Depuis sa nomination, le 3 juillet dernier, le Premier ministre Jean Castex s’agite aux quatre coins de l’Hexagone. Son boniment quotidien, tel un VRP qui nous réciterait ses mantras commerciaux, tient lieu de politique générale pour des Français qui ne l’écoutent ni ne l’entendent pas, tant ils sont épuisés par cinq mois de crise sanitaire.

Autrement dit, aujourd’hui, il nous menace d’être à nouveau séquestrés à nos domiciles et de ne plus pouvoir aller et venir librement. Le reconfinement généralisé comme si les vies économique, sociale et culturelle du pays ne s’étaient pas déjà effondrées. M. Castex, les Français sont adultes et intelligents. Respectez-les. Ils ne vous ont pas attendus pour s’équiper de masques et les porter alors que les services de l’État, que vous dirigez aujourd’hui, nous martelaient de façon tonitruante, en mars, que les masques étaient inutiles.

Chaque jour, il se trouve un média, un préfet, un maire, un épidémiologiste, un médecin pour relancer le spectre sombre de l’arrivée d’une deuxième vague mortelle du Covid-19. Prenons l’exemple des foyers d’infection, les fameux « clusters ». Leur nombre ne cesse d’augmenter, principalement parce que le nombre de personnes testées s’accroît. Entre le 25 et le 31 juillet, 565.000 tests ont été effectués, en France, alors qu’au mois de juin, l’on peinait à en réaliser 200.000 par semaine. Au mois de juillet, les hôpitaux n’ont eu à enregistrer que 10 à 20 décès quotidiens en raison du virus, contre plus de 500, au mois d’avril. Moins de 400 malades étaient en réanimation intensive, le 3 août, soit 13 (!) de plus que depuis vendredi dernier, 31 juillet.

Où est la deuxième vague annoncée depuis deux mois ? On pourrait croire qu’elle est vivement espérée par tous les médias en mal de sensationnel et d’audience. Le 4 août, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, auréolé manifestement d’un don de voyance et aussi de sa blouse blanche de scientifique, nous l’annonce avec aplomb pour cet automne. Nos gouvernants foutent la trouille aux Français et beaucoup d’entre eux, sans doute, connaissent malheureusement des troubles psychologiques en raison de cette crise qui n’en finit pas de durer.

Pendant ce temps-là, trafics, assassinats, exactions, rixes entre bandes, incendies criminels ont, partout sur le territoire, quartier libre cet été. Que fait la police, me direz-vous ? Elle fait ce qu’elle peut. Et, pour les policiers comme pour une majorité de Français, les sentiments de désespérance et d’injustice gagnent du terrain chaque jour. Ils espèrent seulement que ces drames ne viendront pas atteindre leurs villes ou leurs quartiers. Les incantations télévisuelles de , ministre de l’Intérieur, n’y changeront rien, d’autant plus que sa phraséologie est si creuse et si vide de sens. Je vous cite quelques mots de son insignifiant charabia bien-pensant. « Quartier difficile, jeune, valeurs de la République, zone de non-droit, vivre ensemble, discrimination, diversité, racisme, réfugiés, mariage pour tous, citoyenneté, intégration… » J’en oublie, assurément.

Le « projet » d’, notre premier de cordée à la pensée si complexe, s’est vidé de toute énergie et de toute colonne vertébrale. En substance, seules la vacuité du programme et la communication élyséenne, pour tenir jusqu’en 2022, l’emportent sur toute autre considération. Comme un patient gravement malade, les constantes du pays affolent n’importe quel économiste sérieux. D’ici fin 2020, le PIB devrait chuter de 11,4 % et la dette s’envoler à 121 % du PIB. Et je ne parle même pas du taux de chômage, attendu pour le Nouvel An à au moins 11 % en métropole.

La France est au bord du précipice, à tel point que le Haut Conseil des les finances publiques s’est fendu d’une déclaration alarmiste « mettant en garde contre une situation qui menace la soutenabilité à moyen terme des finances publiques » du pays. En clair, est-ce que la France pourra continuer à rembourser ses emprunts ? Rendez-vous dans quelques mois pour le savoir.

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