Un défunt ministre de la Propagande d’outre-Rhin disait : « Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit… » Un cynisme qui ne lui porta pas bonheur, ni à lui, ni aux siens. Il s’appelait Joseph Goebbels !

On l’appelait aussi « Docteur ». Il avait soutenu une thèse, en 1921, à Heidelberg, sur un écrivain romantique du début du XIXe siècle, Wilhelm von Schütz, sous la direction du professeur Max Freiherr von Waldberg, éminent germaniste, d’origine juive. Pedigree qui devait le conduire à la retraite forcée en 1933 et à se voir rayé du corps professoral deux années plus tard.

Moralité : n’ayons qu’une confiance limitée dans nos disciples, fussent-ils brillants !

Voici qu’un de nos élus est pris la main dans le sac à friandises. Arash Derambarsh, fringant quadra, avocat, ayant successivement servi – ou desservi – l’UDF, AL, puis DVD, justement devenu maire adjoint chargé du développement durable à Courbevoie, après les dernières élections municipales du 28 juin 2020, où il était candidat sur la liste d’union des droites libérales de Jacques Kossowski (LR) : « Fiers d’être Courbevoisiens. » Il y a un hic. Le susdit aurait usurpé son titre de « docteur en droit*», après plagiat des travaux d’autrui et il n’est pas sûr que sa carrière politique puisse se développer durablement.

Moralité : méfions-nous de nos élus de proximité, fussent-ils juridiquement labellisés !

Cette « micro-affaire Derambarsh »*, n’est que la partie visible d’un fait de société : un épiphénomène du mal qui ronge notre droite libérale, moralisatrice et arrogante – la danse de Patrick Balkany (LR), le 21 juin dernier, quel beau pied de nez au système – et nos partis politiques en général. Il ne s’agit pas d’abonder dans le « tous pourris » vulgaire. Mais combien de Stavisky à la petite semaine ne cherchent-ils pas, en 2020, par leurs fraudes mesquines ou maladives, leurs mensonges, à se servir avant de servir. Le fait n’est pas nouveau. Chaque régime génère ses fruits pourris ; au moins la démocratie athénienne recourait-elle à l’ostracisme en cas de corruption avérée.

Voilà donc venu, pour certains, le temps des tempêtes, pour plagier le dernier titre de Nicolas Sarkozy, concerné au premier chef, entre trahisons, mensonges et passe-droits. Passons sur le fait que ce dernier ne puisse imaginer ses adversaires – Jean-Louis Debré, par exemple – qu’en haineux irrationnels. François Bayrou, lui, serait le dernier des Judas : Il « a toujours trahi ceux qu’il a choisis ». Voilà qui est dit. Au moins, dans ce monde faussement policé du pouvoir démocratique, avons-nous la chance que les tentations partisanes de « nuits des longs couteaux » demeurent virtuelles.

Moralité : méfions-nous de ces avocats pro domo, eussent-ils juré leurs mille diables que « La politique, c’est fini ! »

Le 6 février 1934 fit près de 40 morts et 2.000 blessés parmi les patriotes qui manifestaient – déjà ! – contre les « traîtres », les « voleurs », les « assassins ». Ces patriotes-là avaient pourtant passé quatre années dans la boue pour sauver la République. Et pour quelle reconnaissance ?

Oui, hélas, « plus le mensonge est gros, plus il passe ». Mais il se pourrait bien qu’un jour, l’écœurement électoral que traduit pour l’instant l’abstention, et les explosions sociales légitimes mais confuses, se transforment en juste colère…

*Arash  Derambarsh conteste les faits et a déclaré qu’il fait appel de l’annulation de son doctorat en droit.

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