La déroute des pères : la dénatalité n’est pas qu’un problème de femmes
BV l’évoquait encore cette semaine : la France vit un véritable hiver démographique. Pourtant, il serait trop facile d’accuser les femmes, de croire que sur leurs épaules seulement reposent ce « réarmement démographique » qui a tant fait hurler les féministes quand Emmanuel Macron l’a évoqué. En une semaine, pas moins de trois articles dans trois médias différents faisaient témoigner des hommes qui choisissaient volontairement de renoncer à une potentielle paternité ou bien témoignaient de la souffrance subie à cause de celle-ci.
Sacrifier sa paternité sur l’autel du couple
Le Parisien, d’abord, donnait la parole à Thomas qui, bien que projetant de devenir père à son tour vers 25 ans, comme son propre père, y a finalement renoncé, en rencontrant Doriane : « le trentenaire parle au passé parce que ce projet appartient maintenant à l’histoire ancienne. Après avoir longtemps fait de la paternité un objectif de vie, il a renoncé à son désir d’enfant. "J’ai rencontré l’amour de ma vie et… Ça a tout bousculé." » explique-t-il au quotidien. C’est que pour Doriane c’était non négociable : elle ne voulait pas d’enfant alors Thomas y a renoncé « par amour ». « Aujourd’hui, le couple affirme avoir trouvé son équilibre. Thomas admet qu’il lui arrive parfois d’imaginer la vie qu’il aurait pu mener en tant que père. Mais ces pensées ne s’accompagnent pas d’amertume » conclut l’article du Parisien.
La dépression paternelle
Le Figaro, ensuite, livrait une enquête sur « la dépression postnatale masculine » : « isolement, colère, honte, idées noires... Des pères racontent la face cachée de la naissance d’un enfant, loin des images idéalisées de la paternité. Une souffrance encore taboue, mais qui peut être prise en charge » expliquait le quotidien. S’il restait des Thomas encore hésitants, Le Figaro lui offre de bien joyeuses perspectives puisque « près d’un père sur dix serait concerné » et les conséquences pouvant aller jusqu’au suicide ou à la maltraitance du bébé sont loin d’être anodines. Si les causes de cette dépression sont multiples expliquent Le Figaro, « certains partagent aussi leurs difficultés face au manque d’intimité avec leur conjointe ou au fait de devoir renoncer à leur "vie d’avant" ».
Choisir une vie sans contrainte et donc sans enfant
Un deuil impossible pour Louis et Julie qui témoignaient au 20 heures de France 2, le 7 juin dernier avoir fait le choix d’« une vie sans contrainte et sans enfant ». D’ailleurs, Louis est même allé jusqu’à la vasectomie pour s’assurer de pouvoir continuer « à faire ce qu’[il] a envie de son temps libre ». Les larmes de sa maman n’y font rien d’ailleurs puisque de toute façon lui « [il] vit pour [lui] et pas pour [ses] proches ». « Quelque part c’est vivre égoïstement », lui fait remarquer sa mère, ce qu’il veut bien reconnaitre, mais « c’est [son] choix et puis c’est tout ». Comme le montrent ces trois articles, la rupture est générationnelle et ce qui paraissait naturel, à savoir avoir des enfants, ne l’est plus aujourd’hui.
Rupture de la chaîne générationnelle
Sur X, les réactions à ce dernier extrait ont été nombreuses. Marion Maréchal plaignait plus qu’autre chose ce couple en dénonçant « le plus grand crime intellectuel de cette gauche [qui] est d’avoir désespéré une partie de la jeunesse au point qu’elle renonce à l’une des plus belles choses de l’existence : avoir des enfants et transmettre ». Parce qu’une chose est sûre, les politiques pourront se démener dans tous les sens en envoyant des lettres, en mettant les papas au turbin, en accordant des prêts immobiliers à taux zéro, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. En l’occurrence, on ne force pas un homme à devenir père et le « réarmement démographique » auquel a appelé Emmanuel Macron, qui soit dit en passant, n’était pas le mieux placé pour appeler à cette croisade des berceaux, n’est pas une question de « productivisme » demandé aux corps des femmes, comme l’entend Anne-Cécile Mailfert présidente de la fondation des femmes dans son livre La Panique démographique, une réponse féministe (Les Petits Matins), mais plutôt le cri d’alarme d’un système qui a fait de l’individualisme la quête d’une vie.
Charles Péguy, qui voyait dans les pères de famille de « grands aventuriers du monde moderne » ne s’était pas trompé. Il faut avouer que l’actualité ne donne pas vraiment envie de mettre des enfants au monde, mais si le drame vécu par la petite Lyhanna a mis au jour la rupture du contrat social liant les citoyens à l’État pour assurer leur protection, le choix des générations en âge de procréer de ne pas le faire met lui en péril non seulement le contrat social entre générations mais marque surtout une véritable rupture civilisationnelle : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la Terre et soumettez-la » dit Dieu dans la Genèse, qui, quoi qu’on en dise, reste l’un des textes fondateurs de notre civilisation.
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3 commentaires
Faire des enfants dans un pays aussi dangereux est une folie ! De plus, les couples ne tiennent pas plus que 10 ans max !
» n ne force pas un homme à devenir père »
bah, demandez donc ce qu’il en pense à Dominique Desseigne…
Ces jeunes pensent-ils à ce que sera leur vie lorsqu’ils auront un âge avancé, avec aucune descendance qui lui permettrait de se prolonger au delà leur mort. Que sera terne ce vieillissement sans projection verts l’après ! Je connais des personnes ayant fait ce choix dans les années 40-50, et qui, à présent, sont isolées, et abandonnées.
Personnellement, j’ai toujours eu comme ,principe, qu’un couple sans problème de fécondité, devrait avoir pour objectif d’avoir au moins 3 enfants, afin de permettre le renouvellent de générations : 2 enfants pour remplacer les 2 parents, et un 3ème pour remplacer des personnes qui, pour de bonnes raisons, ne pourraient pas avoir d’enfants ( ce que je ne souhaite à personne ) : stérilité, prêtres ( bien que je pense que ceux-ci devraient pouvoir, comme les pasteurs, se marier et avoir des enfants ), célibataires endurcis, qui auraient aimé enfanter, mais n’ont pas été capables de fonder un foyer etc…Couples se contentant d’un seul enfant, ce qui, clairement, est facteur de déficit démographique. Churchill, au début du XXème siècle, préconisait que avoir 4 enfants était un objectif de base : 2 pour remplacer les parents, 1 pour l’équilibre démographique, et un 4 ème au cas où un malheur surviendrait : il avait perdu une de ses filles. Par ailleurs, le chiffre de 4, dans le meilleurs des cas, peut permettre à chaque enfant de vivre avec des frères et soeurs (2 garcons, 2 filles). Je vois tant de bonnes raisons.
Et puis, il y a le souhait de reproduire le schéma familial de son enfance. Mon gendre ne veut pas entendre parler d’un 3ème enfant, surtout parce qu’il n’avait qu’un frère jumeau. Ma fille ferait peut être le pas, s’il lui le désirait. Ils ont déjà une fille et un garçon, et se reposent sur ce qu’on appelle » le choix du Roi » S’ils avaient eu 2 filles pour commencer, peu-t-être penseraient-ils à un 3 ème enfant.
Ils ne se rendent pas compte que c’est un facteur essentiel pour l’avenir de notre pays, et peut-être même, pour l’avenir de leurs enfants, déjà nés, et si chers à leurs coeurs.