Depuis ce jeudi, c’est désormais officiel : plus besoin de sortir déguisé en Fantômas dans la rue, dixit. Mais pas si « dixit » que ça. Car le décidément irremplaçable qui, après avoir fait le « pitre » place Beauvau, « re-dixit » notre confrère Xavier Raufer en ces colonnes, assure maintenant cette fonction en tant que patron du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, ayant déclaré dans l’intervalle : « Le retrait des , c’est encore trop tôt ! »

Il est vrai qu’une mesure gouvernementale macroniste n’en serait pas vraiment une sans couac préalable ; ce qui est devenu comme une sorte de marque de fabrique élyséenne aurait même déclenché l’hilarité générale au dernier Conseil des ministres, à en croire Le Parisien de ce matin. Toujours selon cette source, un proche du Président, magnanime, aurait pourtant affirmé : « Christophe n’y est pour rien. Mais voir cette dépêche tomber au moment où le Président venait de nous dire l’inverse, c’était drôle. »

Il est un fait que les occasions de se claquer la panse de rire nous sont chichement comptées depuis des mois. En revanche, celles consistant à pointer le cynisme gouvernemental sont au moins aussi nombreuses, tel qu’en témoigne la sortie de Natacha Polony, patronne de notre confrère Marianne, sur les plateaux de BFM TV, ce mercredi dernier : « J’ai mauvais esprit, ce n’est pas bien. […] On nous avait dit, au départ, qu’il fallait attendre la fin juin pour être sûr, qu’il fallait être prudent. Et puis là, tout à coup, trois jours avant l’élection… Mais nous n’aurons jamais la preuve de cela. »

À l’attention des esprits vétilleux, rien d’évidemment « complotiste » dans cette remarque, surtout lorsque relayée par un lui aussi présent : « Ce n’est pas interdit, en politique, d’être habile, surtout qu’on ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron en ait abusé. » Le coup de pied de l’âne, en d’autres termes. Et cette vieille mule du commentaire politico-mondain (pas celle du pape, on précise) d’en rajouter avec ce tweet plus que taquin : « Je serais extrêmement étonné que les annonces de Jean aient un impact électoral, quel qu’il soit, sur les et départementales. »

À cet égard, il est tout de même réjouissant de constater à quel point de demain continue de ressembler à celui d’hier. Il en va ainsi d’un Macron comme d’un Chirac. Grotte d’Ouvéa et libération surprise de nos otages retenus au Liban en 1988, à quelques jours de l’élection présidentielle, pour l’un. Petit privilège accordé du bout des doigts, mais à grands renforts de flonflons et de trompettes, à destination d’un peuple trop longtemps enfermé, pour l’autre.

C’est rusé, c’est malin, c’est bienvenu. Mais, en 1988, voilà qui n’a pas empêché d’être réélu. La réponse dimanche prochain ?

17 juin 2021

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