Le bal(l-trap) de la rentrée est ouvert : le Grand Orient tire sur les écoles hors contrat

Guillaume Trichard, grand maître du Grand Orient de France, « estime que les écoles privées hors contrat n’ont pas leur place dans la République ».
Photo ©Thomas SAMSON / AFP
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La rentrée est proche, la saison de la chasse à l’école hors contrat est déclarée rouverte !

Guillaume Trichard, nouvellement élu à la tête du Grand Orient de France (qu’il dirigeait déjà entre 2023 et 2024), ouvre le bal(l-trap) dans un entretien accordé au Figaro : celui qui annonce d’ores et déjà la publication, dans quelques semaines, par le GODF d’un livre blanc sur l’école de la République, « estime que les écoles privées hors contrat n’ont pas leur place dans la République ». Cela a le mérite d'être clair. Les temps changent, ma brave dame. Autrefois, la franc-maçonnerie rimait avec cachotterie, aujourd’hui, Trichard rime avec bavard. Son patronyme du reste, m’inspirerait bien d’autres réflexions mais je m’arrêterai là car de son nom, il n'est pas responsable. On ne peut pas en dire autant de ses déclarations.

Tube témoin qui fait mal 

Mais pourquoi l’enseignement hors contrat est-il donc devenu l’école à abattre ? Parce que essentiellement confessionnel - enfin catholique, l’islam n’est pas le sujet de Guillaume Trichard, il ne fait aucunement allusion à Samuel Paty ni à Dominique Bernard, la menace que fait peser l’entrisme musulman sur l’école publique mettant à mal la laïcité qui est censée lui être chère n’est pas son sujet - et puis parce que c’est le tube témoin intact, gardé à l’abri de la grande expérience pédagogiste d’apprenti-sorcier de l’Éducation nationale à laquelle le GODF n’est pas étranger. La comparaison, forcément, fait mal.

Les parents du hors-contrat, pourtant ne font pas de bruit, courbent l’échine, font en sorte de ne pas se faire remarquer. Ils casquent sans moufter pour l’école des autres - par leurs impôts - et se saignent aux quatre veines pour celle de leurs propres enfants, organisant, pour la financer, des marchés de Noël et autres kermesses dans lesquels ils achètent à prix d’or les gâteaux qu’ils ont eux mêmes confectionnés la veille.

La dernière fois que ce type d’école a fait parler d’elle c’était en juin dernier, au moment de Parcoursup, afin de demander (légitimement) une place pour ses élèves au Prytanée national militaire de La Flèche, constatant que certains d’entre eux en étaient évincés : réclamer d’entrer dans l’Armée par amour de son pays, accepter par avance pour pas un rond, ou presque, l’éventualité du sacrifice suprême, c’est-à-dire de se faire trouer la paillasse sur ordre de la République… On a connu séparatisme plus flagrant.

Aider activement à (tout faire) mourir 

Mais les ambitions de Monsieur Trichard ne se bornent pas à l’Éducation nationale : « Face à la montée des populismes, notre obédience à un rôle à jouer ». On sait que le pluriel devant « populisme » a autant de valeur que devant « religion ». Tout le monde sait qui est visé. « Début 2027, le Grand Orient de France publiera ses espoirs pour la France, l’Europe et le Monde » :  Guillaume Trichard « [Espère] que les candidats sauront s’inspirer de ces propositions à venir dans leurs programmes et dans leurs arguments. Comme cela a pu être le cas pour la loi sur l’aide active à mourir (…) ».

Quelle comparaison bien choisie. Voilà des lustres que cette obédience franc-maçonne murmure à l’oreille non pas des chevaux, mais des ânes (bâtés) qui nous gouvernent. Plutôt que GODF, leur nom devrait être GDDF : Grand Désorient de France : ils ont désorienté tout le pays. Plus de cap, d'horizon, de gouvernail, ils sont une boussole qui indique le sud. Pour l’aide active à mourir - de l’éducation, mais aussi l’industrie, l’agriculture, la Santé, etc. - ils sont en effet, et depuis longtemps, champions.

Ils devraient, tout honteux se cacher, mais non, ils la ramènent. Ils sortent sans vergogne du silence qui était censé être leur marque de fabrique tant ils redoutent de ne plus pouvoir mener à leur guise la France dans le mur.

Les quelques mois avant la présidentielle vont être durs. La sarabande, de tous côtés, a commencé. Cet entretien offensif, dans les derniers jours du mois d’août, alors que la France sort à peine de sa torpeur de l’été, le préfigure. BV s’y prépare. Chers lecteurs, vous pourrez compter sur toute la rédaction, bien reposée, aguerrie et armée. C'est la promesse que je vous fais en ce début d'année scolaire !

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

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