a pas accouché ait à adopter son propre enfant. La femme qui accouche est la mère, mais la femme qui n’accouche pas mais qui était dès le début dans le projet parental est la mère, tout autant. » C’est clair. « Clair » comme les « bornes éthiques » (pour reprendre un autre tweet d’Aurore Bergé) que la loi de Bioéthique est censée avoir posées. Chacun sait que les bornes sont faites pour être dépassées.

Mais revenons au terrible drame du 6 juillet. Si Aurore Bergé n’a pas vidangé ses glandes lacrymales au fond du parc de l’Élysée, alors une autre question tout aussi importante se pose : a-t-elle dit « J’ai tout donné à la Macronie » ? Quand on n’a pas tout donné, on n’a rien donné, disait autrefois l’un de mes chefs. Et, visiblement, selon cette théorie, Aurore Bergé n’aurait rien donné puisqu’on apprend qu’elle s’apprête à encore donner de sa personne en se portant candidate à la présidence du groupe de La République en marche à l’Assemblée nationale, en remplacement de Gilles Le Gendre, démissionné volontaire. La place est libre et bonne. Il lui en resterait donc sous le pied, à Aurore Bergé, et, du coup, nous voici drôlement rassurés.

On aimerait même qu’elle ait pleuré un peu. On dit bien que de Gaulle avait failli se faire sauter la cervelle après l’expédition désastreuse de Dakar. Tous les grands, et donc les grandes, peuvent avoir leur petit coup de blues. Ça les rend plus humains. Aurore Bergé devrait y réfléchir si elle veut entrer dans l’Histoire. À 33 ans, c’est le moment d’y penser. En tout cas, avec cette candidature, elle devient en quelque sorte la furette du bois, messieurs : elle est passée par ici, elle repassera par là. Ça ne l’a pas fait, au gouvernement ? Qu’à cela ne tienne, elle tente sa chance ailleurs. C’est là, au reste, qu’on voit l’animal politique. Savoir retomber sur ses pattes, comme les chats qu’elle adore.

La concurrence sera donc rude pour succéder à Gilles Le Gendre car, en face, il y a du lourd : François de Rugy et Christophe Castaner. Autant dire que c’est un combat de titans qui s’engage et l’on en frémit d’avance. Aurore Bergé n’a évidemment rien à y perdre, moins que ces deux anciens poids lourds du gouvernement (tout est relatif, évidemment), l’essentiel étant, pour elle, de se faire remarquer, de se positionner, de se distinguer, de s’imposer dans la cour des grands. Bref, de participer. Et, sait-on jamais, sur un malentendu… Aurore Bergé a tout compris. Du culot à l’état brut : c’est sa force. Il paraît qu’elle « insupporte en haut lieu ». On verra bientôt si c’est seulement en haut lieu…

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