Le vol d’une hostie pendant l’Assomption ravive le spectre des messes noires

Ces pratiques occultes ne sont pas un mythe.
Consécration lors d'une messe à Notre-Dame de Paris. Capture d'écran 
Daniel Castillo.
Consécration lors d'une messe à Notre-Dame de Paris. Capture d'écran Daniel Castillo.

Ce 15 août 2026, alors que les catholiques du monde entier célébraient l’Assomption de la Vierge Marie, l’église Saint-Quintien de Lieusaint, en Seine-et-Marne, a été profanée. Le tabernacle a été fracturé et une lunule contenant une hostie consacrée a été dérobée. Un geste qui, pour un profane, pourrait sembler peu important, mais qui, pour un chrétien, revêt une tout autre portée et pourrait être le prélude à bien pire. En effet, le père Joaquim Quintallet, curé de la paroisse, a avancé l’hypothèse que cet acte puisse avoir été commis en vue de la pratique d’une « messe noire satanique », une pratique sacrilège qui nous replonge dans certaines des plus sordides affaires de l’Histoire de France.

Une profanation qui n’appartient pas seulement au folklore

La messe noire est souvent reléguée au domaine du fantastique, des romans gothiques ou des récits sensationnalistes, surtout dans une société déchristianisée comme la nôtre où la messe et l’Eucharistie ne sont plus au centre de l’existence. Un prêtre du diocèse de Poitiers explique à BV que des cérémonies de nature profanatoire ont existé et existent encore : « Chaque semaine, il y a des messes noires en France. Il y a des sectes lucifériennes, des sectes sataniques partout. » Le principe est toujours le même : détourner les éléments du culte catholique pour les retourner contre ce qu’ils représentent, dans les gestes comme dans la pensée. L’hostie consacrée y occupe alors une place centrale, précisément parce qu’elle est au cœur de la foi eucharistique.

Le détournement d’une hostie à des fins sacrilèges n’est donc pas une invention moderne destinée à alimenter les peurs populaires. Cependant, l’État ne reconnaissant pas le délit de blasphème, il ne poursuit pas en tant que tels les individus pour ce genre de pratique. L’Église prévoit néanmoins juridiquement ce cas, qu’elle considère comme un délit particulièrement grave et dont l’absolution est réservée au pape. Pour éviter le vol d’une hostie consacrée pendant la communion, la seule arme des prêtres reste la vigilance et la prévention auprès de leurs ouailles, afin d’éviter de voir des individus repartir avec le corps du Christ pour en faire Dieu sait quoi. Par le passé, l’Église sut également poursuivre et juger ses auteurs avec sévérité.

Les messes noires de l’Histoire de France

Au XVe siècle, le cas de Gilles de Rais demeure l’un des plus célèbres. Maréchal de France et compagnon de Jeanne d’Arc, il est arrêté en septembre 1440, accusé du meurtre de nombreux enfants, d’hérésie et d’invocations démoniaques dans sa quête folle de richesse et de puissance, notamment à travers des pratiques occultes menées avec son complice, l’alchimiste Francesco Prelati. Gilles de Rais finit par avouer ses crimes et, le 26 octobre 1440, après avoir assisté à une dernière messe à la cathédrale de Nantes, il est pendu puis livré au bûcher. L’homme qui avait cherché à obtenir par l’invocation démoniaque ce que la puissance terrestre ne pouvait lui donner disparaît ainsi dans les flammes, après avoir consacré sa fortune et son existence à des pratiques occultes.

Deux siècles plus tard, en 1679, la France de Louis XIV connaît un vaste scandale : l’affaire des poisons. La Chambre ardente, créée pour instruire cette affaire où s’entremêlent empoisonnements, divination et pratiques occultes, auditionne 442 accusés et prononce 36 condamnations à mort. Au centre du scandale se trouve Catherine Deshayes, dite La Voisin, pourvoyeuse de poisons, mais aussi le sinistre abbé Étienne Guibourg, prêtre dévoyé auquel sont attribuées des cérémonies présentées comme des messes noires. On parle ainsi d’offices religieux détournés, célébrés à rebours, des pratiques occultes accompagnées de bougies et d’hosties noires, voire de sacrifices de nouveau-nés au-dessus du corps nu de certaines femmes. Le tout aurait été pratiqué dans de sinistres caves, au coucher du soleil, loin des regards des Hommes et surtout de Dieu. Tout était fait pour que ces cultes sataniques soient l’exact contraire du culte catholique, le diable étant, dans cette logique, l’antithèse de Dieu.

Cependant, tant d’autres histoires de ces pratiques occultes nous échappent, tant d’hosties consacrées disparaissent sans que l’on sache ce qu’il advient d’elles. Derrière chaque vol, chaque profanation et chaque tabernacle forcé demeure un crime impuni, qui continue de se jouer loin des regards.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 22/08/2026 à 21:48.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

50 commentaires

  1. Il est très surprenant que dans l’état laïc qu’est la France, l’État ne reconnaissant pas le délit de blasphème, il ne poursuit pas en tant que tels les individus pour ce genre de pratique quant ils s’en prennent aux religions chrétiennes mais s’active, avec force, dès qu’il s’agit de certaines autres, notamment celles combattues par le monde chrétien aux temps glorieux de nos Rois qui n’en déplaisent ont fait la France.

  2. Comme GROGNARD, je reçois l’hostie et ne la prends pas comme une marchandise de supermarché ou un bonbon offert.
    Vive le rite tridentin.

  3. Nous voilà bien !!!!
    Ca va être quoi la prochaine fois ? des messes vaudous où on mettrait des aiguilles sur une poupée à l’effigie de celui qu’on voudrait éliminer ? Ca se trouve ça existe,

  4. Je savais que Gilles de Rais était pédophile et assassin, j’ignorais qu’il avait aussi eu des pratiques sataniques, ce qui n’a rien d’étonnant, puisqu’io était le fidèle compagnon de Jeanne d’Arc qui a été brûlée comme sorcière.

  5. Et cela est devenu de plus en plus fréquents chez certains qui ont cette pratique facilitée depuis que la Sainte Hostie est déposée dans la main lors de la communion. Voilà encore une pratique autorisée depuis Vatican II. Personnellement, j’assiste aux Messes célébrées dans le rite Tridentin où le Corps du Christ est déposé sur la langue.

    • Chacun à sa place, en effet : le prêtre donne l’hostie ; normalement, on s’agenouille pour la recevoir, ce que je fais .
      Et tant pis, pour le laïc, sollicité pour remplir ce service( ..) .
      Et s’il y a pénurie de (bons) prêtres, rappelons que recevoir la communion TOUS les dimanhes, voire plus, n’est pas dans la règle ancienne.

  6. On a un film, maintenant, avec un certaine Balasko en nonnette( ou en goguette), qui est dans un film évoquant un sympa petit musulman un peu difficile et placé dans un pensionnat catho et là il découvre des hosties et les mange en pensant que ce sont des chips…Pas vu le film et n’irai pas voir, juste lu un compte rendu, mais on en est là On s’y mare en ridiculisant aussi C-News, en passant…Un bon bide en salle à prévoir, mais le message est là !

    • et la Balasko s’en donne à cœur joie….. je n’en dirai pas plus. Depuis un certain film dont je ne citerai pas le nom pour ne pas lui faire de la pub, je ne regarde plus aucun film dans lequel la Balasko est dans le générique des acteurs. C’est mon choix.

    • La pauvre Balasko n’a plus que ce genre de film qui lui est proposé, un navet pour une tarte, pour mettre à l’honneur un étranger qui se moque de la religion catholique, le film monté avec de l’argent public du CNC
      Même les publicités lorsqu’il y a un couple c’est une femme blanche et un noir (préservatifs), ou une blanche et un arabe mais jamais ‘inverse, s’il y a des enfants ceux ci sont cafés au lait (créolisés comme dirait MELENCHON) il est vrai qu’ les noirs et les arabes sont très représentés en France dans les prisons, les vols et viols de femmes âgées les dernières 86, 92 ,96 et 108 ans vols et surement viols, BALASKO devrait faire un film où elle est une des victimes celle de 108 ans lui conviendrait le mieux

  7. Si la communion se donnait sur la langue et non dans la main , il y aurait moins de risque de profanation .
    Dans le cas présent c’est le Tabernacle qui a été forcé .

  8. Dans son livre « là bas » Huysman décrit une messe noire. La première oraison à Satan est un remerciement pour l’avortement. Par ailleurs la pratique des messes noires est à rapprocher de la pédophilie.  » Ce que vous ferez à un de ces petits, à moi que vous le ferez ».

  9. Quand le curé vous mettait l’hostie dans la bouche, c’était quand même plus difficile de la subtiliser que quand un assistant vous la donne de la main à la main…

  10. Mère Yvonne-Aimée de Malestroit, morte en 1951 et dont le procès de béatification est en cours, a reçu plusieurs « missions » de rechercher des hosties profanées. Cet aspect de la vie de MYA est une belle leçon pour reconnaître la présence réelle de Jésus dans l’hostie

  11. Plus l’humanité avance dans la connaissance, plus on y trouve de cinglés et détraqués du cerveau. Et dans tous les domaines, pas que la religion…

    • EXACT, et tous ces jeunes des « raides parties », que vont ils devenir, après leurs élugubrations dans les champs de nos pauvers paysans, qu’ont il dans la tête ?? un pois chiche pas cuit. Avec cela que pensez vous qu’ils vont faire dans la vie ?? .. Vaste programme comme disait le Grand Charles…

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