Anna Mouglalis assimile Canal+ et Bolloré au cinéma de l’Occupation

Systématique, la "reductio ad Hitlerum" tourne au comique.
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La haine anti-Bolloré ne prend pas de congés. Aux universités d’été de La France insoumise, ce samedi 22 août, la comédienne Anna Mouglalis a franchi un nouveau cap dans sa croisade contre l’homme d’affaires breton. Elle a à nouveau défendu la tribune infamante « Zapper Bolloré » et estimé que la réponse apportée dans la foulée par le groupe Canal+ dépassait sérieusement les bornes. « Ce n’est pas par hasard que d’un coup, il y a le papa Fouettard qui prend la parole, a commencé l’actrice. La réponse a été immédiate, avec cette menace. C’est complètement illégal de dresser des listes noires ! La liberté d’expression est censée être garantie ! »

Pas celle de Vincent Bolloré, apparemment, mais cette incohérence ne semble pas avoir effleuré Mme Mouglalis. Cette dernière a, d’ailleurs, poursuivi sa diatribe en comparant la situation actuelle du cinéma français à celle de la période de l’Occupation et établi un lien entre les productions d’aujourd’hui et les films de propagande pendant la Seconde Guerre mondiale. « La réponse du milieu n’est pas du tout à la hauteur et tout le monde lâche. C’est la servitude volontaire !, s’est-elle insurgée. Il y a eu des précédents : sous l’Occupation, il y a plein de films qui se sont faits, avec des récits contrôlés et ça ne gênait pas grand monde ! Donc, faut vraiment se poser ces questions, quoi ! »

La sortie intervient dans le contexte de la polémique provoquée par la tribune « Zapper Bolloré », publiée dans Libération le 11 mai 2026. Le texte dénonçait notamment la concentration du financement du cinéma entre les mains du groupe Canal+, dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence. Après la publication de ce texte, Maxime Saada, directeur général de Canal+, avait logiquement annoncé qu’il ne souhaitait plus travailler avec ceux qui avaient insulté son groupe.

Des « récits contrôlés » ? Vraiment ?

Le problème de la comparaison avec l’Occupation est qu’elle suppose qu’un cinéma français jusqu’ici libre et pluraliste serait soudain menacé par l’arrivée d’un patron despotique. Or, le paradoxe saute aux yeux, il suffit de regarder la production soutenue ou diffusée par Canal+ : Les Misérables de Ladj Ly, La Fracture, Le Procès Goldman, L’Histoire de Souleymane… Depuis des décennies, les productions françaises offrent une place surdimensionnée aux thèmes et aux représentations de gauche.

Surtout, où sont les équivalents, dans le catalogue français financé par Canal+, de films portant frontalement un discours patriotique, conservateur ou hostile à l’immigration ? On peine à en citer le moindre exemple. Si des récits cinématographiques sont aujourd’hui « contrôlés » en France, ils le sont par la gauche culturelle.

L’éternelle référence aux « heures les plus sombres »

Sur la forme, aussi, le discours d’Anna Mouglalis laisse grandement à désirer. L’évocation des « heures les plus sombres » de l’Histoire est devenue une figure imposée du débat culturel dès qu’une personnalité de gauche est mise en difficulté. Le problème est qu’il faut alors accepter de regarder l’Histoire jusqu’au bout. Assimiler Vincent Bolloré ou la droite française à la collaboration avec l’Allemagne nazie relève d’une réécriture historique éhontée. Est-il besoin de rappeler la soumission du Parti communiste français à la ligne dictée par le pacte germano-soviétique jusqu’à l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, en juin 1941 ? À l’inverse, l’histoire de la famille Bolloré est très éloignée de celle d’une dynastie ayant choisi le camp allemand. Gwenn-Aël Bolloré et Marc Thubé, membres de la famille, participèrent au Débarquement au sein du commando Kieffer. Et Léon Blum, ancien président du Conseil socialiste et déporté à Buchenwald, séjourna ensuite chez les Bolloré en Bretagne.

Et puisque l’on aime tant convoquer la Seconde Guerre mondiale, une question mérite d’être posée : qui, aujourd’hui, entretient des relations politiques ou idéologiques avec des puissances étrangères hostiles aux intérêts français ? Qui multiplie les complaisances à l’égard de certains régimes islamistes ou antifrançais tels que l’Iran ou l’Algérie ?

L’égérie Chanel en résistante de plateau

Militante assumée, Anna Mouglalis n’est pas une observatrice extérieure à ce petit monde. La comédienne est une personnalité ouvertement engagée à l’extrême gauche et fait partie de ces artistes qui gravitent dans les sphères mélenchonistes. Une posture amusante, quand on connaît les liens que l’actrice entretient en parallèle avec l’industrie du luxe. En effet, Anna Mouglalis est devenue, en 2002, l’une des égéries Chanel et ne déteste pas parader au festival de Cannes recouverte des collections de haute joaillerie les plus onéreuses de la marque…

Cette collaboration que l'on devine rémunérée est d’autant plus savoureuse que la maison de couture n’est pas étrangère, elle non plus, aux zones les plus sombres de l’Histoire. Coco Chanel entretint, pendant l’Occupation, une liaison avec l’officier allemand Hans Günther von Dincklage et fut recrutée en 1940 par l’Abwehr comme agent sous le nom de code « Westminster ». Des archives exhumées par l'historien Hal Vaughan ont, depuis, étayé l’existence de cette relation avec les services de renseignement allemands. On laissera donc à chacun le soin de mesurer l’ironie de la situation.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

110 commentaires

  1. Honnêtement, j’ai apprécié le délicat maquillage des yeux d’Anna Mouglalis, sa chic robe néanmoins assez peuple, et cette voix grave qui a le don de faire oublier ce qu’elle dit. Un talent certain d’actrice, capable de s’associer les travailleurs intermittents, pétitionnaires inquiets de perdre leur boulot suite aux fanfaronnades de ces comédiens qui n’hésitent pas à cracher dans la soupe servie par leur financeur. Peut-elle faire mieux? Difficile quand au fond il n’y a rien à dire. Pour peu, c’est à ce genre de bonne femme qu’on aurait envie de dire: « fais toi belle et tais toi »….

  2. C’est de bonne guerre si j’ose dire, il fait monter les enchères pour montrer que c’est une bonne personne, ils parlent tous d’une guerre qu’ils n’ont pas connue mais ça fait savant, puis c’est la mode, c’est vrai puisque tous ceux qui ne les suivent pas sont des fachos, c’est sans importance, dans cet entre-soi on peut tout se permettre pour montrer qu’on est meilleur que l’autre, plus inventif. Je ne reprendrais pas ce que disait Chirac dans ce genre de situation

  3. Quelle inculture: elle ne connaît pas les films de cette époque (des chefs-d’œuvre). Pontcarral (franchement résistant avec la réplique »Être emprisonné sous un tel régime, c’est un honneur), Le Ciel est à vous (franchement résistant, à la gloire de l’aviatrice Dupeyron), l’Assassin habite au 21, les Visiteurs du soir, le Corbeau (contre les lettres anonymes), la Main du diable, etc.

  4. Il est évident qu’il n’y a pas, pour les tenants du « reductio ad hitlerum », d’équivalent en ce qui concerne Staline (« reductio » qui pourrait d’ailleurs bien être le même pour certain moment précis de l’histoire…) : c’est très dommage…mais c’est ainsi !

  5. Pauvre petite fille riche, égérie de Chanel. Sait-elle que durant l’occupation d’immenses chefs d’œuvre ont été réalisés. Le corbeau pour ne citer que celui-là. Mais quand on est idéologie, on perd son intelligence, si tenté qu’elle en fut un jour pourvue.

  6. « La liberté d’expression est censée être garantie ! »… ben tu vois ma grande que tu peux dire des choses sensées quand tu veux ! Impressionnant tous ces gens qui prennent leur notoriété pour de l’intelligence !

  7. Déjà je ne connais pas cette « personne » car actrice, pas convaincue, et elle me parait bien jeune pour avoir connu l’occupation, encore qui parle sans savoir
    Il va falloir que Canal + et donc Bolloré arrête de financer ce qu’ils osent appeler un « film » qui est souvent des daubes qui font que dalle en entrée, en plus films de propagande, et donc qu’elle aille pointer chez France Travail…..

  8. Pourquoi ne demandent-t-ils pas à leurs amis Pigasse et Niel de financer leurs « chefs-d’oeuvre » ? Je suis certain que ces milliardaires soit disant gauchos seront très heureux de financer des navets à 5 000 entrées. Pigasse surtout, entre deux voyages a la Maison Blanche où après un trajet en jet privé, il passe des soirées en smoking et noeud pap’ à flatter Trump et les siens pour obtenir la restructuration de la dette du Venezuela sur laquelle il va prendre uner jolie commission… Mais. Il est vrai que pour ses gens, comme disait l’empereur Vespasien, « l’argent n’a pas d’odeur »… Quant à cette pauvre Anna Mouglalis, elle crache sur les riches, mais s’il n’y en avait pas pour acheter les robes hors de prix pour laquelle elle fait le mannequin chez Chanel, de quoi vivrait elle ?

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