« Je plaide pour une union plus large des droites ! »

Jeudi dernier, Marine Le Pen, dans une lettre ouverte diffusée par voie de presse, a proposé à Nicolas Dupont-Aignan de faire liste commune pour les prochaines échéances électorales, les européennes qui auront lieu dans un an.

Le président de Debout la France explique, au micro de Boulevard Voltaire, pourquoi il a dû refuser pour l’instant cette main tendue.

Suite à la lettre ouverte de Marine Le Pen vous demandant de faire partie d’une liste commune avec elle aux Européennes en dernière position, vous avez signifié dimanche midi sur France 3 qu’il n’en était pas question. Pourquoi avoir refusé cette main tendue de Marine Le Pen ?

D’abord, personne ne peut imaginer que je sois comme certains veulent le faire croire, un diviseur. Je suis le seul qui ait eu le courage au second tour de l’élection présidentielle de soutenir Marine Le Pen. Je l’assume et ne le renie pas.
Cependant, l’union est une affaire trop sérieuse pour que cela se fasse par lettre ouverte à la presse sans que l’on se parle et qu’on travaille. L’union est le résultat d’un travail. Marine Le Pen effectue un travail dans son Rassemblement national sur un projet européen, et moi, avec Les Amoureux de la France et mes partenaires, Jean-Frédéric Poisson, le CNI de Bruno North, Véronique Bess du MPF.
On ne s’unit pas pour s’unir. On ne s’unit pas pour faire un coup politique. On s’unit parce qu’on a travaillé un projet et qu’on est tombé d’accord sur une vision. Ce projet, je n’ai pas fini de le travailler. J’ai dit simplement à Marine Le Pen que ce n’était pas le bon moment et qu’entre partenaires, on ne travaillait pas comme cela.
Son bureau est en face du mien. Ce n’était pas compliqué de venir m’en parler.

Pourquoi Marine Le Pen a-t-elle choisi ce moment-là pour faire cette proposition ? Pourquoi l’a-t-elle voulu en début 2018, sachant que les élections européennes ne sont pas pour tout de suite ?

Je ne sais pas, il faut lui demander. Cela part d’une bonne intention, sans aucun doute.
C’est peut-être le fait que Marion Maréchal s’exprimait ce jour-là devant ses amis, et peut-être aussi que Bernard Monot, député du Front national, est venu me rejoindre. Ce n’est pas moi qui l’ai débauché, je peux vous l’assurer.
Peut-être que Marine Le Pen a eu le sentiment qu’il fallait ressouder son équipe. Mais, encore une fois, les amis doivent pouvoir se parler franchement. Ils ne se parlent pas franchement pas voie de presse.
Je ne voulais pas alimenter la polémique, mais j’ai été obligé de dire que ce n’était pas le bon moment et que ce n’est pas la bonne méthode.
Je souhaite de tout mon coeur qu’il y ait une union qui aille au-delà du tête-à-tête que j’ai pu avoir à la présidentielle avec Marine Le Pen. Ce tête-à-tête était utile et positif, mais n’a pas été suffisant pour gagner. Il faut absolument une union des droites beaucoup plus large. Cela va aussi vers les Républicains et la droite hors les murs qui rejettent Macron.
Je pense qu’il ne faut pas limiter l’union à un seul duo avec Marine Le Pen. Elle doit le comprendre. C’est une aventure beaucoup plus collective, beaucoup plus méthodique et beaucoup plus réfléchie. Nous avons le temps, et il faut des bases solides.
L’union des droites est une nouvelle maison. Et quand on construit une maison, il faut que les fondations soient solides.

Craignez-vous de vous enfermer et de risquer de vous couper de nouvelles alliances et de ramener d’autres personnalités ?

Je ne crains pas de m’enfermer. J’ai été le seul à avoir osé la soutenir. Je n’ai donc aucun complexe. Parce que j’ai eu ce courage, j’ai aussi le courage de tirer les leçons.
Laurent Wauquiez des Républicains comme peut-être Marine Le Pen ne tirent pas assez les leçons de l’échec présidentiel. Il faut quand même savoir que, pour la première fois sous la Ve République, la droite a été exclue du premier tour. Les Républicains n’en tirent aucune leçon. D’ailleurs, maintenant ils vont faire des listes avec En Marche. Je ne sais pas si vous réalisez le drame.
De l’autre côté, Marine Le Pen avait envie de tirer les leçons. Mais qu’elle les tire jusqu’au bout. Il vaut mieux un travail sérieux de partenariat discret, mais sérieux plutôt que des lettres ouvertes. Je ne travaille pas comme cela et j’ai mon caractère, je suis responsable d’un mouvement politique qui travaille sérieusement. Je demande donc qu’on travaille sérieusement.

Pour terminer sur cette lettre ouverte, elle vous avait proposé d’être dans les derniers de liste avec elle. Si vous deviez créer une liste pour les Européennes, serait-ce vous en tête de liste ?

Je n’en suis pas là. Je n’ai jamais connu de généraux qui étaient dans les bases arrières. Les généraux sont devant leurs troupes. Ce n’est pas la question pour l’instant. J’en suis au projet. L’Union européenne est en faillite et tous les Français le savent, les Italiens le savent ainsi que les Hongrois. Les gens n’attendent pas que l’on conteste l’Union européenne. Ils savent que ce n’est pas bon. Ils attendent que l’on ait un projet alternatif solide.
Que proposons-nous et comment ? Quelle est notre position sur l’euro ? Avons-nous tiré les leçons du débat raté du second tour ? Voilà les vraies questions.
Ce n’est pas faire injure à Marine Le Pen, elle a eu la tâche difficile. Je ne renie rien, mais je veux que nous tirions les leçons. Je pense que les électeurs de droite attentent de nous que nous tirions toutes les leçons, que nous allions au fond des choses, que nous soyons prêts à répondre à nos adversaires. Ils ne vont rien nous laisser passer. Ne faisons pas du réchauffé, rebâtissons les droites et unissons-les. Cela passe parfois par des vérités que l’on dit publiquement si on nous parle publiquement.

Vous avez parlé de Laurent Wauquiez qui tendait la main à En Marche aux municipales. On sait que pour l’instant nous en sommes restés aux mots de Virginie Calmels disant que vous étiez la ligne rouge de la droite. Espérez-vous toujours rallier des déçus des Républicains à votre projet ?

Beaucoup de Républicains sont écoeurés de voir Laurent Wauquiez ouvrir les listes des Républicains à En Marche et d’avoir le soutien de monsieur Castaner. D’ailleurs, je remarque que Laurent Wauquiez, dans son Conseil Régional de Rhône-Alpes, gouverne avec des députés MoDem qui ici soutiennent En Marche. Il faut donc que Laurent Wauquiez clarifie sa position. Je sais que des millions d’électeurs Républicains en ont ras le bol du double langage de Laurent Wauquiez. Je l’invite à clarifier sa position. C’est pourquoi je m’adresse aussi à eux, car nous gagnerons demain. Moi, je veux la victoire. Nous gagnerons demain, le camp national, les patriotes gagneront si tous les patriotes à la fois du Rassemblement national, mais aussi des Républicains, du Parti démocrate se rassemblent sur des choses sérieuses.
Il y a un immense travail à faire et cela passe par des apparences de divisions superficielles, mais qui sont nécessaires pour clarifier les choses. J’ai été obligé de dire non, pas pour créer des problèmes et décevoir nos amis, mais simplement pour remettre les choses à leur place et travailler d’abord les idées et les alliances pour ensuite pouvoir lancer la bataille.

Est débattu en ce moment la loi anti fake news. Vous attendez un délibéré de justice au sujet de deux tweets demain en début d’après-midi. Êtes-vous serein ?

Très serein ou alors il n’y a plus de justice en France. Si oser dire qu’il y a une « invasion migratoire », ce qui est une réalité, équivaut à inciter à la haine raciale, je ne comprends plus rien. Je n’ai jamais eu de ma vie une parole raciste ou xénophobe. Je n’ai ciblé aucune population, aucune origine, ni aucune religion. J’ai simplement dit qu’il y avait un problème d’invasion migratoire. D’ailleurs, le ministre de l’Intérieur a dit qu’il y avait un problème de submersion migratoire. J’aimerais qu’on m’explique la différence entre invasion et submersion. Il y a une locution maritime et une locution terrestre. Monsieur Collomb devrait être traduit par le procureur de la République devant le tribunal. Il ne l’a pas été. Cela veut-il dire qu’il y a une justice politique en France ?
J’espère que les magistrats enverront balader le procureur de Paris et on verra le verdict.

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