Pauvre Belgique…

 

Ces mots naguère prononcés par Baudelaire, comme ils reviennent à l’esprit en ce triste 22 mars où c’est Bruxelles qui a été touchée par de nouvelles attaques terroristes : aéroport, métro, une dizaine de morts déjà à l’heure où nous écrivons…

Pauvre Belgique, c’est évidemment avec compassion que nous les prononçons.

Mais aussi, comme Baudelaire, avec ironie, et colère. Car comme lui, et pour des raisons bien différentes avec le passage du temps, nous ne pouvons que nous demander ce qu’est devenu ce pays improbable : déjà divisé par la querelle linguistique, il suit un long mais sûr processus de désintégration.

Pire : il s’est réveillé, et révélé aux yeux du monde, depuis que Molenbeek a montré son vrai visage de matrice du terrorisme islamiste depuis novembre et encore ce week-end avec l’arrestation de Salah Abdeslam, comme le symbole des errances et des échecs suscités par un pays à l’identité fragile et floue.

Et, suprême ironie, l’Europe nouvelle a fait de ce pays à l’origine si improbable, et aujourd’hui si désintégré, son centre, sa capitale, sa tête… d’où partent les décisions, les oukases destinés à régir le présent et l’avenir de 400 millions d’Européens en matière économique, sociétale, sécuritaire et migratoire. Et ces millions d’Européens découvrent que non, décidément, quelque chose est pourri au royaume de l’Union…

Quand la tête est dans ce triste état, traversée par de telles tensions irrédentistes et multiculturelles, quand cette même tête a été incapable de voir les menaces qui s’étendaient sur le continent dont elle avait la charge et jusqu’au pied des tours de verre dans lesquelles ses hauts fonctionnaires s’enfermaient, on ne peut craindre que le pire.

Terrible ironie de ce samedi où M. Hollande, venu à Bruxelles pour avaliser un accord migratoire avec la Turquie et négocié par la seule Mme Merkel, pouvait suivre dans le bureau du gouvernement belge l’arrestation d’Abdeslam, à quelques centaines de mètres de là…

Terrible ironie de cet attentat dans la station de métro Robert-Schuman, la plus proche de la Commission européenne…

L’Union européenne, qui n’en finissait pas de dériver depuis Maastricht en 1992, et nos dirigeants irresponsables qui ont accompagné cette dérive, n’ont pas su entendre les signaux du non de 2005, ni les résultats des dernières élections, en France, dans les anciens pays de l’Est, et hier encore en Allemagne.

Cette Europe-là est morte à Munich en septembre 2015 avec l’afflux irresponsable des migrants suscité par Mme Merkel, à Cologne le 31 décembre, et un nouveau coup lui a été porté au cœur, aujourd’hui, à Bruxelles.

L’Union européenne, oublieuse de sa culture et de ses nations, a enfanté un monstre par sa politique migratoire et communautariste : cette bête immonde, parvenue à maturité, s’est réveillée.

Pascal Célérier

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