Les 29.000 euros de maquillage pour le candidat Macron ne posent pas problème

Dépenser une fortune pour son apparence physique ? Faire mieux que son prédécesseur ? Emmanuel Macron relève le défi. Selon les calculs de la Commission des comptes de campagne et financements politiques (CNCCFP), le candidat a dépensé 29.042 euros en trois mois pour trente-cinq séances de maquillage. Hollande ridiculisé. Humilié sur son propre terrain.

Face à tant de frais de poudre, rimmel et rouge à lèvres, les vérificateurs ont demandé quelque explication, soupçonnant “des dépenses apparemment personnelles”. Un carnaval, une figuration dans Pirate des Caraïbes ? En quoi ces dépenses présentaient-elles un caractère électoral ?

Citant une décision du Conseil d’État du 30 novembre 2005, l’équipe d’Emmanuel Macron a répondu sans rire : “Les frais de maquillage sont considérés par le juge électoral comme des dépenses à finalité électorale et peuvent donner lieu à remboursement dès lors que ces frais ont été exposés en vue de collecter des suffrages.” Argument très léger mais estimé recevable par ladite commission, qui s’était montrée moins indulgente avec Nicolas Sarkozy en ne lui octroyant que 11.482 euros sur les 34.000 déclarés pour les mêmes services. Mais ne chipotons pas. Si la notion de “collecte de suffrage” est le passe-droit, le sésame à toutes dépenses ébouriffantes, allons-y gaiement. Musculation, voiture de sport, location d’une villa hollywoodienne… pour l’image ! Tous utilisés en vue de séduire l’électeur. Pour collecter du bulletin. Accompagnement d’un top model, séjour aux Seychelles… Tout et n’importe quoi peut entrer dans la catégorie très fumeuse du “en vue de collecter des suffrages”.

Marine Le Pen a-t-elle justifié ses frais de déplacement jusqu’au débat « en vue de perdre des suffrages » ? Est-ce qu’aux yeux de la commission ad hoc chargée de la vérification l’argument fonctionne en marche arrière ? Benoît Hamon pourrait, dans ce cas, présenter une note salée. Costume gris muraille taillé sur mesure, racket onéreux dans les quartiers difficiles. Les sbires de la commission doivent examiner la question. Entrevoir tous les cas de figure.

Mais que viennent faire des frais de maquillage insensés dans cette histoire ? Tout plateau de télévision offre gracieusement les services de jeunes femmes compétentes dévolues à cette fonction. Et déjà rétribuées par le contribuable pour ce qui concerne les chaînes du groupe France Télévisions. Le candidat Macron a peut-être fait appel à une surmaquilleuse ? Pour la deuxième couche.

Le directeur de la société d’événementiel Eurydice qui fut chargée des travaux de beauté sur le candidat est aujourd’hui directeur du pôle Image et Evénements à l’Élysée. L’ex-coiffeur de François Hollande n’en dort plus. Encore un quinquennat et il finissait ministre du Déboisement.

Le Conseil d’État a, en revanche, refusé de prendre en compte les modiques 7.000 euros du coach vocal. L’argument « une voix de velours en vue de collecter des suffrages » n’a pas convaincu. La logique se perd dans les dédales du cerveau technocratique.

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