Editoriaux - Politique - Réflexions - Religion - Société - 1 novembre 2018

Islam : prions tous les saints pour qu’ils nous protègent de la naïveté

Le 1er novembre est le jour de la Toussaint. C’est aussi le malheureux anniversaire de la rébellion algérienne avec l’assassinat, par le FLN, du couple d’instituteurs Guy et Janine Monnerot dans les Aurès. Ce sont deux raisons de se pencher sur l’islam et son devenir. Le culte des saints, la vénération qui s’adresse aux multiples représentations ou reliques sont l’une des nombreuses oppositions entre le catholicisme et l’islam, qui refuse les images et concentre la foi sur un Dieu qui demeure abstrait. Jean Sévillia vient de faire paraître Les Vérités cachées de la guerre d’Algérie. On vérifie au long des pages l’incapacité des gouvernements français à comprendre l’identité musulmane, et plus encore à “l’intégrer” dans la nation française.

Un troisième événement touche à cette question. La chrétienne pakistanaise Asia Bibi vient d’être acquittée après avoir passé près de dix ans en prison comme condamnée à mort pour blasphème. Au cours d’un travail en commun avec des musulmanes dans les champs, elle avait été prise à partie pour avoir bu de l’eau dans un puits “musulman” et avait osé répondre en invoquant Jésus face à Mahomet. Cette bonne nouvelle est toutefois accueillie par des manifestations hostiles qui réclament la mort de cette pauvre femme. Un gouverneur et un ministre qui avaient pris sa défense ont déjà été assassinés. La discrimination entre les religions, et entre les sexes, est ancrée dans la tradition islamique. Il faut lire Blasphème, l’émouvante histoire d’Asia Bibi, mais aussi le roman de Taslima Nasreen, Lajja, dont le nom est celui d’une hindouiste du Bangladesh, ou encore Sara, le récit tragique de la persécution des femmes yézidies par l’État islamique en Irak, pour se convaincre de cette réalité, inscrite dans les textes, et pratiquée à des degrés divers partout où l’islam est dominant.

Il faut espérer que la proche libération d’Asia Bibi soit le signe d’une évolution. À la suite des dernières élections, les deux partis traditionnels, la Ligue musulmane et le Parti du peuple, ont laissé la place au Mouvement du Pakistan pour la justice, fondé plus récemment par un ancien champion de cricket philanthrope, Imran Khan. Il a sans doute pesé sur cette sage décision et appelle aujourd’hui les fanatiques à se calmer, mais il avait pendant la campagne renoncé à faire abolir la loi sur le blasphème, instaurée lors d’une des dictatures militaires qui jalonnent l’histoire du Pakistan. L’islam ne fait pas souvent bon ménage avec la démocratie. Il est, hélas, probable que des islamistes s’en prendront à Asia Bibi qui devra quitter le pays, et à ceux qui ont participé à son acquittement.

Il y a des aveugles et des sourds pour prétendre que l’islam est une religion de paix et d’amour. Elle ne l’est pas, et ne l’a jamais été. Dans Décadence, Michel Onfray dissipe l’illusion rétrospective sur l’Andalousie musulmane, elle aussi discriminatoire. Il rappelle, certes, que les chrétiens se sont souvent écartés de l’esprit évangélique, mais le problème, avec les musulmans, c’est que leurs excès sont, au contraire, déjà encouragés par les textes fondateurs.

C’est pourquoi il est sans doute utopique de vouloir trouver une règle commune aux différentes religions en France, comme le souhaite le nouveau ministre de l’Intérieur, assez ignare dans ce domaine puisqu’il assimilait naguère le fichu de nos grand-mères au voile islamique d’aujourd’hui. On se rend bien compte que, dès qu’ils sont majoritaires, ne serait-ce que dans un quartier, les musulmans ont tendance à préférer la loi de leur communauté à celle de la nation. Lorsque s’ajoute à ce séparatisme une rancœur nourrie par la guerre d’Algérie, entretenue par l’État algérien et encouragée par les discours stupidement anticolonialistes des communicants, des enseignants et même du président de la République, il y a du souci à se faire pour l’avenir. Prions tous les saints du paradis pour qu’ils éclairent les Français sur les dangers de l’ignorance et de la naïveté. Seuls le courage et la lucidité pourront résoudre cette question.

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