Editoriaux - Radio - Sport - Table - 16 février 2016

Serge Aurier, à l’insu de son plein gré ?

Qui pourrait croire que Serge Aurier, l’arrière central du PSG, aurait, dans la nuit du 13 au 14 février, eu la révélation des paradis artificiels et qu’il se serait conséquemment mis à réfléchir ou à délirer (c’est selon !) sur ses coéquipiers et son entraîneur ? Ce gamin de Côte d’Ivoire dont la vie se ramène et se réduit aux évolutions d’un ballon rond aurait-il soudainement compris la portée des réseaux sociaux ? Bien sûr que non… Serge Aurier – et compère – semble tout banalement être un adepte de la « chicha », sa tablette est l’alpha comme l’oméga de ses activités non footballistiques et ses pensées ne volent guère plus haut que la barre transversale des buts qu’il a la charge de défendre.

C’est donc en bon soldat (mais à son insu) qu’il est allé faire le buzz… Son entourage, ses collègues et, bien évidemment, ses employeurs n’ignoraient sans doute rien de ses addictions aux réseaux sociaux, de ses commentaires puérils et de ses propos vénéneux. C’était depuis longtemps son quotidien, ils le savaient mais ils surent, à bon escient et au bon moment, s’en emparer pour faire parler de l’accès du PSG en huitième de finale de la Coupe d’Europe, une étape importante dans la vie d’un club aussi ambitieux.

Le soldat Aurier servit donc fort à propos une opération de communication somme toute ordinaire. On sonne les trompettes pour annoncer aux citoyens qui l’auraient oublié que le PSG joue gros dans sa rencontre avec Chelsea, on mobilise les commentateurs bien au-delà du cercle spécialisé des journalistes sportifs, on sollicite dans les matinales des radios les joueurs (les vrais, cette fois-ci !), on déstabilise l’adversaire qu’on interviewe au passage. Bref, à bon compte, on se mijote une belle campagne de communication et une belle manipulation d’opinion.

Quel que soit le résultat du match de ce mardi, la réponse est déjà écrite. Si le PSG l’emporte, ce sera en dépit des propos malveillants d’une brebis galeuse, et force sera d’admirer la vaillance, l’abnégation et la solidité d’une telle équipe ; s’il perd, le coupable est d’ores et déjà désigné, ce sera à cause de « ce pelé, ce galeux d’où nous vient tous nos maux… » Et le tour est joué ! La messe est dite, merci monsieur Aurier.

Seule compte finalement la communication ! Tout le reste est sans intérêt, y compris celui sur le dos duquel s’est construit la manipulation. Un Africain besogneux et appliqué dans son métier de footballeur, un Noir de 23 ans dont l’arrivée au PSG marquait la consécration d’une carrière, un Noir dont on peut se demander si la couleur de peau n’en faisait pas l’instrument idéal de l’opération… Qui va défendre ce joueur corvéable et malléable, qui se souviendra demain d’un joueur aux affligeants propos ? Et quel bon moyen, finalement, d’écarter un joueur qui dépare dans l’équipe si propre et si belle que le Quatar offre généreusement à Paris ?

Cher lecteur,
Nous travaillons d'arrache-pied pour donner de l'information alternative gratuite et de qualité à plus d'un million et demi de personnes.
Ce travail n'existe que grâce à la générosité de citoyens qui ont à cœur de lutter contre
les mensonges du politiquement correct et de rétablir la liberté d'expression en France.
Si vous acceptez d'aider Boulevard Voltaire dans cette mission salutaire pour notre pays, s'il vous plaît cliquez sur le bouton ci-dessous :


D'avance, un grand merci !
L'équipe de Boulevard Voltaire

À lire aussi

Pourquoi je ne commémorerai pas le 11 Novembre 

Les célébrants, derrière les masques de circonstance, n'auront qu'une hâte : oublier cette…