Editoriaux - Politique - 1 novembre 2018

Nous sommes tous des lépreux nationalistes !

Les vacances ne font pas de Macron un meilleur historien. Après avoir qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité », voici que, dans un entretien accordé à Ouest-France, notre Président se dit « frappé par la ressemblance entre la situation actuelle en Europe et celle des années 1930 » : séquelles de la crise économique, montée des nationalismes, expansion des idéologies totalitaires, tout y est. Il a cette phrase terrible, qui résume sa pensée : « L’Europe est face à un risque : celui de se démembrer par la lèpre nationaliste et d’être bousculée par des puissances extérieures [Chine, États-Unis, Russie]. » À quelques jours du début de son « itinérance mémorielle » dans l’est et dans le nord, il ne veut pas se contenter de « regarder l’Histoire », il veut « [en] comprendre les leçons ».

En assenant ses « vérités », qu’il prenne garde à ne pas se taper sur les doigts. Pour comparer deux périodes de l’Histoire, encore faut-il qu’elles soient comparables. À moins de les faire entrer de force dans un moule préétabli, quitte à tordre la vérité. On ne voit guère en quoi l’Europe de 1930 ressemble à l’Europe de 2018, ni quel dirigeant actuel pourrait tenir lieu d’Hitler ou de Staline. Macron n’est pas seulement un piètre historien : à quelques mois des élections européennes, il instrumentalise l’Histoire à des fins purement politiciennes en se présentant comme le seul dirigeant capable d’« être lucide » et de savoir « comment on résiste » à une telle situation.

Pour qui en douterait, cet entretien signe le départ en fanfare de sa campagne pour les européennes. Il ne dit rien d’autre que ce qu’il avait déclaré devant le Congrès et répété à de multiples occasions : « La véritable frontière qui traverse l’Europe est celle qui sépare les progressistes des nationalistes. » Ce principe de base, il l’agrémente, selon les circonstances, des termes de « populisme » ou de « lèpre nationaliste », qu’il affectionne particulièrement. Une opposition manichéenne et simpliste qui semble signifier que son cerveau fonctionne, comme le chien de Pavlov, par réflexes conditionnés. Ou, plus vraisemblablement, qu’il prend les Français pour des imbéciles.

Faut-il qu’il soit tombé bien bas pour avoir recours à de tels arguments ! On lui pardonnerait de faire de mauvais choix politiques, mais la malhonnêteté intellectuelle est irrémissible et interdit toute confiance, présente ou à venir. Si « l’Europe est face à un risque », ce n’est pas de revenir aux années 30, c’est de voir la dissolution des nations dans une Union européenne désincarnée, dominée par la technocratie et la finance. C’est de renoncer à la souveraineté de chaque pays sous prétexte de promouvoir une Europe « plus souveraine ». C’est de baisser les bras devant l’impérialisme islamique, bien plus dangereux que le « nationalisme » d’un Orbán, d’un Salvini ou d’une Marine Le Pen.

Si l’on voulait jouer aux rapprochements historiques, on pourrait dire, sans doute plus pertinemment, que Macron, loin d’être un « résistant », a une attitude de « collaborateur » qui, passant outre l’avis des Français, a choisi le camp de l’Union européenne, apatride et sans racines, contre l’Europe des nations. Il prétend soumettre, contre leur gré, les peuples à une conception artificielle de l’Europe. Pire : il ne s’oppose guère à l’expansionnisme islamique, ni en France, ni à l’étranger.

Alors, avec Philippe de Villiers et tous les « populistes » qui croient encore au destin de la France, crions : « Je suis lépreux, je suis populiste et je ne me soigne pas ! » Répétons que « le populisme, c’est le cri des peuples qui ne veulent pas mourir ». Soyons fiers de ne pas nous résoudre au déclin de la France et à la perte de sa souveraineté. Refusons de nous comporter en transfuges ou en déserteurs !

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