Vers une Pax Americana en Ukraine ?
Alors que la venue à Moscou et surtout à Kiev des missi dominici de Donald Trump est annoncée en cette fin de semaine, les observateurs que nous sommes peuvent à juste titre se demander si cette énième tentative de cessez-le-feu durable, voire de paix, est encore possible entre les belligérants russe et ukrainien. Sur quelle base cette paix pourrait-elle donc être proposée et acceptée par les deux présidents russe et ukrainien ? C’est ce à quoi nous allons tenter de répondre dans ces quelques lignes…
Aucun des deux belligérants ne peut, actuellement, gagner la guerre
Comme nous l’avions précisé la semaine dernière, le déplacement « éclair » du directeur de la CIA à Moscou n’était pas une simple visite de courtoisie mais visait à éclaircir les bases d’un accord de cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine avec ses collègues russes des différents services de renseignement1, dont le FSB2 sans doute au premier plan, pour jauger les capacités de la Russie à poursuivre une guerre de haute intensité qu’elle a elle-même déclenchée, mais aussi pour que la situation en Europe reste d’une stabilité relative malgré les provocations russes, notamment la présence d’un drone armé sur l’aérodrome de Leipzig, le 3 août dernier. En outre, pour les Américains, il s’agissait aussi de s’assurer d’une neutralité russe en cas de reprise des hostilités dans le golfe Arabo-Persique, et surtout que les services russes ne continuent pas à alimenter les forces armées iraniennes en renseignements sur les forces américaines dans cette région du monde. Sur le terrain, la situation sur le front du Donbass a vu à la fois les Russes reconquérir en juillet plus de 200 km², notamment vers Pokrovsk, et les Ukrainiens libérer 340 km² vers Koupiansk. Curieusement, face aux attaques ukrainiennes, les troupes russes se replient en bon ordre sur des positions préparées.
Du côté ukrainien, les reculs constatés s’accompagnent souvent d’une évacuation de la population, notamment des enfants à Kramatorsk, le 5 août dernier. Avant la mobilisation annoncée de 300.000 hommes, probablement en octobre prochain, l’armée russe n’aura pas encore les moyens humains de gagner la guerre sur le Donbass. Pour les Ukrainiens, comme nous l’avions montré aussi le 23 août dernier, la situation n’est pas non plus idéale, et ce, malgré l’aide annoncée de leurs partenaires européens. Un groupe de généraux français en deuxième section ou à la retraite (du groupe Patria, notamment), « bien informés » et parfaitement respectables, affirment même que l’Ukraine aurait déjà perdu la guerre et que la situation dépeinte par la plupart des médias occidentaux serait fausse, au moins en partie, et de la propagande pro-ukrainienne. De notre côté, nous pensons que les agences américaines de renseignement connaissent exactement la situation sur le terrain des deux belligérants et qu’elles sont en mesure de suggérer au président Trump de tirer une occasion de cette situation pour imposer une « Pax Americana » aux deux belligérants.
Une « Pax Americana » indispensable
Aujourd’hui, personne dans le monde, hormis sans doute les Américains, n’est en mesure d’imposer une paix à deux belligérants actuellement en situation de guerre totale, voire extrême, aux sens « ludendorffien » et « clausewitzien » des termes. Cette guerre actuellement soutenue, d’une part, par les Européens et, d’autre part, par la Chine et la Corée du Nord dure maintenant depuis plus de quatre ans à la marge orientale de l’Europe. L’Organisation des Nations unies, créée sous l’égide des Américains à San Francisco en 1945, reposant à l’origine sur l’équilibre nécessaire avec les Soviétiques, est devenue à cet égard particulièrement inefficace, sans doute à cause de l’évolution des relations internationales et de l’apparition du géant qu’est devenue la Chine populaire et qui y a remplacé Taïwan depuis 1971. Parallèlement, les Britanniques et les Français, ayant depuis perdu leur empire colonial, n’en ont gardé dans le monde que des lambeaux, aujourd’hui d’ailleurs en cours de contestation et d’autonomisation. Pour ce qui concerne la France, certains lorgnent sur son siège de membre permanent au Conseil de sécurité. L’URSS dissoute en 1991 y a été remplacée par la Russie. Aujourd’hui, ces cinq membres permanents ne sont plus en mesure de s’entendre et de coopérer en vue de « sauver » la paix mondiale. Sans doute est-ce pour cette raison que le Président Trump a créé à Davos, le 22 janvier dernier, un Conseil de la paix (Board of Peace) pour mettre fin aux guerres ? Cette initiative vivement contestée par les Européens ne s’est encore matérialisée par aucun accord de paix. Malgré le cessez-le-feu annoncé en octobre 2025 à Gaza3, sa mise en œuvre sous égide américaine n’en est encore qu’à sa troisième phase et est loin d’être terminée avant le désarmement effectif du Hamas.
Alors qu’en est-il, aujourd’hui ? Certes, d’une part, une « formidable occasion » pour le président américain de mettre en œuvre une « Pax Americana » dans le monde avant les midterms de novembre prochain, mais aussi et surtout, pour l’Europe, la chance d’échapper à une escalade qui ne peut être que mortifère, sous réserve qu'elle le veuille bien... Les termes de cessez-le-feu devront être aussi approuvés par l’ensemble des membres de l’ONU et faire en sorte que la spirale des provocations et des représailles cesse une bonne fois pour toutes sur ces « terres de sang », pour reprendre l’expression de l’historien américain Timothy Snyder.
1 Vladimir Poutine a réformé les services de renseignement en plusieurs service où le FSB a pris la suite du KGB mais a cédé certaines de ses missions au service de renseignement extérieurs (SVR) et services de renseignement militaires (GRU).
2 Certains lecteurs ont affirmé que le directeur de la CIA n’avait traité qu’avec celui du SVR, ce qui est aussi possible, mais pas nécessairement exclusif en fonction de la composition de la délégation américaine. Après la visite du directeur de la CIA, il est vrai néanmoins que c’est le chef du SVR qui s’est exprimé sur les médias.
3 La problématique de Gaza ne figurait pas dans l’acte de création initial du bureau de la paix mais a été intégrée ensuite avec notamment la mise en œuvre de ce processus de paix entre Israéliens et Palestiniens.








































76 commentaires
Je compare l’Ukraine et la russie à un safari en Afrique. L’européen est dans le defender en train de prendre des photos en essayant de faire fuir le lion qui veut bouffer le zèbre. Il s’obstine à vouloir le défendre mais quand il partira la loi du plus fort reviendra. Au final l’européen aura perdu son temps et son argent, le zèbre se fera bouffer… Sauf que là on parle d’une inflation obscene, de famille qui mangent plus normalement et d’énormes sommes qui ont disparu. Tout ca pour un résultat inutile, donc un manque totale de clairvoyance de nos dirigeants européens!
Quand on voit les milliards que Macron a donné a Zelensky et l’état de la France ,il y a lieu de se poser des question ! Surtout que cette guerre n’est pas notre guerre et en plus l’Ukraine ne fait pas partie de l’U.E !!!! Cela me plairais assez bien que Trump réussisse là ou Macron a échoué ……
peut-être qu’ une diversification de ses sources d’information aiderait l’auteur à mieux appréhender les rapports de force………………..
a moins que l’important soit de se conformer au récit officiel. dans ce cas il suffit d’écouter LCI ………
Peut être qu’une simple observation du quarteron de dictateurs éveillerait votre intellect : poutine, mollah, xi, kim. Vous avez envie de goûter aux joies des démocraties « populaires », moi pas.
Exactement.
Des JRI de guerre et des anciens des RG ( et non les généraux de plateaux, journalistes et militantes ukrainiennes des chaînes mainstream qui prennent les ordres à l’ Élysée) sont unanimes : la Russie gagne sur le terrain et le Donbass, à cette allure, sera à elle à la fin de l’ hiver .
L’auteur nous expliquait l’an dernier que l’ Ukraine gagnait alors qu’ elle était exangue, laminée humainement et materiellement, qu’ elle mendiait l’argent public des européens ( la dette , en somme) et là face au réel , il dit que ni l’un ni l’autre ne peut gagner pour éviter d’avoir à dire totalement le réel: la Russie gagne les positions qu’ elle s’ est fixée de gagner depuis la début , petit à petit, malgré les attentats et les drôles français et anglais à l’intérieur de ses terres.
Allez encore un petit effort d’ honnêteté mon Colonel , même si ça pique fort…
L’unique ayant le pouvoir de décider ou non de LA PAIX…ce sont les Russes !
L’Ukraine n’ a plus d’hommes pour faire la guerre et n’ a plus non plus d’ aéroports en état .
C’est la raisons pour laquelle les déplacements de font par la rail .
Qui a autorisé macron a dilapide l’argent des français au seul bénéfice de zélensky ?
Macron n’a pas besoin de zelinski pour dilapider notre argent, il le fait très bien tout seul. Maintenant ce n’est pas une raison pour faire la retape pour poutine comme le font beaucoup d’intervenants.
Seule la France compte, rien d’autre.
Et Macron devra inventer une autre peur une autre guerre pour le peuple français.
Que TRUMP fasse taire les Britanniques et les Français ( GVTS ) en les menaçant et que le mendiant Ukrainien parte avec toute la fortune qu’il a engrangée et tout ira pour le mieux !!
Trump, STP…fais le !
Oh que oui , ras le bol de payer pour cet usurpateur, et qu’enfin pour l’Ukraine, des élections se fassent
20/20 !
100% d’accord avec jlmaurin7 (07.09 à 12h02). La Journée des Dupes comme en 1630. Minsk 1 et 2 passés à la trappe également en grande partie à cause de Merkel et Hollande. Ces accords servaient surtout à temporiser afin que l’Ukraine est le temps de monter en armement. Point Barre!
Trouver de l’ADN de « terroristes » connus sur un drone , faut le faire !!! même James Bond au meilleur de sa forme n’aurait pas trouvé ça !!! chapeaux bats les Teutons !!!!
« malgré les provocations russes, notamment la présence d’un drone armé sur l’aérodrome de Leipzig, le 3 août dernier ». Nul ne sait, ou ne veux révéler, l’origine de ce drone. Le gouvernement allemand, qui veut d’un conflit avec la Russie, affirme qu’il est russe puisqu’il s’agit d’un modèle russe. Hors le gouvernement ukrainien a tout intérêt à cela. Mais l’armée ukrainienne utilise aussi ces drones.
En lisant les commentaires, je me rends compte avec plaisir que la majorité des commentateurs sont comme moi et connaissent la réalité des choses.
Moi aussi. Cela m’a un peu surpris mais en tous cas, fortement réjouit.